États-Unis : Un donneur d’organe sur 8 est décédé d’une overdose

Une nouvelle étude américaine publiée dans la revue scientifique Annals of Internal Medicine révèle que, de nos jours, un organe sur huit utilisé dans le cadre d’une greffe aux États-Unis aurait été prélevé sur une personne morte d’une overdose.

(Photo Flickr/ep_jhu)
(Photo Flickr/ ep_jhu)

En l’an 2000, aux États-Unis, seul 1% des donneurs d’organe avaient succombé à une overdose. En 2016, ils représentaient 12,7% de la totalité des donneurs. Ces statistiques difficilement croyables sont issues d’une étude publiée par une équipe de chercheurs de l’université John Hopkins, située à Baltimore, dans le Maryland, dans la très sérieuse revue scientifique américaine Annals of Internal Medicine. Il y est précisé que pour arriver à ces conclusions, ses auteurs ont examiné près de 340 000 greffes d’organes s’étant déroulées aux États-Unis entre 2000 et 2017.

Vice News ajoute dans un article qu’il n’est pas précisé dans l’étude quelle est la part de ces donneurs décédés à la suite d’une overdose liée à une surconsommation d’opioïdes. Rappelons que, comme nous vous l’expliquions déjà dans un de nos articles en février dernier, la consommation excessive d’antidouleurs serait responsable d’environ deux tiers des 64 000 morts par overdose recensées en 2016 aux États-Unis, soit 22% de plus que l’année précédente. Selon le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, le pays « perdrait une personne toutes les 12,5 minutes à cause d’une overdose d’opioïdes ».

Pragmatique, Christine Durand, professeur adjoint à la Faculté de médecine et d’oncologie de l’université Johns Hopkins et directrice de l’étude, a déclaré sur les ondes de CNN que bien que cette « épidémie de morts par overdose soit une tragédie », il serait tout aussi tragique « de sous-utiliser ces greffes d’organes en provenance de donneurs ayant le potentiel de sauver des vies ».

Le fossé entre le nombre de personnes nécessitant une greffe d’organes et celles amenées à recevoir un jour une greffe d’organes demeure très important. En début de semaine, près de 115 000 personnes demeuraient toujours en attente d’une greffe qui leur sauverait la vie aux États-Unis, à en croire l’Organ Procurement and Transplantation Network (OPTN). Pourtant, depuis le début de l’année, moins de 8600 personnes ont pu bénéficier d’une transplantation. Selon l’ONG américaine United Network for Organ Sharing, près de 20 personnes décéderaient chaque jour aux États-Unis faute d’avoir reçu une greffe à temps.

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1 commentaires

  1. Anne 6 mois ago

    Augmentation de 1% à 12,7% = 24 fois plus?!? Y a pas un petit problème de calcul là ? 😉

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