Jusqu’à 80% des poissons des îles du Pacifique menacés par le réchauffement climatique

Selon les résultats d’une nouvelle étude conduite par une équipe de chercheurs du programme Nereus (fondation Nippon), la région de l’océan Pacifique dans laquelle se situent les nations du Pacifique de la Micronésie, de la Polynésie et de l’archipel fidjien risque de voir disparaître jusqu’à 80% de ses poissons d’ici la fin du XXIe siècle. Une fois de plus, c’est le réchauffement de la planète qui est pointé du doigt.

(Photo Flickr/ Ryan McMinds)
(Photo Flickr/ Ryan McMinds)

«Plus chaudes, moins oxygénées, plus acides et produisant une moindre quantité du plancton qui forme la base des réseaux alimentaires marins ». C’est ainsi que Rebecca Asch, professeure adjointe à la East Carolina University, décrit le futur des eaux de la région de l’océan Pacifique dans laquelle se situent les nations du Pacifique de la Micronésie, de la Polynésie et de l’archipel fidjien. La chercheuse vient en effet de cosigner une étude avec une équipe de scientifiques du programme Nereus de la fondation Nippon (NDLR, une initiative de recherche interdisciplinaire qui met l’accent sur l’avenir des océans) dont les résultats alarmants viennent d’être publiés dans la revue scientifique Marine Policy.

On y apprend notamment que les récentes projections climatiques du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) demeurent encore probablement trop optimistes et que le réchauffement de la planète devrait avoir un impact encore plus important que prévu sur la biodiversité marine de cette région du monde lors des prochaines décennies. En effet, les chercheurs du programme Nereus estiment que, dans certaines zones, 80% des poissons pourraient disparaître d’ici la fin du siècle.

Pour en arriver à cette conclusion, Rebecca Asch explique dans les pages de The Independent que son équipe a étudié la manière dont plus d’un millier d’espèces locales réagissaient aux changements qui s’opèrent actuellement dans l’océan Pacifique : « Nous avons découvert que [le risque] d’extinction locale d’espèces marines excédait 50% des niveaux actuels de biodiversité dans beaucoup de régions et atteignait parfois des niveaux supérieurs à 80% ».

Les auteurs de l’étude préviennent que la disparition d’un si grand nombre d’espèces pourrait également avoir de lourdes conséquences pour les populations des îles du Pacifique, isolées au milieu de l’océan. Pour cause, leur sécurité alimentaire, mais aussi l’essentiel de leur économie, continue de nos jours à dépendre étroitement de la pêche. Et ce alors que l’océan qui les entoure est d’ores et déjà le plus chaud au monde.

Les chercheurs soulignent enfin que le changement n’est pas encore inévitable. Cependant, pour espérer l’empêcher, il faudrait des « actions immédiates de tous les pays afin de matérialiser leur engagement à limiter les émissions de gaz à effet de serre », précise William Cheung, coauteur de l’étude et directeur de la recherche scientifique du programme Nereus.

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