L’Allemagne interdit les montres connectées pour enfants

Vendredi 17 novembre, l’autorité de régulation des télécoms allemande a interdit à la vente une grande partie des montres connectées pour enfants. En cause : la fonction « baby phone » présente sur certains modèles qui permet aux parents « d’écouter l’environnement de l’enfant », ce qui en fait un « système de transmission non autorisé ».

(Photo Flickr/ tomemrich)

Dans le viseur de la Bundesnetzagentur, des montres connectées pour enfants telles que la montre GPS hereO.
(Photo Flickr/ tomemrich)

Parents, n’achetez plus de montres connectées à vos enfants, et si d’aventure le mal était déjà fait : détruisez-les ! Voici peu ou prou le message envoyé par le Bundesnetzagentur (NDLR, l’autorité de régulation des télécoms allemande), qui a jugé, vendredi 17 novembre, qu’une grande partie de ces « smartwatches » se plaçaient en violation des lois allemandes sur la surveillance, comme nous l’apprend un récent article de Deutsche Welle.

Son président, Jochen Homann, justifie cette décision dans un communiqué où il explique que « les parents peuvent utiliser ces montres pour écouter l’environnement de l’enfant », ce qui fait qu’elles peuvent être considérées comme « un système de transmission non autorisé ». Ce faisant, il s’appuie sur les résultats d’une enquête menée par l’autorité qui « montre que certains parents ont utilisé les montres pour écouter les enseignants en classe »

L’autorité de régulation des télécoms allemande précise que c’est la fonction « baby phone » des modèles pour jeunes enfants (5 à 12 ans) qui pose problème. En effet, cette dernière permet aux parents, ou à un tiers dont le numéro a au préalable été enregistré, d’activer à distance le micro intégré de la montre par le biais d’une application. Le Bundesnetzagentur souligne aussi que ces appareils, généralement dotés d’un GPS et d’un accès à Internet, sont susceptibles d’être piratés. Après activation du micro, « toutes les voix et les sons dans l’environnement immédiat de la montre peuvent être surveillées sans que [le porteur de la montre] ne passe un appel », explique Bundesnetzagentur sur son site Internet, insistant sur le fait que « ni le porteur de la montre ni ses interlocuteurs ne peuvent le remarquer ».

Pour cette raison, l’autorité a purement et simplement interdit la vente de ce type de montres dans le pays. De plus, elle affirme avoir pris des mesures contre un certain nombre de revendeurs en ligne, sans aller jusqu’à les citer. De leur côté, les parents sont invités à se débarrasser des montres et à garder une preuve qu’ils l’ont fait. Les écoles, elles, sont appelées à être vigilantes et à signaler toute utilisation de montres connectées.

Comme le rappelle le Guardian, cette décision fait suite à celle d’interdire la vente de la poupée connectée Cayla l’année dernière. L’agence avait alors invoqué un risque mettant à mal la protection de la vie privée de par la présence dans le jouet d’un logiciel intégré pouvant être piraté pour obtenir des données personnelles.

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