Rencontre avec la nouvelle jeunesse indépendantiste basque

L'ETA a beau avoir annoncé un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable » en 2011, la contestation indépendantiste basque est toujours très active dans le sud-ouest de la France. Depuis Bayonne, les activistes d’Aitzina militent pour l’indépendance, le socialisme et l’égalité des sexes en dérobant des panneaux de signalisation en français et en s’enchaînant aux grilles des palais de justice.

(photo Téo Cazenaves/8e étage)
(Photo Téo Cazenaves/8e étage)


À seulement vingt ans, Aitor Servier est le porte-parole de l’organisation Aitzina. Créée en novembre 2013, elle entend porter la voix de la jeunesse « abertzale » (NDLR, « patriote » ou « amant de la patrie » en basque) de gauche au Pays basque Nord, l'autre nom du Pays basque français. Cheveux courts, le jeune militant porte une boucle à l’oreille gauche. Il étudie le journalisme en langue basque à l’Université de Leio, près de Bilbao. À la poitrine, il arbore un écusson représentant les sept provinces de la nation basque.

L’identité au corps


Ses parents ne sont pas bascophones. Pourtant, cela n'a pas empêché ces « sympathisants de la cause nationale » de l'inscrire dès ses trois ans dans une « ikastola » — ces écoles associatives sous contrat qui enseignent en euskara, la langue basque, et endossent la part linguistique du combat pour la reconnaissance de l’identité basque.

Cette confrontation à la langue a forgé sa conscience politique : « Je parlais une langue non minoritaire, mais minorisée. Très jeune, je me suis senti hors de la normalité par rapport aux expériences de vie d’autres gens », explique Aitor. La politologue Isabelle Lacroix pointe d’ailleurs le caractère subversif des ikastolas à leur création, en 1969 : « La langue basque est, dans cet espace associatif, le symbole d’insoumission politique à l’ordre étatique ».



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