Chine : Restrictions sur la publication de livres pour enfants d’origine étrangère

Les éditeurs chinois auraient reçu l’ordre de réduire significativement la publication de livres étrangers afin de prévenir « l’influence idéologique occidentale ».

(photo flickr/Steven Depolo)
(photo flickr/Steven Depolo)

« Winnie l’ourson », « Peppa Pig », « Charlie et la chocolaterie », et même « James et la pêche géante »… Tous ces personnages de conte ou d’animation sont sur la sellette en Chine, depuis la publication d’un arrêté du Parti communiste visant à limiter les publications enfantines occidentales.

Avec plus de 220 millions d’enfants de moins de quatorze ans et une classe moyenne qui se développe de plus en plus, la Chine constitue aujourd’hui un marché potentiel massif pour les éditeurs de livres pour enfants. En effet, plus de 40 000 livres destinés à la jeunesse auraient été publiés dans le pays l’an passé. Mais avec la campagne agressive actuelle du Parti communiste contre les supposées idées occidentales, les livres étrangers semblent bien être dans le collimateur de Pékin.

D’après le Honk Kong’s South China Morning Post, les éditeurs chinois auraient reçu l’ordre de réduire drastiquement le nombre de publications étrangères. « Les livres de conte en provenance de Corée du sud ou du Japon n’ont quasiment plus aucune chance d’être publiés en Chine », a indiqué une source au journal, alors que le nombre de titres d’autres pays sera « très limité ».

Une seconde source, qui travaille à la Maison de publication d’Etat, explique que les dirigeants du Parti communiste se sont plaints de « la forte influence idéologique » de l’Ouest apportée par les livres étrangers. « [Le gouvernement] a délibérément décidé de limiter les livres issus de l’importation et de protéger ceux écrits par des auteurs chinois », a-t-il ajouté.

Mi-mars, le géant du e-commerce Alibaba a annoncé qu’il cesserait la vente de toutes les publications étrangères sur Tabao, un des sites chinois de commerce les plus populaires, afin de « promouvoir un shopping sûr et sécurisé dans le but de satisfaire davantage la clientèle ».

Des interdictions pour promouvoir le dogme du Parti communiste

La Chine s’efforce depuis plusieurs années de parer l’influence culturelle étrangère et ces efforts se sont intensifiés depuis la nomination de Xi Jinping à la tête du pays en 2012, qui a juré de promouvoir ce qu’il appelle « le rêve chinois ».

Il a d’ailleurs déclaré que les universités chinoises devraient incarner des bastions du Parti communiste, en même temps que le ministre de l’Education Yuan Guiren prévenait que « des forces ennemies » tenteraient d’infiltrer les cœurs et les esprits des campus du pays.

De sérieux doutes ont été émis concernant le succès des directives de Pékin visant à renforcer l’interdiction des livres étrangers destinés aux enfants.

« Je ne pense pas que ces restrictions seront systématiques. Leur application est tellement compliquée et la population du pays n’en tirera aucun bénéfice », a déploré un éditeur chinois au Financial Times.

Actuellement, six titres étrangers se classent dans le Top 10 des meilleures ventes d’Amazon en Chine, dont « Harry Potter » et « Guess how much I love you », un livre pour enfants mondialement célèbre écrit par l’auteur irlandais Sam McBratney.

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