Les plongeurs maudits du Honduras

Mosquitia, Honduras, l’une des jungles les plus isolées au monde. Ici, depuis des décennies, les Mosquitos vivent de la pêche sous-marine. Équipés d’antiques bouteilles de plongée et de compresseurs rudimentaires, ils passent quotidiennement de quatre à six heures sous l’eau, parfois à plus de 40 mètres de fond. Leur butin, langoustes, concombres de mer ou coquillages, est exporté aux États-Unis et en Chine. Pourtant, l’industrie qui les aide à survivre entraîne également leur perte, en plus de ruiner les fonds marins. Des bulles se forment dans leur corps et ont déjà tué plus de 350 d’entre eux depuis 2003. On recense également 3000 hommes paralysés dans la région… Certains y voient la malédiction de Liwa Mairin, la sirène, qui punit ceux qui pillent la mer. 

Le «Cayo Bobel», dans le récif de la Media Luna, une île déserte investie par les plongeurs sous-marins durant toute la saison de pêche au concombre et à la langouste. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Dans le petit village de Krata, des hommes s'apprêtent à embarquer pour un voyage de pêche sous-marine de douze jours. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Marvin Mariscol-Perez, 35 ans, plongeur depuis 5 ans et José, 25 ans, responsable du compresseur, à la recherche du prochain lieu de plongée. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Renaldo Bendes Nelio, 33 ans, plonge pour ramasser des concombres de mer au large d'un archipel de la Mosquitia. Après plus de 4 heures sous l'eau ce jour-là, il commence à ressentir les premiers symptômes de bulles d'azote sous sa peau. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Marvin Mariscol-Perez, 35 ans, plongeur sous-marin depuis cinq ans se met à l'eau. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Une bassine de concombres de mer fraichement arrivés et qui seront bientôt nettoyés. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
À terre, sur le Cayo Bobel, une équipe de nettoyeurs s'affaire à vider les concombres de mer de leurs intestins et de leur eau. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Deux incisions aident à vider l'animal de ses intestins, en bas, et de l'eau de mer, par le haut. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
À terre, sur le Cayo Bobel, les concombres de mer de première catégorie sont salés. Ils seront vendus jusqu'à 4 fois plus cher aux acheteurs. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
De retour sur le continent, au Honduras, les concombres de mer seront à nouveau nettoyés et triés avant d'être exportés vers l'Asie via des exportateurs d'Amérique Centrale. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Freddy, un plongeur Mosquito est traité dans la chambre de décompression de l'hôpital de Puerto Lempira, la seule de la région. Après 7 jours de plongée à 25 mètres, il s'est retrouvé paralysé du bas du corps et a mis 4 jours à arriver à la clinique. C'est son deuxième accident grave en 5 ans. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Tiofilo Bence Cooper, 47 ans, a plongé durant 12 ans avant d’être victime d’un accident de décompression en 1993. Il a été formé à la kinésithérapie par une organisation américaine et s'occupe depuis de la ré-éducation des plongeurs accidentés. En 10 ans, il en a traité plus de 200. «En 2014 j'ai traité 30 plongeurs à la clinique de Puerto Lempira et tous marchent», se félicite-t-il. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Tiofilo soigne le plongeur Soster Juntel Willie, 57 ans. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Arias Graham Patricio, 38 ans, est traité à la clinique de physiothérapie de l'hôpital de Puerto Lempira. Après 18 ans de plongée, il a subi un accident en février 2015 et tout le côté droit de son corps est depuis paralysé. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Comme la majorité des autres plongeurs, il n'a jamais reçu d'entraînement avant de plonger. Pour l'instant, il occupe une petite chambre voisine de l'hôpital, avec sa femme. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Arias se promène avec Soster Juntel Willie, 57 ans. Tous deux sont des plongeurs accidentés et vivent dans de petites chambres voisines de l'hôpital de Puerto Lempira, avec leurs épouses. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Après quelques semaines de traitement, Arias parvient pour la première fois à faire quelques pas. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Vincente Swaso Sodian, 53 ans et handicapé depuis 30 ans, et sa mère Rosilia, 80 ans. Un des frères de Vincente est handicapé et un autre est mort en plongée. Il vit avec sa mère depuis la mort de sa femme et gagne de l'argent en réparant des filets de pêche. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Crisanto Bismarcks Salinas, 40 ans, et sa femme, Eda Orfilia. Plongeur durant plus de 15 ans, Crisanto a été victime d'un accident de plongée il y a sept ans. «Le capitaine du bateau a voulu finir la campagne de pêche. Il a mis une semaine avant de m'emmener à la chambre hyperbare.» (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Dans le petit village de Yahuravilla, la tombe de René Melado, un plongeur mort d'un accident en 1997 à l'âge de 42 ans. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Eraço Brown Pitch, 42 ans, et ses deux grands fils, Eraço, 21 ans, et Jony, 14 ans. Chaque soir, et chaque matin à l'aube, ils partent pêcher le cawacha un poisson de la lagune. Il y a 22 ans, un accident de plongée a laissé l’homme paraplégique. Fait assez rare : le patron de pêche lui a versé une pension de 25$ par mois pendant cinq ans, ainsi qu'un pécule de 1.000$. Avec l'argent, il a pu investir dans un bateau à moteur (1.500$) et deux filets (500$). Chaque sortie lui permet de gagner une vingtaine de dollars. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Des femmes du village Mosquito de Krata pêchent l'Ira, un petit poisson qui vit dans la mangrove. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Dans la mangrove à proximité du village Mosquito de Kruta, un homme pêche son repas armé d'un fusil sous-marin. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Weslie Montenegro, 13 ans, retourne vers le village de Kaukira après quelques heures de pêche à la méduse. Cette pêche beaucoup moins risquée représente la meilleure alternative aux dangers de la pêche sous-marine. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Peu urticantes, les méduses boulet de canon pullulent sur les plages de la Mosquitia durant les mois de juillet et août. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Marie Kellly, 19 ans et Darla McKling, 18 ans. Sur la plage de Cauquira, les familles des pêcheurs de méduses s'affairent à nettoyer les méduses qui seront ensuite vendues à l'usine locale de transformation. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Les méduses nettoyées seront ensuite vendues à l'usine locale de transformation. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Dans le village Mosquito de Cauquira, la coopérative KAUMA s'est lancée dans la transformation et l'exportation de méduses dont raffolent les Chinois. L'entreprise existe depuis deux ans et demi et exporte pour l'instant plus de 350 tonnes, soit un chiffre d'affaires de 260.000$, et permet de faire vivre 800 personnes. Plusieurs organisations de développement, telles que le PNUD ou USAID financent le projet qui est considéré comme une des meilleures alternatives économiques pour la région. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)
Dans le village Mosquito de Kaukira, des travailleurs finissent leur journée de travail à l'usine Kauma où l'on transforme des méduses pour l'exportation vers la Chine. (Photo Valerian Mazataud / hanslucas.com / 8e étage)

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