États-Unis : Des vandales condamnés à lire des livres sur le racisme et l’antisémitisme

 Une procureure de district de l’État de Virginie, dans le Sud des États-Unis, a condamné 5 adolescents, reconnus coupables d’avoir recouvert les murs d’une école de graffitis offensants, à lire 35 livres abordant les thématiques du racisme et de l’antisémitisme.

(photo flickr/creativ commons)
(photo flickr/creativ commons)

Les Cerfs-volants de Kaboul, To Kill a Mockingbird ou encore La Couleur des sentiments. Voici trois livres qui font partie d’une liste de 35 titres qu’une procureure de district de Virginie a condamné cinq adolescents américains à lire attentivement, comme le rapporte un article du Guardian.

Cette peine originale vient sanctionner les jeunes qui s’étaient rendus coupables d’acte de vandalisme à caractère raciste, antisémites et obscène sur les murs d’une école, historiquement afro-américaine : la Ashburn Colored School. Ils ont également été condamnés à visionner 14 films et à visiter deux musées. Ils devront ensuite rédiger, chaque mois, un travail de recherche visant à l’acquisition « d’une meilleure appréciation [des notions] de genre, race, religion et bigoterie ».

Comme l’explique la chaîne de télévision WUSA, la procureure Alex Rueda, fille de libraire, a choisi ce verdict parce que les cinq adolescents n’étaient “pas très malins”. « Aucun des garçons n’avait d’antécédents. Ils n’avaient jamais eu de problèmes. Et c’est très clair qu’il ne s’agissait pas d’un acte à caractère raciste. Il s’agissait plus d’être idiot et de ne pas comprendre le caractère sérieux de ce qu’ils ont fait », a-t-elle expliqué à l’antenne.

Si les verdicts de ce genre sont très rares aux États-Unis, on dénombre néanmoins plusieurs précédents récents à l’étranger. Ainsi, en septembre 2016, Paola Di Nicola, une juge romaine, avait condamné le client d’une prostituée mineure à lui acheter trente livres et deux DVD traitant des questions de l’émancipation de la femme et de l’identité féminine — de nombreux critiques avaient alors pointé du doigt qu’il aurait été plus efficace de condamner le client à lire ces ouvrages. Un an plus tôt, en Iran, un juge condamnait plusieurs criminels de droit commun sans antécédent à acheter et lire cinq livres, à choisir parmi une sélection d’œuvres préapprouvées, au lieu de purger une peine de prison.

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