Le Brexit menace le porte-monnaie des brasseurs de Guinness

Les brasseurs de Guinness, marque détenue par la société de spiritueux Diageo, ont exprimé leurs craintes au gouvernement irlandais face au Brexit. Il constitue pour eux « un défi particulièrement difficile à relever ».

(photo flickr/thetejon)
(photo flickr/thetejon)

Lors d’une réunion avec le ministre irlandais des Affaires étrangères Charlie Flanagan, la direction de Diageo a exprimé ses inquiétudes quant aux potentiels coûts supplémentaires engendrés par des opérations aux frontières, en cas de retour des contrôles douaniers. Le journal irlandais The Irish Independent revient sur les menaces engendrées par le Brexit qui pèsent sur le commerce de la Guinness.

Il a été rappelé que Diageo brasse la bière à Dublin et l’expédie à Belfast pour être mise en canette, avant de retraverser le frontière pour le port de Dublin, où elle partira pour l’export. Une logistique complexe où le moindre grain de sable pourrait entraîner des pertes importantes pour le brasseur irlandais. « Des retards de même 30 minutes pourraient avoir de graves conséquences sur une entreprise qui effectue 200 expéditions en camion par semaine », a notamment déclaré une déléguée ministérielle. Dans un mail, l’entreprise affirme également qu’elle représenterait environ 18 900 emplois en Irlande et génèrerait plus d’un milliard d’euros d’exportation.

Les déclarations issues de la réunion du 5 octobre dernier trahissent une crainte de la société et de ses employés face au Brexit. Des inquiétudes confirmées lors de la présentation en janvier dernier par la Première ministre britannique Theresa May de la mise en application du Brexit.

La peur d’un durcissement de la frontière

La maison-mère de Guinness a par ailleurs rappelé à Flanagan que son entreprise employait 1200 personnes en Irlande, dont 500 en Irlande du Nord, afin de souligner le poids du brasseur face aux projets des représentants du Brexit. L’objectif clé du gouvernement dans les négociations à venir est donc qu’il n’y ait pas de retour à une fermeture des frontières entre les deux Irlandes.

Oliver Loomes, directeur de Diageo dans le pays, a récemment déclaré qu’une fermeture de la frontière « serait très mal accueillie » par l’entreprise. Il a ajouté qu’environ 13 000 passages transfrontaliers étaient enregistrés par an grâce aux installations de Diageo situées de chaque côté de la frontière.

« Aujourd’hui, le but de Diageo est de travailler à la fois avec le gouvernement britannique et le gouvernement irlandais sur l’application du Brexit, qui je crois ont à cœur de trouver une solution à la question frontalière irlandaise », a ajouté Loomes.

Le texte concernant la mise en application du Brexit proposé par le gouvernement May a essuyé la semaine dernière un nouveau revers de la Chambre des Lords. Ses membres ont en effet demandé officiellement un vote parlementaire « significatif » sur les directives à adopter concernant le retrait du pays de l’Union européenne. Un obstacle qu’a surmonté Theresa May, puisque le Parlement a validé le déclenchement du Brexit le 13 mars 2017.

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