Suisse : Le nombre de travailleurs frontaliers a augmenté de 26,6% en 5 ans

 L’Office fédéral de la statistique (OFS) suisse a publié jeudi ses derniers chiffres en matière de travailleurs frontaliers de nationalité étrangère. Leur nombre a augmenté de 3,7% en 2016 et de 26,6% au cours des cinq dernières années.

(Photo Flickr/ MPD01605)
(Photo Flickr/ MPD01605)

Chaque matin, un nombre toujours plus important d’étrangers franchissent la frontière suisse pour se rendre au travail. En effet, en 2016 le nombre de frontaliers travaillant en Suisse a encore crû de 3,7%, soit 11 300 personnes supplémentaires, comme nous l’apprennent les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

S’il s’agit de la plus faible augmentation depuis 2010, à égalité avec l’année dernière, il convient toutefois de souligner qu’en l’espace de cinq ans la progression atteint 26,6%, comme le souligne un récent article de The Local. À titre de comparaison, l’OFS indique que le nombre total des actifs occupés (personnes qui ont un emploi) n’a quant à lui progressé que de 7,8%.

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Au 31 décembre de l’année dernière, l’OFS recensait pas moins de 318 500 travailleurs frontaliers, contre 251nbsp;700 en 2011. Un chiffre considérable, surtout lorsque l’on sait que la population totale du pays est actuellement d’un peu moins de 8,4 millions. Il est intéressant de noter que 54,9% de cette main-d’œuvre frontalière disait vivre en France. L’hexagone arrive ainsi très largement en première position devant l’Italie (22,6%), l’Allemagne (19,3%) et enfin l’Autriche (2,6%). À noter que le phénomène ne se limite plus aux pays partageant une frontière avec la Suisse. Fin 2016, on dénombrait par exemple 300 Polonais, 220 Hongrois ou encore 192 Slovaques faisant le déplacement tous les jours.

Les statistiques de l’OFS nous apprennent aussi que près des quatre cinquièmes de la main-d’œuvre frontalière se répartissent dans trois régions : la Région lémanique (37,2%), la Suisse du Nord-Ouest (22,8%) et le Tessin. Pourtant, en nombre absolu, la Région lémanique (Genève) arrive en première place, avec 118 600 frontaliers. La part la plus importante de frontaliers est à trouver du côté de la région du Tessin, où ils constituent plus de 27% de la population active occupée.

À noter également que la part des hommes (64,4%) reste quant à elle bien plus importante que celle des femmes (35,6%). La quasi-totalité de ces personnes a cependant un point commun : elles travaillent le plus souvent dans les secteurs secondaire ou tertiaire. Ainsi, près de deux tiers évoluent dans les services (65,4%) et un tiers dans l’industrie (34,0%).

Autre tendance notable, les frontaliers tendent à prendre de l’âge. Au cours des cinq dernières années, l’OFS note un recul des jeunes de 15 à 24 ans (-1,6 point) contre une augmentation des plus de 55 ans (+2,4 points). De nos jours, 82,4% des travailleurs frontaliers sont âgés de 25 à 54 ans.

La question de ces travailleurs demeure un sujet sensible en Suisse. Rappelons qu’en février 2014, le pays avait voté de justesse « contre l’immigration de masse » dans le cadre de l’une de ses initiatives populaires. Cette dernière prévoyait que le pays « gère de manière autonome l’immigration des étrangers », et ce notamment en réintroduisant « des plafonds et des contingents annuels ». Trois ans de blocage plus tard, la modification de la constitution n’a toujours pas pris effet et la situation ne devrait pas se débloquer avant la tenue d’un nouveau vote qui devrait avoir lieu au plus tôt cet automne.

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