Australie : Le gouvernement veut interdire l’accès des garderies aux enfants non vaccinés

Le gouvernement australien souhaite interdire l’accès aux crèches et garderies aux enfants qui ne seraient pas vaccinés. Objectif : contraindre les parents les plus récalcitrants à faire vacciner leurs enfants.

(Photo Flickr/ California Cow)
(Photo Flickr/ California Cow)

Les enfants australiens non vaccinés ne pourront bientôt plus accéder aux crèches et garderies du pays. C’est du moins ce qu’a écrit le Premier ministre australien Malcolm Turnbull aux États et Territoires. Il souhaite ainsi leur aide afin d’harmoniser à l’échelle nationale les lois visant à protéger les jeunes enfants contre les maladies, comme le rapporte un récent article de The Independent.

Dans sa lettre, Malcolm Turnbull explique qu’il entend présenter les nouvelles mesures envisagées lors de la prochaine assemblée du Conseil des gouvernements australiens (Coag). Parmi celles-ci, l’obligation pour les crèches et garderies d’informer les parents des taux de vaccination ou encore la suppression du droit à l’objection de conscience dans le cadre d’une vaccination obligatoire.

« Lors de notre prochain Coag meeting, je propose de se mettre d’accord sur le fait que toutes les juridictions doivent mettre en œuvre des législations qui interdisent aux enfants non vaccinés d’accéder aux garderies et aux crèches, sauf s’ils ont une exemption médicale », peut-on ainsi lire dans la lettre. « L’objection de conscience n’est pas une exemption valide. Nous devons pouvoir assurer aux parents que leurs enfants seront en sécurité quand ils seront à la garderie ou à la crèche. Si vous ne faites pas vacciner votre enfant, vous ne mettez pas simplement sa propre vie en danger, mais aussi celles de tous les autres enfants », conclut-il.

Le ministre australien de la Santé Greg Hunt a pour sa part déclaré que le gouvernement entendait ainsi prolonger sa politique « no jab, no pay » (NDLR, « Pas de vaccin, pas d’argent ») avec une politique tout aussi sévère de « no jab, no play » (NDLR, « Pas de vaccin, pas de jeu »). Mise en place en 2016 pour lutter contre la propagation de maladies comme l’hépatite, le tétanos ou la coqueluche, la politique « no jab, no pay » limite l’accès aux aides parentales (qui peuvent représenter jusqu’à 15 000 dollars chaque année) aux parents d’enfants vaccinés. Résultat : en l’espace d’un an, 200 000 enfants supplémentaires ont été vaccinés.

Du côté de l’opposition, le député travailliste Mark Butler a déclaré que son parti était prêt à avoir une discussion avec le gouvernement libéral. « L’Association Médicale australienne dit que, avec l’eau propre, il s’agit probablement de la mesure de santé publique la plus importante qu’un pays peut avoir », a-t-il déclaré à la télévision. Il a aussi évoqué le besoin d’une campagne de publicité nationale à ce sujet.

Ironiquement, la décision du gouvernement, supportée par la quasi-totalité de l’échiquier politique du pays, fait suite au débat généré par les propos de Pauline Lee Hanson, du parti nationaliste d’extrême droite One Nation. Elle avait qualifié de « chantage digne d’une dictature », la politique « no jab, no pay » du gouvernement. Des propos unanimement condamnés aussi bien par la coalition libérale au pouvoir que par l’opposition travailliste. L’ancien président de l’association médicale australienne lui-même n’avait pas hésite à qualifier Hanson de « dangereuse et ignorante ». Cette dernière s’était finalement rétractée et excusée publiquement lors d’un passage sur une chaîne de télévision nationale.

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1 commentaires

  1. keg 2 années ago

    L’adhésion conditionnelle….
    Cela fait penser en France à l’obligation du port de la ceinture, sauf…. Une obligation ne peut tolérer aucune dispense. Faute de quoi elle ne peut plus être obligation mais simple invitation, sans plus..
    Le respect des loi, de la parole et de la signature est obligatoire, sauf si vous êtes politicards de haut vol (le bien nommé)…

    http://wp.me/p4Im0Q-1Ce

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