En 2016, un civil sur quatre tué en Syrie était un enfant

Une étude menée par une équipe belge de chercheurs récemment publiée dans la revue scientifique The Lancet Global Health journal révèle que, dans les zones non-contrôlées par le régime de Bachar Al-Assad, les enfants représentaient un quart des victimes civiles en 2016.

(photo flickr/UNHCR)
Une jeune mère syrienne traverse la frontière et devient ainsi réfugiée, avril 2013. (photo flickr/UNHCR)

En 2016, une victime civile sur quatre de la guerre en Syrie était un enfant, comme le révèle les résultats d’une étude parue jeudi dans la revue scientifique The Lancet Global Health journal. Ces conclusions dramatiques sont celles d’une équipe de chercheurs du Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (Cred) de l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique, qui ont passé au crible les données en lien avec plus de 140 000 morts violentes, entre 2011 à 2016, au sein des zones rebelles qui n’étaient alors pas contrôlées par le régime de Bachar Al-Assad.

Selon les chercheurs, les résultats de l’étude permettent de constater une augmentation « spectaculaire » de la proportion d’enfants et de femmes tuées au cours des six dernières années de conflit armé en Syrie. Une hausse inquiétante à mettre en parallèle avec une baisse du nombre total de décès sur la même période, même si, comme le précise le Guardian, la grande majorité des victimes civiles demeure constituée d’hommes.

Les chercheurs précisent qu’au début du conflit, en 2011, les enfants ne représentaient que 9% des 4354 décès civils. En 2013, ce chiffre est déjà monté à 19% (4927 sur 25 972 décès civils) pour enfin culminer à 23,3% au 31 décembre 2016 (avec 2662 enfants tués pour un total de 11 444 décès civils). Pendant la même période, la proportion de décès parmi les femmes adultes a, quant à elle, plus que quadruplé, passant de 3,4% à 13,8%.

Les chercheurs dénoncent le recours aux bombardements aériens et aux tirs d’obus dans des zones urbaines et peuplées, dont l’efficacité se serait révélée « très limitée […] contre les combattants de l’opposition », mais d’un « impact létal disproportionné sur les civils, et particulièrement les enfants ». Dans les pages du Guardian, la Pr Debarati Guha-Sapir, directrice du Cred, explique ainsi que l’utilisation de ces armes pourrait se révéler « contraire au droit humanitaire international » et pourrait même être possiblement assimilée à un « crime de guerre ».

Selon les résultats de l’étude, ces armes ont causé la mort de cinq fois plus de civils que de combattants de l’opposition. La raison ? Ces derniers seraient souvent au courant de l’imminence d’une attaque et auraient le temps de se mettre à couvert ou de changer de position, ce qui n’est pas le cas des populations civiles.

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