Nouvelle-Zélande : 200 nouveaux mots maoris pour parler de santé mentale, d’addiction ou de handicap

La langue maori de Nouvelle-Zélande, ou reo māori, vient de se voir enrichir de près de 200 mots et expression ayant à voir avec les questions de santé mentale, d’addiction ou de handicap. Objectif ? Combler les lacunes existantes dans cette langue polynésienne, qui manquait jusqu’alors de vocabulaire pour parler de ces sujets, tout en s’assurant que les termes choisis ne portent aucun jugement de valeur.

(Photo Flickr/ Geof Wilson)
(Photo Flickr/ Geof Wilson)

Deux cents nouveaux mots et expressions viennent officiellement de faire leur entrée dans la langue maori de Nouvelle-Zélande, nous apprend un récent article de la BBC. Objectif ? Pouvoir, enfin, correctement parler des questions de santé mentale, d’addiction ou encore de handicap dans la seconde langue du pays. Le tout avec la difficulté supplémentaire de s’assurer que les termes choisis ne sont pas stigmatisants.

Leur créateur, un fonctionnaire du nom de Keri Opai, explique qu’afin d’imaginer des variantes à ce qu’il qualifie de « termes anglais parfois condescendants », il a dans un premier temps été consulter directement les personnes concernées. Ainsi, après avoir longuement discuté avec des Maoris en situation de handicaps, il a par exemple jugé qu’il convenait d’insister sur l’idée « d’être fort ou capable autrement », signification littérale du nouveau mot « whaikaha », pour désigner les personnes handicapées.

Autre exemple : de son expérience « les gens atteints d’autisme tendent à avoir leurs propres tempo, espace et rythme de vie ». C’est la raison pour laquelle, il a décidé de traduire « autisme » par « takiwatanga », un terme signifiant « une personne ayant son propre rapport au temps et à l’espace », a-t-il expliqué à l’antenne de Māori Television, une chaîne néo-zélandaise financée par le gouvernement néo-zélandais diffusant des programmes en reo māori.

Ces nouveaux mots et expressions sont rassemblés dans un glossaire, librement accessible en ligne, intitulé « Te Reo Hāpai – The Language of Enrichment ». Comme l’explique Television New Zealand, ce dernier n’a pas été pensé uniquement pour les professionnels de la santé, mais bien pour l’ensemble des locuteurs de cette langue.

On dénombrerait de nos jours de 100 000 à 160 000 locuteurs natifs des multiples dialectes de la langue maori en Nouvelle-Zélande, alors que le pays abriterait plus d’un demi-million de personnes d’origine maori. Le reo māori est l’une des langues officielles du pays, avec l’anglais et la langue des signes, depuis 1987. Au cours des dernières années, l’État néo-zélandais a supporté la création d’écoles de langue maori, de deux chaînes de télévisions, mais aussi de programmes télévisés ayant pour but d’encourager et de développer la langue.

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