Madrid : 50 plaques commémoratives en l’honneur des victimes du franquisme

Après avoir finalement réussi, en fin d’année dernière, à débarrasser la capitale espagnole de ses dernières rues à connotation franquiste, Manuela Carmena, l’actuelle maire de Madrid, entend maintenant faire poser 50 plaques commémoratives en l’honneur des victimes du franquisme — au rang desquels le poète Marcos Ana, l’homme politique Julián Besteiro ou encore l’écrivain Jorge Semprún.

Mars 2013. À Madrid, des photos de victimes du franquisme. (Photo Flickr/ Xanti Fakir)
Mars 2013. À Madrid, la foule se recueille autour de photos de victimes du franquisme.
(Photo Flickr/ Xanti Fakir)

Cinquante plaques commémoratives rendant hommage à des victimes du franquisme devraient prochainement être posées dans des rues et places de Madrid où ces personnes ont vécu et/ou travaillé, nous apprend le quotidien généraliste espagnol El País. À l’exception du code couleur, afin d’être facilement identifiables, les écriteaux reprendront le design des plaques de type “diamants jaunes” servant d’ores et déjà à expliquer des faits historiques s’étant déroulés dans la capitale aux badauds. La mairie entend faire poser les plaques d’ici la fin du mandat de « Maintenant, Madrid », dans deux ans.

Les plaques feront référence aux vies d’hommes politiques, d’écrivains et de scientifiques ayant perdu la vie, ou ayant fortement souffert, suite à l’instauration du régime politique du général Francisco Franco, de 1936 à 1977. Parmi elles, on devrait par exemple retrouver le poète Marcos Ana, décédé en 2016. Jeté en prison en 1939, le Madrilène aura croupi 22 ans dans les geôles franquistes, ce qui fait de lui le prisonnier politique qui a passé le plus longtemps en prison pendant la dictature. La Commission sur la Mémoire historique — une entité créée à l’initiative de la maire Manuela Carmena — entend également honorer des personnalités comme Julián Besteiro (NDLR, universitaire et homme politique espagnol du PSOE mort en prison en 1940 à Séville) ou encore l’écrivain, scénariste et homme politique espagnol Jorge Semprún — décédé en 2011 à Paris, ce dernier a la particularité d’avoir écrit la majorité de son œuvre dans la langue de Molière.

Pour l’heure, la liste complète des personnes dont la mémoire sera honorée n’a pas encore été rendue publique. La présidente de la commission, Francisca Sauquillo, explique que l’initiative vise des « personnes qui, jusqu’à maintenant, n’ont pas reçu la reconnaissance qu’elles méritent et qui ont vécu et travaillé à Madrid ». L’objectif étant avant tout de mettre en avant le rôle de ceux et celles qui ont « apporté quelque chose à la capitale ». La présidente, avocate de métier, a également tenu à préciser que les femmes ne seront pas oubliées.

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