Étude : Les expériences traumatiques entraîneraient un vieillissement prématuré du cerveau

La mort d’un enfant, un divorce ou encore la perte d’un travail, autant d’expériences traumatiques susceptibles d’entraîner une détérioration des capacités cognitives plus tard dans la vie, selon les résultats d’une nouvelle étude américaine.

(Photo Flickr/ Neil Moralee)
(Photo Flickr/ Neil Moralee)

Le malheur ferait-il vieillir plus vite ? Oui, du moins notre cerveau, à en croire les résultats d’une étude réalisée par une équipe de chercheurs de la faculté de médecine et de santé publique de l’Université du Wisconsin, aux États-Unis. Repérés par le Guardian, ces travaux mettent en lumière l’existence d’un lien de causalité entre vivre des expériences traumatiques et voir ses capacités cognitives se détériorer plus que la moyenne en vieillissant. Les résultats de cette étude, qui n’a pas encore été publiée dans une publication scientifique à comité de lecture, ont été présentés lors de la conférence internationale 2017 de l’Association Alzheimer (Alzheimer’s Association International Conference 2017, AAIC), qui se tient du 16 au 20 juillet à Londres, en Angleterre.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs américains ont conduit une batterie de tests neuropsychologiques, visant à examiner plusieurs zones du cerveau — et tout particulièrement celles associées à la mémoire —, chez 1320 personnes ayant pour point commun de déclarer avoir vécu des expériences traumatiques au cours de leur vie. L’âge moyen de l’échantillon étudié était de 58 ans, avec 1232 personnes blanches pour 82 Afro-Américains. Résultat : Plus les sujets disent avoir vécu d’expériences traumatiques, plus leurs capacités cognitives tendraient à se détériorer plus tard dans la vie.

À Londres, le Dr. Maria Carrillo, directrice principale des relations médicales et scientifiques de l’Association Alzheimer, a tenu à insister sur la diversité et le nombre « d’évènements stressants » sur lesquels se sont penchés les chercheurs. Dans la liste, on retrouve ainsi « la mort d’un parent, les abus, la perte d’un travail, la perte d’une maison », mais aussi « la pauvreté, vivre dans un quartier défavorisé, un divorce ». Elle insiste également sur le fait que même « un changement d’école » peut s’avérer traumatisant chez certains enfants.

Il est aussi intéressant de souligner que les 82 Afro-Américains ayant pris part à l’étude ont en moyenne traversé 60% d’évènements traumatiques de plus que les personnes blanches. Selon les chercheurs, chez eux, le stress généré par chacune de ces expériences équivaudrait à approximativement quatre ans de vieillissement cognitif.

Comme le résume le Dr. Doug Brown, directeur de recherche de l’Association Alzheimer : « Nous savons qu’un stress prolongé peut avoir un impact sur notre santé, ce n’est donc pas une surprise que cette étude révèle que des évènements stressants peuvent affecter notre mémoire et notre capacité à penser plus tard dans la vie. Cependant, il reste encore à établir si ces évènements stressants de la vie peuvent conduire à un risque plus important de démence (NDLR, à prendre ici au sens médical du terme “démence de type Alzheimer”, qui ne doit pas être confondu avec sa signification dans le langage courant). Étudier le rôle du stress est complexe. Il est difficile de [le] séparer d’autres troubles mentaux comme l’anxiété et la dépression, qui sont aussi considérés comme contribuant au risque de démence. Cependant, les résultats indiquent effectivement qu’il faudrait faire plus pour apporter du soutien aux gens des communautés défavorisés qui sont plus susceptibles de vivre des évènements stressants. Plus nous améliorons notre compréhension des facteurs de risque de la démence, plus il est important d’établir le rôle joué par le stress et les évènements stressants de la vie ».

Recommandé pour vous

0 commentaires

Connexion

S'inscrire

Réinitialiser mot de passe

Testez 8e étage gratuitement pendant 1 mois !

Des grands reportages exclusifs en toute indépendance 🌍
ESSAI GRATUIT