Italie : Au moins 5000 restaurants seraient sous le contrôle direct de la mafia

 Selon la Coldiretti, la confédération des entrepreneurs agricoles italiens, de nos jours le crime organisé contrôlerait au moins 5000 restaurants dans le pays.

À Pise, en Italie, sur un mur, l'inscription "Le crime paie". (Photo Flickr/ Marc-Olivier Bergeron)
À Pise, en Italie, sur un mur l’inscription “Le crime paie”.
(Photo Flickr/ Marc-Olivier Bergeron)

Les syndicats du crime organisé ont « tiré avantage de la crise économique pour infiltrer l’économie légale d’une manière de plus en plus vaste et généralisée » a déclaré ce samedi la Coldiretti, la confédération des entrepreneurs agricoles italiens. L’avertissement intervient dans la foulée d’une vaste opération antimafia organisée ce week-end par la police en Italie. Comme le précise The Local, elle aura permis de mettre au jour des liens entre des restaurants très prisés des touristes et le crime organisé.

Les forces de l’ordre ont ainsi saisi 24 propriétés ainsi que les comptes en banque d’une famille napolitaine. Valeur totale estimée : 20 millions d’euros. L’un des établissements, le Donna Sophia dal 1931, était situé en plein cœur de Milan, entre la cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge de Milan (NDLR, il Duomo di Milano en italien) et les canaux milanais. Les mafiosi opéraient également la Villa delle Ninfe, restaurant et salle de réception très prisée de la ville de Pozzuoli, immédiatement à l’ouest de Naples.

Comme le rappelle The Local, utiliser des bars et restaurants populaires comme façades anodines dissimulant en réalité des activités illégales n’a rien de nouveau en Italie. En 2015 encore, deux restaurants très connus de Rome, en réalité contrôlés par la pègre, avaient du fermer leurs portes.

Cependant, à en croire la Coldiretti, la situation s’est récemment dégradée davantage en Italie. Selon elle, de nombreux établissements tenus par des mafiosi n’hésiteraient pas à mettre au second plan les réglementations en matière de santé et de sécurité, et ce, bien sûr, au détriment des consommateurs. Toujours à en croire la confédération, l’agromafia (NDLR, la mafia de l’agriculture) aurait généré la somme impressionnante de 21,8 milliards d’euros. Une hausse de près de 30% par rapport à l’année précédente, avec des syndicats du crime n’hésitant plus à infiltrer tous les niveaux du secteur alimentaire — allant des restaurants à la mode, aux chaînes de restaurant, voire à la production alimentaire.

Les « parrains » auraient recours à l’extorsion et au racket pour forcer les fermiers à vendre à bas prix et les commerces à acheter leurs produits, créant ainsi artificiellement des situations de monopoles. Comme le résume la Coldiretti : « L’agriculture est devenue l’un des investissements prioritaires du monde souterrain. Ils comprennent ce qui est stratégique en temps de crise parce que cela leur permet d’infiltrer la société civile de manière généralisée et de conditionner la vie quotidienne des gens ».

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