Les Samoa américaines misent sur “une décharge plus belle” pour lutter contre les ordures

Comme chaque vendredi sur 8e étage, nous vous proposons « l’improbable ». L’idée : gratter le vernis anecdotique d’une information qui pourrait à première vue prêter à sourire pour en révéler des aspects que nous considérons dignes d’intérêt.

(Photo Flickr/ wastebusters)
(Photo Flickr/ wastebusters)

Les Samoa américaines, territoire non incorporé et non organisé des États-Unis situé en Océanie, n’avaient que deux ans pour réagir : la décharge à ciel ouvert de Futiga, la seule de ce petit État comprenant cinq îles abritant près de 55 000 personnes, était en effet sur le point d’atteindre le la limite de ses capacités. Visiblement incapable de trouver un autre site de stockage, la American Samoa Power Authority (ASPA), l’entreprise de service public responsable de cette question, a décidé que la meilleure solution face à l’urgence était encore de recompacter les ordures, comme nous l’apprend un récent article de Radio New Zealand.

Ce faisant, l’ASPA considère que la décharge pourra demeurer opérationnelle une quinzaine d’années de plus. Selon elle, le recompactage permettra d’élimer de nombreuses poches d’air qui faisaient perdre beaucoup de place. Selon Paul Young, un porte-parole de l’ASPA, le procédé éliminera également une bonne partie des mauvaises odeurs qui se dégageaient jusqu’alors de la décharge, tout en permettant au territoire d’économiser beaucoup d’argent en réduisant les risques d’incendie. « Vous allez à la décharge et vous voyez qu’elle est beaucoup plus belle, pour une décharge, et elle ne sent plus aussi mauvais qu’avant », a-t-il ainsi déclaré, sans sourciller, sur les ondes de Radio New Zeland.

Cependant, comme l’explique la BBC, le recours à ce type de solution à court terme ne règle en rien le plus large problème des déchets plastiques qui constituent un défi majeur dans de nombreux petits pays et territoires du Pacifique. Malheureusement, une partie non négligeable de ces déchets termine actuellement sa course dans l’océan et engendre des effets catastrophiques sur les écosystèmes locaux.


Aux Samoa américaines, les autorités sont pourtant depuis longtemps au courant de la nécessité de réduire la quantité de déchets rejetés par les habitants. En 2014, l’ASPA avait ainsi passé un contrat avec une entreprise privée qui s’est engagée à convertir 62 tonnes de déchets par jour en biodiésel, ayant le potentiel de générer 15 millions de kilowatts-heure d’électricité par an. Ce faisant, la décharge de Futiga devait accueillir près de 90% de déchets en moins.

Pendant ce temps, l’État indépendant des Samoa, voisin occidental des Samoa américaines multiplie les appels à ses citoyens, les encourageant à produire moins de déchets plastiques et à ne plus brûler leurs ordures, comme le rapporte le Samoa Observer. Les premiers résultats y semblent encourageants. De plus en plus d’habitants des Samoa y délaisseraient les sacs plastiques et autres bouteilles modernes au profit de paniers et d’autres récipients fabriqués à partir de ressources naturelles.

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