Chine : Le salaire des cadres des entreprises d’État dépendra leur implication dans le parti

Sur un mur, un portrait de Xi Jinping, le président chinois. (Photo Flickr/ thierry ehrmann)
Sur un mur, un portrait de Xi Jinping, le président chinois.
(Photo Flickr/ thierry ehrmann)

Meilleures seront les performances au travail, meilleur sera le salaire. Ce credo pourrait être celui de la plupart des entreprises modernes. Ce ne sera pourtant plus celui des entreprises d’État chinoises. En effet, la Commission de contrôle et de gestion des biens publics du Conseil des affaires d’État (Sasac) — chargée de nommer les cadres supérieurs des entreprises d’État — a décidé ce lundi que, pour la première fois, les grilles de salaire des cadres seront corrélées à leurs performances politiques dans le cadre de ce qu’elle appelle un « système de responsabilité ».

Concrètement, il s’agit de s’assurer que ces derniers font bien la promotion de l’idéologie du parti dans leur entreprise. L’objectif ? Redonner un rôle central au Parti communiste chinois (PCC), comme le rapporte un article de The Independent.

Comme l’explique le Straits Times, un quotidien de Singapour, le président Xi Jinping serait lui-même à l’origine de ce changement de cap. Il aurait déclaré s’inquiéter que, dans la mesure où de nombreuses entreprises du pays ont récemment pris une ampleur internationale, certains cadres aient tendance à négliger leurs responsabilités au sein du parti. À l’en croire, il serait donc crucial que « quelques éléments clés », se distinguant tout autant par leur talent que par leur loyauté au parti, se voient confier plus de responsabilités.

Les grilles de salaire ne seront pas la seule chose à être remises à plat. Le niveau d’implication dans le parti pourrait par exemple avoir des conséquences en matière d’embauche, de licenciement ou encore de promotion. « Nous devons résolument évaluer leurs performances en matière de développement du parti. Sans évaluation, il n’y a aucun moyen de les obliger à rendre des comptes », résume Hao Peng, le secrétaire du parti de la Sasac.

Comme le rappelle le Straits Times, en pratique toutes les grandes institutions et entreprises publiques possèdent déjà une cellule du parti. Ce dernier s’est toujours directement chargé de nommer les cadres supérieurs des entreprises d’État de la République populaire de Chine. La loyauté au parti a donc, théoriquement, toujours eu un rôle à jouer en matière de nomination. Cependant, dans certaines entreprises, et tout particulièrement celles tournées vers l’international, le parti se serait progressivement vu relégué au second plan ces dernières années. C’est à cette dérive, qu’il juge visiblement dangereuse, que le président chinois souhaite mettre un terme.

Pour rappel, depuis son arrivée au pouvoir en 2013, Xi Jinping, le président chinois, s’est lancé dans une vaste croisade afin d’éradiquer la corruption au sein du Parti communiste chinois (PCC). Consolidant ainsi son pouvoir, il a également commencé à resserrer la vis dans de multiples sphères de la société. Les premières victimes en sont les libertés individuelles, les droits de l’homme ou encore les aspirations démocratiques hongkongaises.

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