Russie : Les parents des jeunes qui manifestent contre le régime pourraient être tenus responsables

Selon des informations du média russe RBC, le ministre russe de l’Intérieur a fait savoir qu’il envisageait de punir les parents et même les professeurs des jeunes de moins de 18 ans prenant part à des manifestations antigouvernementales.

(Photo Flickr/ Julian Buijzen)
À Moscou, de jeunes Russes répondent à l’appel d’Alexei Navalny et descendent dans la rue pour dénoncer la corruption du régime en avril de cette année.
(Photo Flickr/ Julian Buijzen)

Ils ont plusieurs fois été qualifiés par le gouvernement de “victimes d’un lavage de cerveau” qui serait orchestré par des opposants au régime, à l’instar du candidat auto déclaré à l’élection présidentielle Alexei Navalny — déclaré cette semaine inéligible jusqu’en 2028 par la commission électorale russe en raison de son passé judiciaire. Pourtant, à en croire le Kremlin, si les jeunes Russes de moins de 18 ans sont de plus en plus nombreux à descendre dans la rue ce serait aussi de la faute de leurs parents et même de leurs professeurs. C’est la raison pour laquelle, la police russe envisage sérieusement de sanctionner ces derniers, comme le rapporte un récent article de RBC.

Interrogé par le média russe, Timur Valiulin, responsable du département anti-extrémisme du ministère russe de l’Intérieur, a en effet souligné l’existence d’un nombre grandissant de mineurs participants à des manifestations non autorisées. “La baisse de l’âge moyen des participants à ces actions de protestation est alarmante”, y explique-t-il. “Nous devons penser à la possibilité de faire passer des amendements et des changements afin de demander des comptes non seulement aux organisateurs de ces actions, mais aussi aux parents et professeurs des élèves qui y prennent part.” RBC cite également un sénateur russe qui explique que le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, est d’ores et déjà en train de considérer la possibilité d’infliger des amendes voire des peines aux parents des mineurs prenant part à des manifestations non autorisées.

Ces déclarations interviennent un jour seulement après que l’équipe de campagne de Navalny a diffusé l’enregistrement de la conversation entre Olga Kodina, la directrice d’un lycée privé russe de Khabarovsk, la deuxième plus grande ville de l’Extrême-Orient russe après Vladivostok, et un élève âgé de quinze ans seulement. Accompagné de ses parents, il avait été convoqué pour avoir ouvertement affiché son soutien à Alexei Navalny et avoir tenté de diffuser “sa propagande”. On peut y entendre la directrice de l’établissement formuler des menaces, à peine voilées, laissant entendre que si le jeune homme ne se décide pas à “se calmer”, le FSB (NDLR, les services secrets russes) pourrait bien “s’intéresser à son cas”. Comme le précise le Moscow Times, il ne s’agit que de la dernière occurrence du genre, plusieurs enregistrements similaires ayant déjà été réalisés dans des écoles affichant ouvertement leur soutien au Kremlin.

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