Étude : Les écoulements d’eau liquide salée à la surface de Mars n’en seraient pas

Les résultats d’une nouvelle étude publiée en novembre dans la revue Nature Geoscience remettent en cause une interprétation de l’origine de traînées sombres observées sur certaines pentes martiennes. C’est cette dernière qui avait conduit la NASA à annoncer, en 2015, avoir la preuve de l’existence d’écoulements d’eau liquide salée à la surface de la planète rouge.

(Photo Flickr/ NASA's Marshall Space Flight Center)
(Photo Flickr/ NASA’s Marshall Space Flight Center)

En 2015, l’annonce de la NASA faisait les gros titres des journaux du monde entier : des scientifiques auraient trouvé la preuve que de l’eau liquide salée coule à la surface de Mars, sous forme de ruisseaux de saumure. Un peu plus de deux ans plus tard, une équipe de chercheurs de la commission géologique américain (U.S. Geological Survey, USGS) vient de publier dans la revue scientifique Nature Geoscience les résultats d’une étude basée sur des images prises par la caméra HiRISE de la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter. Elles laissent penser que les conclusions de la NASA étaient en réalité erronées.

Pour cause, après avoir réinterprété les données de la NASA, les chercheurs ont estimé que les lignes de pente récurrentes (en anglais, Recurring Slope Lineae (RSL)), ces stries visibles sur les pentes martiennes, ne seraient probablement en réalité rien d’autre que des écoulements granulaires de sable sec et de poussière sur les flancs de dunes. Repérées pour la première fois en 2011, ces RSL intriguent depuis les scientifiques, notamment parce qu’elles apparaissent quand la température s’élève en surface avant de disparaître lorsqu’elle s’abaisse : un schéma de fluctuations qui pourrait s’avérer compatible avec un écoulement d’eau liquide.

« Nous pensions que les RSL pouvaient potentiellement indiquer de l’eau liquide, mais les pentes ressemblent plus à ce dont on peut s’attendre de la part d’un sable sec », explique Colin Dundas de l’USGS Astrogeology Science Center de Flagstaff, en Arizona, le principal auteur de l’étude, dans un communiqué cité par Newsweek. « Cette nouvelle compréhension des RSL supporte d’autres preuves qui montrent que Mars est aujourd’hui très sèche. »

Pour appuyer leur propos, les auteurs de cette nouvelle étude précisent qu’ils ont examiné 151 RSL sur dix sites différents. Ils ont ainsi pu constater qu’elles ne se formaient pas sur des pentes à moins de 27%, une inclinaison où l’eau devrait normalement pouvoir s’écouler, alors que le sable, lui, ne s’effondrerait pas. Ils ajoutent également que chacune de ces coulées sombres s’arrête dès que l’inclinaison atteint cet angle de 27% — c’est-à-dire l’angle de repos, où le sable est naturellement amené à reformer une pente stable.

Précisons enfin que l’équipe ne remet pas en cause l’existence à la surface de Mars de sels minéraux hydratés, qui ont besoin d’eau pour se former. Les chercheurs affirment cependant qu’en regard de leurs résultats, il semble que l’eau ne puisse pas être considérée comme la cause des écoulements. Quoi qu’il en soit, la planète reste encore loin d’avoir livré tous ses secrets.

Recommandé pour vous

0 commentaires

Connexion

S'inscrire

Réinitialiser mot de passe

Testez 8e étage gratuitement pendant 1 mois !

Des grands reportages exclusifs en toute indépendance 🌍
ESSAI GRATUIT