Russie : La “publicité politique” autorisée sur le principal réseau social

Sur VKontakte (VK), réseau social le plus utilisé en Russie, devant Facebook, il est désormais permis de louer des espaces publicitaires à des fins de communication politique. Un changement de taille à l’approche de l’élection présidentielle de 2018. Problème : ces espaces seront réservés aux seuls candidats enregistrés auprès de la Commission électorale centrale russe, ce qui n’est évidemment pas le cas des principaux candidats de l’opposition, à l’instar du très médiatique Alexei Navalny.

(Photo Flickr/ Martinsson Serg)
(Photo Flickr/ Martinsson Serg)

En Russie, la communication politique s’invite officiellement sur VKontakte (VK). Le premier réseau social du pays, devant Facebook, autorise désormais les candidats à l’élection présidentielle à louer des espaces publicitaires sur la plateforme pour y diffuser leur « matériel de campagne », comme le rapporte le Moscow Times. Si les conditions d’utilisation de la plateforme ont été mises à jour dans ce sens en septembre dernier, le changement avait jusqu’à présent échappé à la vigilance des observateurs internationaux. Il s’agit pourtant d’une petite révolution, dans la mesure où ce type de contenu y avait toujours été jusque-là formellement interdit.

Cependant, certains comme Global Voices, s’inquiètent du fait que l’offre ne concerne que les candidats officiellement enregistrés auprès de la Commission électorale centrale russe. En effet, il est explicitement inscrit dans les conditions d’utilisation de VK que « la décision de la Commission électorale centrale de la Fédération de Russie sur l’enregistrement d’un candidat » fait partie des documents à fournir en amont de toute campagne sur le réseau. Plus dérangeant encore, le Moscow Times explique qu’avant d’être diffusés sur VK, les contenus devront préalablement recevoir l’approbation de cette même Commission.

En vertu de ces règles, certains candidats de l’opposition, comme le très médiatique opposant Alexei Navalny, risquent fort de se voir priver l’accès à cette nouvelle manne, laissant ainsi les coudées franches au régime de Vladimir Poutine. Tout comme les candidats de nombre de petits partis d’opposition, le trouble-fête de 40 ans, très populaire auprès des jeunes, qui a récemment annoncé sa candidature aux élections présidentielles de 2018, n’est actuellement pas enregistré auprès d’une Commission qui n’acceptera de toute manière vraisemblablement jamais sa candidature.

À noter que les nouvelles conditions d’utilisation de VK, qui a été, rappelons-le, racheté par un proche de Vladimir Poutine en 2014, continuent d’interdire la “publicité politique” dans tout autre cadre que la politique intérieure russe. Comme le note Dmitry Kovalev, un analyste politique travaillant pour le site d’information TJournal, autoriser la diffusion de ce type de contenus sur Vkontakte et Odnoklassniki – les principaux réseaux russophones du pays, tout deux propriété du moteur de recherche Mail.ru – pourrait profondément altérer le paysage politique russe, faisant potentiellement d’eux « les plus grands régulateurs de la politique nationale ».

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