Au Brésil, Mc Kunumi rappe contre le vol des terres indigènes

À seulement 17 ans, le rappeur Mc Kunumi est devenu porte-voix des revendications des communautés indiennes au Brésil. Lui-même issu de la tribu des Guarani-Kaiowá, il s'était déjà fait remarquer lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde de football en 2014 en brandissant sur le terrain une banderole appelant à la reconnaissance et à la protection des terres indigènes. Aujourd'hui, il poursuit son combat, cette fois-ci à travers sa musique. 

(photo Maëva Poulet/8e étage)
Mc Kunumi, novembre 2017.(photo Maëva Poulet/8e étage)

Loin des gratte-ciel de São Paulo, à deux heures de la capitale économique du Brésil, Mc Kunumi a grandi dans le village indien de Krukutu. C'est ici, au beau milieu de la forêt, qu'une quarantaine de familles vivent sur des terres protégées, dans des maisonnettes en torchis. Quand Mc Kunumi se remémore son enfance, il évoque d'abord les conteurs d'histoire, les croyances traditionnelles, les guérisseurs, l'air frais de la forêt et les sorties au lac. Les interminables luttes de son peuple reviennent comme un refrain. À Krukutu, comme dans de nombreuses réserves indiennes, les habitants se battent depuis des années pour le respect et l'inviolabilité de leurs terres.

DES DROITS NON-RESPECTÉS

Ce combat, le jeune rappeur, de son vrai nom Werá Jeguaka Mirim, le porte depuis plus d'un an au travers de sa musique. Coiffe de plumes sur la tête et visage maquillé, il évoque dans ses morceaux en portugais et en guarani la marginalisation des communautés indigènes du Brésil et les pressions qu'elles subissent. 

Ces sujets sont aussi tabous que sensibles dans le pays. « Je n'écris pas des chansons romantiques, mais de lutte. J'essaie toujours de faire connaître, grâce à ma musique, les revendications de mon peuple et notamment celle concernant la démarcation », explique Werá.

Au Brésil, la démarcation est un droit qui a été inscrit dans la Constitution dès 1988, à la fin de la dictature militaire (1964-1985). Ce processus vise à délimiter et donc à rendre « inaliénables et indisponibles » les terres des peuples indigènes, les protégeant ainsi contre l'accaparement par les propriétaires fonciers ou les entreprises d'exploitation des ressources naturelles. 

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