Otage pendant 6 ans, le Suédois Johan Gustafsson raconte le quotidien d’AQMI

Johan Gustafsson a retrouvé la Suède en juin 2017 après avoir passé presque six ans prisonnier d'une organisation terroriste islamique. Alors que la plupart des médias suédois et européens se sont contentés d’annoncer sa libération et son retour, Johan a accepté de raconter au journaliste allemand Martin Schibbye sa vie en tant qu’otage d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le quotidien de cette organisation terroriste.

Johan Gustafsson, tel qu’il est apparu dans l’une des vidéos publiées par ses ravisseurs.
Johan Gustafsson, tel qu’il est apparu dans l’une des vidéos publiées par ses ravisseurs.

Nous sommes au lendemain de la conférence de presse. Johan Gustafsson, qui a été retenu en otage par des terroristes pendant 2 039 jours en Afrique, vient à peine de quitter un studio télévisé. Il n'a pas encore eu l'occasion de passer en revue les journaux, pleins de ses interviews, ni les stations de radio et de télévision suédoises qui diffusent en boucle la nouvelle de son retour. Leur point commun : tous sont revenus sur sa conversion à l'islam. « C'était une stratégie de survie et, dans la mesure où j’ai été forcé de me convertir, je me considère comme n’ayant jamais été musulman », lâche-t-il alors que nous nous asseyons pour parler.

La longue barbe qu'arborait Johan au moment de son arrivée a été rasée. Il semble frais, le regard à la fois alerte et amical. Après s’être « converti », Johan explique s’être senti plus en sécurité. Cet acte lui a donné l'impression que le sable avait arrêté de s’écouler dans le sablier. Que le compte à rebours précédant son exécution s’était, à défaut de s’arrêter, au moins ralenti.

Si sa conversion à l'islam relevait avant tout d’un acte de survie, elle a cependant amené un avantage inespéré. Les prières régulières sont devenues pour Johan le seul moyen de compartimenter ses journées. « Ils nous confiaient certaines tâches entre les différentes prières. »

Sa vie de musulman converti était un peu plus libre, ce qui a permis à Johan d'étudier ses ravisseurs et notamment la manière dont ils s’occupaient des agneaux. Au départ sans cesse en train d’essayer de s’enfuir, les agneaux finissaient par s’habituer aux hommes qui leur donnaient à manger. Ils devenaient si dociles qu'ils courraient vers les gardes le jour où ils venaient les égorger. « Je ne voulais pas devenir l’un de ces agneaux et j’ai senti que la même chose risquait de m'arriver si je ne me remémorais constamment la situation dans laquelle j’étais », explique Johan.

Le Suédois est quelqu’un de prudent. Il réfléchit avant de parler. Peut-être était-il déjà comme cela avant son enlèvement. Calme, observateur. Ou peut-être que ce sont ces années passées comme otage dans le désert qui l'ont transformé.

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