San Francisco, joyau déchu du cinéma porno

C’est la fin d’une ère pour le cinéma porno sado-maso. Les studios de la société de production Kink, installés dans un château centenaire en plein cœur de San Francisco, déménagent. En dix ans, les multiples pièces de l’Armory ont abrité des scènes de sexe et de soumission qui n’ont rien à envier à Cinquante Nuances de Grey. Avant que l’endroit ne fasse peau neuve pour accueillir des événements ouverts à tous, et plus lucratifs, 8e étage lève le voile sur des décors connus des seuls initiés.

(photo Frederic Neema/8e étage)
(photo Frederic Neema/8e étage)

« Dans le milieu, nous l'appelons le porn castle ! », revendique Dusty tout en trottinant dans les escaliers qui mènent au sous-sol du château. «Fierce as fuck » (diablement féroce), peut-on lire, en lettres majuscules, sur son petit haut assorti à un legging vert luisant. La jeune femme connaît le château comme sa poche. Cela fait deux ans qu’elle organise des visites pour « déstigmatiser ce qui se trame ici, car ce n’est pas très accepté socialement ».

Dans un couloir sombre, Dusty pousse une lourde porte blindée. Au milieu de la pièce, une structure en bois dotée d’une poulie trône à côté d’une petite cage en ferraille. « Ce plateau s’appelle Hogtied » (pieds et poings liés, en français), présente notre guide, qui est aussi « modèle » pour les sessions webcam de Kink Live. Le nom de la cellule se veut sans équivoque : toutes les productions filmiques de Kink sont dévouées au cinéma porno sadomasochiste. Et c’est à l’Armory, un monument historique, que l’entreprise a bâti une grande partie de son empire.

Pieds et poings liés. (photo Frederic Neema/8e étage)
Pieds et poings liés. (photo Frederic Neema/8e étage)

« Nous nous trouvons dans une ancienne salle de stockage de munitions », dévoile Dusty. Avant de devenir l’un des lieux mythiques de l’industrie pornographique, l’ancien arsenal militaire de San Francisco était la propriété de la Garde nationale de 1940 à 1970. Lorsque Peter Acworth, l’actuel propriétaire et fondateur de Kink, le rachète en 2006 pour 14,5 millions de dollars, l’édifice est inoccupé depuis une trentaine d’années. « Il allait finir par être démoli », souligne l’Américaine qui lance, sourire aux lèvres, « au moins, ces dix dernières années, le château a été exploité dans ses moindres recoins ! »

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