Étude : Les hommes également concernés par “l’horloge biologique”

Les résultats d’une étude conduite par une équipe du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC), un centre hospitalier universitaire de Boston lié à la Harvard Medical School, viennent une nouvelle fois souligner l’existence d’une horloge biologique masculine. Ainsi, dans le cadre d’une fécondation in vitro (FIV), les femmes de moins de trente ans essayant de procréer avec un partenaire âgé de 40 à 42 ans auraient seulement 46% d’y arriver, contre 73% pour celles dont le partenaire est âgé de 30 à 35 ans.

(Photo Flickr/ Instituto Bernabeu)
(Photo Flickr/ Instituto Bernabeu)

Les femmes sont habituées à l’entendre : « l’horloge biologique tourne, il faudrait voir à ne pas attendre trop longtemps avant de fonder une famille ». Du côté des hommes en revanche, il est difficile de prétendre que la même pression se fasse sentir. Il faut dire que des exemples très médiatisés comme celui de l’acteur Jean-Paul Belmondo, devenu père pour la quatrième fois le 13 août 2003, à l’âge de 70 ans, pourraient leur laisser penser qu’ils n’ont, après tout, pas vraiment de raison de s’inquiéter.

Et pourtant, Bébel constituerait bel et bien une exception. Du moins à en croire les résultats d’une récente étude conduite par une équipe du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC), un centre hospitalier universitaire de Boston lié à la Harvard Medical School, repérés par le Guardian. Ils nous confirment que, tout comme les femmes, la majorité des hommes ne peut pas repousser indéfiniment la paternité, car leurs chances de procréer diminuent au fil du temps.

Laura Dodge, en charge de l’équipe qui a mené le projet, a ainsi déclaré devant la European Society of Human Reproduction and Embryology (Eshre), à Genève, en Suisse, qu’elle estime que les couples qui prévoient de fonder une famille devraient tenir compte de l’âge du futur père.

Si la question de l’existence d’une horloge biologique chez les hommes a été soulevée à plusieurs reprises au cours des dernières années, c’est presque systématiquement toujours sur celle des femmes, en avance sur celle des hommes, que se concentrent les travaux de recherche sur la fécondité. « Pour beaucoup, l’impact de l’âge semble être réservé presque exclusivement à l’horloge biologique de la partenaire de sexe féminin », commente ainsi Laura Dodge dans les pages du South China Morning Post.

Afin de déterminer l’impact de l’âge d’un homme sur les chances de procréation, la scientifique et son équipe ont passé au crible près de 19 000 résultats de cycles de traitement FIV dans la région de Boston entre 2000 et 2014. Pour les besoins de l’étude, les femmes ont été divisées en quatre groupes d’âge : celles de moins de 30 ans, de 30-35 ans, de 35-40 ans et de 40-42 ans. Même chose du côté des hommes, avec un groupe supplémentaire comprenant ceux âgés de plus de 42 ans. À noter que certains couples ont pris part à plus de six cycles de FIV.

L’équipe a ensuite examiné l’impact de l’âge sur les chances du couple de procréer. Comme on pouvait s’y attendre, les femmes du groupe d’âge 40-42 ans ont enregistré le plus bas taux de naissance. Pour ces femmes, l’âge du partenaire masculin ne semble avoir aucun impact. De manière générale, l’âge de l’homme ne semble pas avoir de véritable rôle à jouer lorsque les partenaires sont d’un même âge.

En revanche, les résultats montrent que pour les femmes plus jeunes, l’âge de l’homme a définitivement un impact. Ainsi, les femmes de moins de 30 ans ayant un partenaire âgé de 30 à 35 ans ont 73% d’avoir un enfant après le traitement FIV. En revanche, cet impressionnant résultat s’effondre à 46% si le partenaire est âgé de 40 à 42 ans. Preuve s’il en est de l’existence d’une horloge biologique masculine selon Laura Dodge.

De même, une femme légèrement plus âgée aurait plus de chance de réussir à procréer avec un homme plus jeune. Par exemple, là où les femmes du groupe 35-40 ans n’ont que 54% de chance d’avoir un enfant avec un homme du groupe 30-35 ans, celles dont le partenaire est âgé de moins de 30 ans voient cette probabilité monter à 70%. À l’inverse, les femmes du groupe 30-35 ans voient chuter leurs chances d’avoir un enfant à 64% lorsque leur partenaire est plus âgé qu’elles, alors que la probabilité est de 70% si elles ont un partenaire du même âge.

Comme l’explique le Guardian, l’équipe ne prétend aucunement être capable d’expliquer pourquoi la fertilité masculine décroît avec l’âge. Néanmoins, comme l’explique Laura Dodge, l’une des pistes évoquées est la baisse de la qualité du sperme produit par l’homme au cours de sa vie : « Une baisse de la qualité du sperme a certainement un rôle à jouer, mais notre travail montre que ce n’est pas aussi simple ». Elle ajoute que son équipe a trouvé « des résultats similaires chez des couples sans infertilité masculine répertoriée ». La jeune femme prévoit désormais de réaliser d’autres études afin d’identifier les causes réelles de ce phénomène.

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