À Sao Paulo, le combat des écoles de danse indépendantes pendant le Carnaval

Le Carnaval est la fête la plus populaire du Brésil. Au-delà du défilé des grandes institutions de Rio, dans chaque ville les écoles de quartier concoctent leur propre spectacle. Loin des télévisions, sans infrastructure et sans ressources financières, elles se retrouvent en périphérie pour présenter le travail d'une année au public. À Sao Paulo, l'école de Lavapes fait partie des plus modestes. Malgré un budget de plus en plus faible, l'école la plus ancienne de la ville rêve de remporter un jour la compétition qui oppose les écoles de samba pendant le Carnaval.

Rosemeire pose dans son salon au milieu des costumes. (photo Elise Moutarlier/8e étage)
Rosemeire pose dans son salon au milieu des costumes. (Photo Elise Moutarlier/8e étage)


La porte de l'appartement de Rosemeire Marcondes, dans le quartier populaire de Cambucci, près du centre de Sao Paulo, est grande ouverte. Au fond du salon, ciseaux à la main, la cinquantenaire à la peau aux reflets cuivrés donne ses instructions : « Coupe plus fin ! » ; « Mets plus de colle pour que ça tienne! » ; « Utilise plutôt du fil blanc ! ».

Malgré l’atmosphère studieuse, et parfois quelques éclats de voix, l'ambiance reste festive. Rosemeire Marcondes dirige l'école de samba de Lavapes. Dans quelques heures, elle défilera, entourée de ses élèves dans les rues de Sao Paulo, à l'occasion du carnaval officiel des écoles de samba. Loin du strass et des paillettes des grandes institutions, Lavapes est l'une des 75 associations membres de l'UESP — qui réunit les petites écoles de Samba de la ville de Sao Paulo.

(photo Elise Moutarlier/8e étage)
(Photo Elise Moutarlier/8e étage)


Ici, les tissus nobles sont remplacés par du papier crépon, les matériaux onéreux par des pièces de récupération, les dorures par des similis en plastique et les costumières professionnelles par les filles de Rosemeire Marcondes. « Les semaines qui précèdent le carnaval, je reste éveillée jusqu’à deux ou trois heures du matin pour aider », confie Tamara. La belle adolescente n'en finit pas de pester contre sa mère qui l’a fait se lever à huit heures du matin un dimanche pour fignoler les derniers costumes...



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