Tadjikistan : Une commission pour promouvoir les vêtements jugés appropriés par les autorités

Le gouvernement du Tadjikistan, pays montagneux d’Asie centrale, dit vouloir protéger ses citoyens de l’influence néfaste de certaines « cultures étrangères ». Pour se faire, il vient de créer une commission dont la mission est de faire la promotion de vêtements jugés appropriés par les autorités.

(Photo Flickr/ Ronan Shenhav)

Au Tadjikistan, le gouvernement encourage les hommes à se raser et se vêtir à l’occidentale.
(Photo Flickr/ Ronan Shenhav)

Lutter contre l’influence néfaste de certaines « cultures étrangères ». C’est l’objectif affiché du gouvernement tadjik. Comme nous l’apprend un récent article de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), le ministère de la Culture de ce pays montagneux d’Asie centrale a récemment mis sur pied une commission dont la mission sera, entre autres, de promouvoir le port de vêtements jugés appropriés par les autorités.

Vendredi 21 juillet le ministre de la Culture du pays, Shamsuddin Omurbekzoda, a expliqué lors d’une conférence de presse que le nouvel organe aidera par exemple à concevoir des vêtements pour homme et pour femme « tenant compte des traditions tadjikes », mais aussi des réalités de la vie « moderne ». Le ministre a poursuivi en expliquant que le hijab (voile) islamique ne faisait pas partie de ces vêtements. À l’en croire, le port du voile serait tout bonnement incompatible avec le climat « chaud » du pays, et ce pour des raisons d’hygiène.

Il a ensuite ajouté que les femmes le portant risquent de faire naître un climat de « peur et de doute » dans les lieux publics. « Certaines personnes se tenant à côté d’elles pourraient se poser des questions du type : « Et si elle cachait quelque chose sous son hijab ? » », a-t-il ainsi déclaré. Omurbekzoda a aussi fait savoir aux journalistes présents qu’il est officiellement recommandé aux Tadjiks de porter des « vêtements européens », ajoutant qu’il ne peut pas « imaginer [des Tadjiks] portant des vêtements arabes ».

Comme le précise RFE/RL, l’initiative intervient dans le contexte d’une vaste campagne orchestrée par l’indéboulonnable président Emomalii Rahmon, aux rênes du pouvoir depuis 1994, et le gouvernement du pays. Elle consiste à tenter de faire disparaître, depuis le début de la décennie, les signes d’appartenance religieuse au sein de la population, et ce officiellement afin de décourager des pratiques jugées à risque, car islamiques.

Dans ce cadre, les autorités ont récemment proscrit le port du hijab dans les ministères, ainsi que dans les écoles du pays. De plus, les jeunes hommes de moins de 18 ans ont dorénavant l’interdiction de se rendre à la mosquée pour prier. Enfin, ces dernières années la police du pays s’est illustrée à plusieurs reprises pour avoir rassemblé dans les rues et sur les places du pays des hommes portant la barbe avant de les forcer à se raser.

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