La Russie ne sait pas quoi faire de son « dernier citoyen soviétique »

Vasily Babina, 58 ans, vient d’être libéré d’une prison russe après avoir passé presque trois décennies derrière les barreaux. Problème : Il demeure techniquement citoyen de l’Union Soviétique, État fédéral officiellement dissous le 25 décembre 1991.

La prison d’Iekaterinbourg où était incarcéré Vasily Babina. (Photo  E1.RU)
La prison d’Iekaterinbourg où était incarcéré Vasily Babina.
(Photo  E1.RU)

Un ex-prisonnier d’une prison d’Iekaterinbourg, en Russie, donne de sérieux maux de tête aux autorités de la ville. Initialement condamnée à mort pour vol qualifié, cambriolage et meurtre il y a presque trois décennies, Vasily Babina se trouvait dans le couloir de la mort au moment de la chute de l’URSS. Six ans plus tard, lorsque le gouvernement russe a aboli la peine de mort, il a vu sa peine commuée en 26 ans de prison. Aujourd’hui âgé de 58 ans, l’homme originaire de ce qui est devenu le Kazakhstan a fini de purger sa peine le mois dernier. Pourtant, à sa libération, les autorités n’ont pas eu d’autre choix que de lui remettre l’unique passeport qu’il possède : un passeport soviétique, ainsi que l’explique le site d’information E1.RU.

Que faire de quelqu’un qui demeure techniquement citoyen d’un État qui n’existe plus ? Le tribunal municipal d’Iekaterinbourg a tranché en déclarant que Vasily Babina est de fait un apatride. En tant que tel, l’homme, qui n’aura même pas eu le temps de goûter à sa liberté, a appris son placement dans un centre de détention de migrants illégaux jusqu’à mai prochain, précise E1.RU. Il ne sera pas libéré avant d’être redevenu citoyen d’un pays qui existe encore.

Selon Foreign Policy, les autorités espèrent réussir à le déporter au Kazakhstan. Problème : l’homme n’y possède plus aucune attache, sa famille ayant décidé de devenir russe à la chute de l’URSS et de s’installer dans la région de l’Altaï, un territoire montagneux situé au centre de l’Eurasie.

Depuis, un mouvement de soutien a vu le jour avec pour objectif de l’aider à obtenir la nationalité russe et ainsi retrouver ses proches, précise le Moscow Times. Cependant, la partie est loin d’être gagnée. « Le ministère de la Justice a décrété qu’il ne voulait pas que Vasily Babina reste en Russie… Ils n’ont pas expliqué pourquoi », a ainsi déclaré son avocat Roman Kachanov aux médias russes.

Comme le rappelle Foreign Policy, le cas du « dernier citoyen soviétique » d’Iekaterinbourg, bien qu’atypique, n’est pas unique. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que de nos jours l’apatridie liée à la dissolution d’anciens États affecterait près de 600 000 personnes en Europe. Toujours selon l’HRC, il y aurait 10 millions d’apatrides dans le monde, dont près d’un tiers d’enfants.

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