États-Unis : La pratique du “lunch shaming” désormais illégale au Nouveau-Mexique

Le Nouveau-Mexique, État du sud-ouest des États-Unis, vient de passer une loi interdisant le « lunch shaming ». Cette pratique, qui consiste à « humilier » les enfants dont les parents ne sont pas capables de payer les repas à la cantine – en les obligeant par exemple à faire la vaisselle ou à laver le sol – y est donc désormais illégale.

(Photo Flickr/ World Bank Photo Collection)
(Photo Flickr/ World Bank Photo Collection)

L‘État du Nouveau-Mexique vient de rendre illégale la pratique du « lunch shaming », qui consiste à infliger une forme d’humiliation aux enfants dont les parents ne sont pas capables de s’acquitter du prix des repas à la cantine de l’établissement où ils sont scolarisés, comme nous l’apprend un récent article du Telegraph. La nouvelle loi, intitulée « Hunger-Free Students’ Bill of Rights », a été signée la semaine dernière par Susana Martinez, la gouverneure républicaine du Nouveau-Mexique.

Elle interdit expressément de faire honte aux élèves, en jetant par exemple leur nourriture devant eux ou en les obligeant à nettoyer la cantine. Elle facilite également l’accès aux programmes de repas gratuits pour les familles à faibles revenus et oblige l’école à prendre directement contact avec les parents en cas de problème. Enfin, chaque école de l’État devra désormais servir à chaque enfant un repas sain. La mesure concerne aussi bien les écoles publiques que privées.

Cette loi, salutaire, est le fruit du travail d’un groupe de militants et de politiciens de cet État du sud-ouest des États-Unis, accolé à la frontière mexicaine. Parmi eux, Michael Padilla, un sénateur ayant lui-même passé son enfance dans des familles d’accueil incapables de lui payer ses déjeuners. Il explique avoir connu de nombreuses humiliations dans sa jeunesse : « J’ai fait de Mme Ortiz et de Mme Jackson, nos dames de la cantine, mes meilleures amies. Dieu merci, elles ont pris soin de moi. Il était malgré tout très visible que j’étais l’un des enfants les plus pauvres de l’école ».

Comme l’explique le New York Times, il est impossible d’estimer le nombre d’enfants qui ont eu à souffrir de cette pratique au fil des années. Cependant, à en croire la School Nutrition Association, plus des trois quarts (76%) des écoles de quartier enregistrent des impayés dans leur comptabilité à la fin de l’année scolaire. Selon l’association, la dette moyenne d’une circonscription scolaire est de quelques milliers de dollars — elle pourrait parfois atteindre plusieurs millions de dollars.

Certaines écoles n’hésitent pas à recourir à des méthodes pour le moins cruelles pour tenter de récupérer l’argent des repas. Ainsi, le New York Times cite l’exemple en Alabama d’un enfant renvoyé chez lui avec inscrit sur le bras : « J’ai besoin d’argent pour le déjeuner ». Autre exemple, en Pennsylvanie, où des enfants incapables de payer pour un repas chaud s’étaient vu troquer leur assiette pour un sandwich, expliquait l’année dernière The Guardian.

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