[Jeu de cartes] De l’autre côté de la frontière 🔒

Cette semaine dans « Jeu de cartes », notre chronique hebdomadaire toute en cartes, nous avons décidé de vous parler de migrations, et ce un peu moins d'un mois après la Journée internationale des migrants. Pourquoi ? Car à l'heure où ces réalités, incontournables, demeurent en bonne place dans l'actualité française de ce début d'année, nous avons jugé qu'il était bon de rappeler quelques faits qui permettent de comprendre de façon plus éclairée ce sujet si émotionnellement et politiquement chargé. Pour ce faire, nous nous appuierons notamment sur un édifiant rapport du Forum économique mondial (FEM).

Shampoings, cigarettes, couches, pyjamas… Des "femmes mules" rapatrient toutes sortes de précieuses marchandises de Melilla, ville espagnole en territoire marocain, jusqu’au Maroc. Une contrebande tolérée grâce à laquelle elles toucheront quelques dirhams. (Photographie de Johann Prod'homme issue du reportage publié sur 8e étage "À flanc de falaise, rencontre avec les clandestins de Melilla")
Shampoings, cigarettes, couches, pyjamas… Des "femmes mules" rapatrient toutes sortes de précieuses marchandises de Melilla, ville espagnole en territoire marocain, jusqu’au Maroc. Une contrebande tolérée grâce à laquelle elles toucheront quelques dirhams. (Photographie de Johann Prod'homme issue du reportage publié sur 8e étage "À flanc de falaise, rencontre avec les clandestins de Melilla")

En France, nul doute qu'en 2018 la question migratoire, qui a largement occupé la parole politique ces dernières années, demeurera au cœur de l'actualité, entraînant son lot d'inquiétudes, justifiées ou non, et de débats de société.

Lundi 8 janvier, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) annonçait qu'en 2017 le nombre de demandeurs d'asile en France avait dépassé la barre historique des 100 000 personnes. Un chiffre symbolique qui vient confirmer que l'hexagone demeure l'un des pays où l'on demande le plus l'asile en Europe. Gageons qu’il ne manquera pas d'alimenter la discussion, alors que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb devrait présenter son projet de loi sur l'asile et l'immigration en Conseil des ministres en février prochain.

Il est aisé d'oublier que ces demandeurs d'asile qui rêvent d’Europe ne constituent en réalité qu'une infime partie des flux migratoires mondiaux. En effet, selon les estimations du département des affaires économiques et sociales des Nations unies (UN DESA), on recensait dans le monde 244 millions de migrants internationaux en 2016 — des estimations plus récentes estiment que le chiffre serait plus proche des 258 millions en 2017 — et 763 millions de migrants internes (NDLR, se déplaçant au sein d'un même pays) en 2013. Nous pouvons donc estimer qu'environ une personne sur sept dans le monde est un migrant de nos jours. C'est par ce rappel que débute le rapport « Migration and Its Impact on Cities » du Forum économique mondial (FEM) publié en octobre dernier, sur lequel se base cette chronique. Notons qu'il serait possible de réaliser une chronique entière sur les migrations internes, nous avons cependant choisi de nous concentrer aujourd'hui sur ceux qui cristallisent actuellement le débat : les migrants internationaux.

Pourquoi ces être humains se déplacent-ils ? Comme l'explique l'ONU, on recense de multiples raisons et si la plupart de ces migrations sont « motivées par des raisons économiques », il ne faut pas oublier que « des conflits, des violences, des persécutions, des répressions politiques et d'autres violations graves des droits de l’homme figurent parmi les principales causes des mouvements de réfugiés et de déplacés ».

On le voit bien, cela n'a guère de sens de parler « des migrants » comme d'un groupe homogène ou d'avancer qu'il existe une unique « crise des migrants », comme on le voit encore trop régulièrement dans les sphères médiatiques et politiques. Certains migrants internationaux ont quitté leur pays par choix, pour partir étudier à l’étranger ou rejoindre des membres de la famille. D'autres encore ont pris cette décision dans le cadre d'une recherche d'emploi ou de moyens de subsistance, ou tout simplement afin d'assurer un meilleur avenir à leurs enfants. Rajoutons à cela la multitude de ceux qui se voient contraints de partir « pour fuir la criminalité, la violence, les conflits, la persécution, l’insécurité, la discrimination, les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement, ou encore la pauvreté ».

En novembre dernier, nous vous présentions « Earth Timelapse », une instructive visualisation de données du think tank brésilien Institut Igarapé illustrant graphiquement les mouvements de millions d'être humains (toutes catégories confondues) entre 2000 et 2015 dans le monde. Aujourd'hui, c’est à l’aide d’une série de cartes, publiée en fin d'année dernière dans un rapport du FEM, et illustrant les principales routes suivies par les migrants, que nous nous proposons de briser quelques idées reçues sur les migrations internationales.

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