Chine : Les deux tiers des entreprises inspectées par les autorités contreviennent aux règles environnementales

Dans le cadre d’une vaste campagne antipollution, les autorités chinoises ont inspecté, début avril, un grand nombre d’entreprises de 28 villes des provinces de Pékin, Hebei et Tianjin, zones critiques de forte pollution. Résultats : près des deux tiers ne respectent pas la législation environnementale en vigueur.

(Photo Flickr/Mingjia Zhou)
(Photo Flickr/ Mingjia Zhou)

Presque 70% des 4077 entreprises chinoises récemment contrôlées par les autorités dans 28 villes des provinces de Pékin, Hebei et Tianjin contreviennent aux règles de protection de l’environnement, nous apprend un récent article du South China Morning Post. Un constat accablant qui souligne, s’il était encore nécessaire de le faire, le chemin qu’il reste à parcourir en Chine en matière de protection de l’environnement.

La révélation fait suite au lancement d’une vaste campagne antipollution supervisée par Tian Weiyong, le responsable du département de contrôle du ministère de l’Environnement. Son objectif ? « Normaliser la mise en conformité » des entreprises polluantes des grandes villes des provinces de Pékin, Hebei et Tianjin, toutes trois très touchées par la pollution atmosphérique.

Comme le rappelle le Japan Times, la Chine livre sa quatrième année de « guerre à la pollution ». Néanmoins, le ministère de l’Environnement continue à rencontrer des difficultés pour imposer sa volonté à de puissantes entreprises industrielles ainsi qu’à des pouvoirs locaux obsédés par la croissance.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir multiplié les nouvelles lois et normes environnementales à respecter. En effet, en plus d’avoir élargi sa palette de peines encourues en cas d’infraction, le pays dit avoir aussi amélioré ses capacités de surveillance et de mise en œuvre de ces nouvelles mesures. Vendredi, la Chine a déclaré mobiliser quelque 70 000 employés ayant pour seule mission de faire respecter les normes environnementales.

Ce ne sont donc pas les sanctions qui manquent. À en croire le ministère de l’Environnement, en 2016, la Chine a infligé 6,63 milliards de yuans (environ 886,5 millions d’euros) d’amende aux contrevenants, soit une hausse de 56% par rapport à l’année précédente. Au total, 137 800 violations des normes environnementales auraient été punies. 34% de plus qu’en 2015. Pas sûr cependant que cela suffise pour pouvoir espérer atteindre les objectifs ambitieux des provinces de Pékin, Hebei et Tianjin, qui se sont engagées à réduire d’un quart les niveaux de particules fines (PM 2,5) par rapport à ceux de 2012.

C’est certainement la raison pour laquelle Pékin a décidé d’ajouter une carotte au bâton. Vendredi, l’Agence Locale de Protection de l’Environnement de la capitale a publié de nouvelles directives. On peut y lire qu’elle s’engage à récompenser à hauteur de 50 000 yuans (6682 euros) les habitants qui signaleraient de graves violations des nouvelles normes environnementales — ce qui comprend l’abandon de déchets dangereux ou de matières radioactives. Quant à ceux qui dénonceraient des entreprises qui essaieraient de tricher face aux équipements de contrôle environnementaux, ils pourront espérer toucher jusqu’à 3000 yuans (401 euros).

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