Au cœur d’Athènes, un Fight Club pour lutter contre l’extrême droite

Ilias Lamprou a ouvert le « White Tiger muay thaï camp » en plein centre d’Athènes il y a quelques années. La particularité de ce club de boxe ? Il se revendique ouvertement antifasciste.

Depuis son ouverture il y a quatre ans, le White Tiger n’a cessé de grossir et a désormais atteint le nombre d’inscrits maximum pour sa capacité d’accueil. (photo Marie Roy/8e étage)
Depuis son ouverture il y a quatre ans, le White Tiger n’a cessé de grossir et a désormais atteint le nombre d’inscrits maximum pour sa capacité d’accueil.
(photo Marie Roy/8e étage)

En ce début de soirée, Exarchia, le quartier traditionnellement anarchiste et contestataire d’Athènes, est désert. Il fait nuit et seuls les néons de quelques cafés éclairent les rues. En bas d’un immeuble HLM, la lumière qui traverse les baies vitrées du rez-de-chaussée attire l'œil. C’est ici qu’Ilias Lamprou a installé sa salle de boxe, il y a maintenant quatre ans. 

Il s’agit à première vue d’une salle de muay-thaï ordinaire : sac, gants, musique thaïe, coach aboyant des directives aux apprentis boxeurs, le tout sur fond d’odeur de pieds, comme dans toute infrastructure sportive qui se respecte. Pourtant, un élément de décoration peu commun saute aux yeux : l’énorme bannière noire brocardée « antifasciste fighting club » épinglée au mur. Trônant face à la porte d’entrée, elle est immanquable.

« Avant d’ouvrir le White Tiger, j’avais donné quelques leçons dans plusieurs squats du mouvement. Puis, j’ai décidé d’ouvrir ce club, de manière officielle », indique Ilias Lamprou, le créateur du White Tiger muay thaï camp.« Le mouvement », comme l'appelle Ilias Lamprou, est à l'origine de nombreux rassemblements solidaires en faveur de prisonniers politiques du monde entier, contre l’extrême droite, mais aussi pour protester contre les violences policières ou encore l’austérité économique, qui a notamment frappé la Grèce au moment de la crise de 2010. Ilias Lamprou en fait partie depuis plus de 20 ans.

Par discrétion ou par pudeur, l'homme ne s’étend pas sur ses activités politiques. Il a pourtant pris part à quelques actions fortement médiatisées. Notamment en 2010, le Grec était à bord d’une flottille de huit navires, remplis de nourritures, de vivres et autres aides humanitaires, dont l'objectif était de contrer le blocus de la bande de Gaza, mis en place par Israël. Les commandos israéliens ont vite stoppé la progression des bateaux en abordant, par hélicoptères, le Mavi Marmara, navire amiral de la flotte. Ils ont ouvert le feu, tuant neuf militants turcs et faisant de nombreux blessés, avant d’aborder les autres navires. 

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