Libye : Dans l’est, les femmes de moins de 60 ans devront désormais voyager avec un homme

 Les Libyennes de moins de 60 ans vivant dans l’est du pays — une région contrôlée par une autorité rivale du gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, soutenu par l’ONU — auront désormais l’obligation d’être accompagnées par un homme de la famille si elles veulent voyager à l’étranger. Une mesure d’un autre temps que les autorités militaires parallèles, à l’origine de l’interdiction, justifient par des « raisons de sécurité nationale ».

(Photo Flickr/ Magharebia)
(Photo Flickr/ Magharebia)

Le 16 février dernier, les autorités militaires qui contrôlent d’importants territoires dans la partie est de la Libye ont décrété qu’une femme qui souhaiterait voyager à l’étranger devra dorénavant être accompagnée d’un « mohram » (NDLR, son mari, son père, son frère ou son fils selon l’interprétation wahhabite de la charia). La décision concerne toutes les passagères qui seraient amenées à voyager, que ce soit par la voie terrestre, aérienne ou maritime. À noter que, comme le précise l’agence de presse AP, la mesure n’a pas fait l’objet d’un vote au parlement élu installé à Tobrouk.

Comme l’explique The Independent, c’est le général Abderrazak Nadhouri, le gouverneur militaire de cette région contrôlée par une autorité rivale du gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, soutenu par l’ONU, qui serait l’origine de cette interdiction d’un autre temps annoncée par le biais d’un communiqué.

Selon ces autorités, elle serait dans « l’intérêt général » et ne serait absolument pas motivée par des raisons religieuses ou politiques, mais tout bonnement par des « raisons de sécurité nationale ». Dans un entretien télévisé diffusé jeudi dernier, Abderrazak Nadhouri avait déclaré avoir eu connaissance de l’existence de femmes voyageant régulièrement à l’étranger sous couvert de représenter la société civile et qui traitaient en réalité avec des services de renseignements.

Comme l’explique Arab news, la décision a immédiatement suscité l’indignation et la moquerie chez de nombreux internautes de l’est et de l’ouest de ce pays profondément divisé depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Et alors que certains dénoncent une mesure « insultante », d’autres n’hésitent pas à interpeller directement le gouverneur : « Avec toutes vos guerres, y a-t-il encore des hommes pour nous accompagner ? »

Recommandé pour vous

0 commentaires