[Photo] Internet, fenêtre sur le monde d’une Birmanie fragile

Alors que le monde s'émeut du sort tragique de la minorité musulmane des Rohingyas, nos journalistes Margot Hemmerich et Charles Perragin rapportent de Birmanie un reportage témoignant de la fragilité de cette démocratie naissante. En image, ils montrent l’impact d’un récent accès à Internet sur une population muselée 50 ans durant. Résultat : une consommation quasi boulimique du web qui, au-delà d’être une nouvelle fenêtre sur le monde extérieur, engendre de nombreuses dérives.

(Photos Charles Perragin & Margot Hemmerich/8e étage)
(Photos Charles Perragin & Margot Hemmerich/8e étage)

Le long des routes et sur les toits, les antennes fleurissent. Elles apportent la 4G et redessinent les paysages escarpés de la République de l’Union du Myanmar, plus fréquemment appelée “Birmanie”. Alors que nombre de villages vivent d’agriculture vivrière sans réseau d’eau, les smartphones chinois envahissent le marché birman de la téléphonie depuis la chute de la junte militaire, en 2011. Entre 2012 et 2014, la proportion de la population ayant accès à Internet est passée de 1 à plus de 25%. Depuis quelques années, ce pays de 53 millions d’habitants bordé par la Chine et la Thaïlande a fait de l’accès à la téléphonie et à Internet l’une de ses priorités. Comme principale raison de cette démocratisation : l’abandon par le gouvernement il y a trois ans de son monopole sur les cartes SIM, permettant l’arrivée de deux nouveaux opérateurs, un qatari et un norvégien, qui ont cassé les prix.

Sous la junte militaire, une carte SIM pouvait coûter jusqu’à 1700 dollars, alors que le salaire moyen était de 30 dollars par mois. C’était un investissement sûr à une époque où les banques pouvaient faire faillite du jour au lendemain. Aujourd’hui, en attendant le chaland, les commerçants du marché Nyaung Shwe, village du centre du pays, regardent des films sur leur smartphone.

MPT (l’opérateur birman), Telenor (le norvégien) et Ooredoo (le qatari), se partagent les clients. La carte SIM, elle, coûte désormais en moyenne 1500 kyats (à prononcer « tchia »), soit un peu moins d’un euro. Comme les opérateurs se répartissent les régions du pays, les habitants cumulent souvent plusieurs cartes SIM pour obtenir une couverture globale.

La suite de ce reportage est réservée aux abonnés. 8e étage est un media indépendant, 100% financé par ses lecteurs, sans publicité ni actionnaire. Quatre grands reportages par mois sont ainsi réservés aux abonnés.

N’hésitez pas à nous soutenir à partir de 3,90€ par mois à prix libre (paiement sécurisé/sans engagement) pour accéder à cet article ainsi qu’à tous les autres longs formats du site !

Recommandé pour vous

Connexion

S'inscrire

Réinitialiser mot de passe

Testez 8e étage gratuitement pendant 1 mois !

Des grands reportages exclusifs en toute indépendance 🌍
ESSAI GRATUIT