Islande : Le culte des dieux nordiques au sommet de sa popularité

 L’Asatruarfelagid (aussi connue sous le nom d’association Asatru d’Islande) n’a jamais été aussi populaire. Cette organisation religieuse néopaïenne fondée en 1972, dont les membres pratiquent une version moderne du culte des dieux nordiques, compte désormais plus de 3500 adeptes, une hausse de 50% par rapport à 2014.

(Photo Flickr/ by Ophelia photos)
Reykjavik. (Photo Flickr/ by Ophelia photos)

Ils étaient à peine 2 400 en 2014, ils sont désormais 3 583 Islandais et Islandaises, dont près de deux fois plus d’hommes que de femmes, à déclarer leur appartenance à l’Asatruarfelagid, comme nous l’apprend un récent article du quotidien islandais Morgunbladid. Aussi connue sous le nom d’association Asatru d’Islande, cette organisation religieuse néopaïenne fondée en 1972 pratique une version moderne du culte des dieux nordiques.

En effet, bien que le culte des dieux nordiques ait progressivement pris fin sur l’île aux alentours de l’an 1000 (le christianisme est devenu religion d’État en 999 à la suite d’un vote), certains Islandais sont demeurés nostalgiques des cultes de l’ancien temps. Cela se ressent notamment dans les traditions populaires, voire lors de fêtes chrétiennes comme Noël, qui restent empreintes de fantastique.

Cette nouvelle hausse du nombre d’adeptes de l’Asatruarfelagid en fait la religion qui connaît la croissance la plus rapide dans ce pays de 330 000 habitants. Cependant, comme le montre très clairement les chiffres du Bureau national des statistiques islandais, le protestantisme (luthérien) demeure toujours la première religion du pays avec 236 481 adeptes, soit près de 70% de la population.

Selon le grand prêtre de l’Asatruarfelagid, Hilmar Örn Hilmarsson — plus connu à l’étranger pour ses collaborations avec le groupe de musique islandais Sigur Ros —, cette hausse serait principalement imputable à l’attention médiatique que reçoivent les cérémonies religieuses de l’association : « Plus de gens voient ce que nous faisons, et aiment ça. Nous ne recrutons pas de membres. Nous encourageons seulement les gens à se joindre à nous si cela les intéresse. Nos cérémonies sont ouvertes à tous », a-t-il ainsi expliqué aux journalistes du Morgunbladid.

Comme l’explique la BBC, l’une des particularités de l’Asatruarfelagid est l’absence d’un racisme que l’on rencontre généralement dans les autres mouvements néopaïens se revendiquant de l’héritage du culte des dieux nordiques. À l’inverse, en Islande, les néopaïens se sont fait remarquer pour leur engagement aux côtés d’adeptes d’autres religions — il existe en Islande près de 45 autres communautés religieuses actives, dont des catholiques, des pentecôtistes, des jéhovistes et des mormons, mais aussi des juifs et des musulmans — pour promouvoir les droits civils ou encore la conscience écologique.

À noter que si les adeptes de ce néopaganisme nordique continuent de pratiquer des rites sacrificiels anciens, comme à l’époque viking, ils épargnent désormais la vie des animaux. De même, les sagas mettant en scène les dieux nordiques y sont présentées comme étant « des métaphores poétiques illustrant les forces de la nature à l’œuvre et la psychologie humaine », à en croire les propos d’Hilmar Örn Hilmarsson, grand prêtre de l’Asatruarfelagid.

Pour rappel, nous nous étions déjà intéressés à ce phénomène en 2015 sur 8e étage, lors de l’annonce de la construction de leur tout premier temple. Bâti sur un terrain donné par le conseil municipal de Reykjavik, mais financé par des dons, il devrait être achevé au début de l’année prochaine. Il surplombera Reykjavik, la capitale islandaise, qui accueille près d’un tiers de la population du pays.

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