Irlande : Des kits pour tester la qualité des drogues distribués aux étudiants

Dans le cadre d’une initiative intitulée SeshSafe, les étudiants irlandais se voient distribuer des kits pour tester la qualité des drogues.

Un kit de dépistage SeshSafe. (photo Facebook/SeshSafe)
Un kit de dépistage SeshSafe. (photo Facebook/SeshSafe)

Fondée en 1998 par des étudiants de l’université de Washington, la Students for Sensible Drug Policy (SSDP), une association à but non lucratif qui milite pour la réforme des politiques antidrogue aux États-Unis et à l’international, compte aujourd’hui des antennes dans 27 universités du monde. Elle a récemment tourné son regard vers l’Irlande où, suite aux morts par overdose successives un peu plus tôt cette année de trois étudiants à Cork et à Dublin, l’association a décidé de fournir gratuitement des kits pour tester la qualité des drogues aux étudiants, comme l’explique le quotidien irlandais The Independent. Une initiative qui rencontrerait un franc succès chez les étudiants, et tout particulièrement chez les consommateurs de drogues récréatives.

Interrogée par The Independent, la présidente de la SSDP dans la capitale américaine, Eleanor Hulm, a expliqué avoir été « très en colère, parce que rien n’a été fait depuis ce drame ». « Ces gens sont morts parce qu’ils ont consommé de la drogue qu’on leur a vendue, sans en savoir ni la quantité, ni la qualité, ni même la composition. Ils ne savaient pas non plus que le mélange de plusieurs drogues peut être très dangereux, et augmente le risque de mortalité. Aucune mesure n’a été prise par le gouvernement ni par les universités. Tout le monde connaît l’ampleur du problème, mais il n’y a pas de réponse proactive à la situation », ajoute-t-elle.

Fonctionnant seulement grâce aux dons de particuliers, la SSDP a récolté, notamment en vendant des gâteaux, des fonds afin de pouvoir acheter des kits sur Internet. Hulm a ensuite créé une page Facebook intitulée « SeshSafe » (NDLR, « sesh » faisant ici référence à un mot d’argot qui peut désigner des « sessions » où l’on consomme du cannabis) afin de se faire connaître des étudiants. « Le nombre de visites a explosé. Les gens sont très intéressés. Les consommateurs de drogues récréatives veulent savoir comment ils peuvent en minimiser les risques, et ceux qui ne prennent pas de drogue demandent ce qu’ils peuvent faire pour protéger leurs amis consommateurs », déclare-t-elle.

Eleanor Hulm explique avoir rencontré Guy Jones, le créateur des « Reagents Tests » (NDLR, d’autres tests qui permettent de tester très facilement la qualité de drogues comme le LSD ou la MDMA dans le but de limiter les risques pour les consommateurs), le 11 mars dernier, à l’occasion de la 4e Réunion annuelle des « Étudiants pour une Politique de sensibilisation à la Drogue » : « Il était enchanté par SeshSafe, et il m’a également donné du matériel de dépistage. Je vais davantage travailler avec eux ces prochains mois ».

Comme l’explique The Independent, la jeune présidente espère maintenant que les universités irlandaises assureront une distribution ainsi qu’une mise à disposition permanente de ces kits. « La réalité, c’est que la consommation de drogue ne peut pas être à 100% sûre, mais les risques encourus peuvent être drastiquement diminués. Il est donc temps d’accepter que les gens se droguent, et d’évoluer vers une nouvelle approche, afin de sauver des vies », conclut-elle.

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