[Récit] Vous me pensez surdoué, je me considère incapable : dans la tête d’un enfant zèbre

 Je sais que je suis différent. Je ne pense pas comme les autres garçons de mon âge. Personne n’est comme moi et je ne suis comme personne. Je ne suis pas mieux, même si on m’appelle à tort « surdoué », et je me sens souvent plus nul que nul. Je suis un enfant-zèbre. [Récit par Daisy Lorenzi]

Illustration par Fanny Fage ( Fanny Fage/8e étage)
 Illustration par Fanny Fage ( Fanny Fage/8e étage)

Je m’appelle Thomas. Comme tous les garçons 12 ans, je suis en cinquième. Et pourtant, je ne m’y sens pas à ma place. À vrai dire, je m’en fiche, car ça ne m’intéresse pas de rentrer dans un moule, mais à force de ne correspondre à aucune case, j’ai fini par déborder de tous les côtés, à déranger et à détonner encore plus. Alors l’an dernier, on m’a « testé » et le diagnostic est tombé : « enfant intellectuellement précoce » (EIP) ou « haut potentiel intellectuel » (HPI).

Ne dites pas surdoué. C’est faux, en plus de donner l’air d’être prétentieux. Oui, mon QI est supérieur à 130 – comme seulement 2 % de la population – pourtant ce n’est pas une question d’intelligence. Je ne suis pas « en avance », ni plus intelligent. Je suis intelligent différemment. Il suffit de prendre mes résultats scolaires pour s’en convaincre : je suis un cancre. Chez moi, la performance est une angoisse. J’ai besoin de tout comprendre et si je ne comprends pas, c’est forcément parce que je suis trop stupide. D’après ma mère, il ne passe pas un jour sans que je répète dix fois : « je suis trop nul ».

Illustration par Fanny Fage ( Fanny Fage/8e étage)
Illustration par Fanny Fage (Fanny Fage/8e étage)

À l’école, je peux avoir des notes catastrophiques comme crever le plafond si j’aime une matière ou un professeur. Le plus souvent je suis simplement bon, sans faire d’effort. Sur mon bulletin de notes, on me décrit « tête en l’air », avec une « attitude au travail très décevante » même si j’ai 14,5 de moyenne. Mes professeurs me trouvent souvent impertinent. Ils pensent que je n’écoute pas, car je fixe le plafond, tripote ma trousse sans arrêt : cela m’aide juste à me concentrer, comme de faire mes devoirs avec la télévision allumée. Ils me punissent quand je ne note pas les corrections sur ma feuille : mais pourquoi le faire puisque j’ai compris mon erreur ? Et en contrôle, les intitulés m’ordonnent de « justifier ma réponse » : mais que justifier puisque j’ai donné la bonne réponse ?

Illustration par Fanny Fage ( Fanny Fage/8e étage)
Illustration par Fanny Fage (Fanny Fage/8e étage)

« Trop intelligent pour être heureux »

Qu’il s’agisse d’exercices de mathématiques ou d’interactions sociales, j’ai du mal à comprendre ce que l’on attend de moi alors que j’en ai les capacités. Maman dit que « malheureusement », la vie d’un zèbre est compliquée, qu’il s’agit d’une remise en question permanente. « Trop intelligent pour être heureux » dit un livre.

Je ne suis serein qu’avec des certitudes. C’est pour cela que je passe mon temps à demander « pourquoi », « comment », à vouloir tout savoir, à m’assurer que l’on me dit la vérité, à vérifier qu’on ne m’a pas fait marcher en redemandant inlassablement dix fois la même chose. Je suis pénible et les autres supportent difficilement la manifestation de ces angoisses. De toute manière, je n’ai pas vraiment d’amis. Lorsque l’on dit être haut potentiel intellectuel (HPI), les autres s’en fichent ou nous accusent de nous « la péter ». Alors je n’en parle pas. De toute manière, je n’ai pas besoin d’amis. Et pour cause : je me suis créé un monde imaginaire, mon refuge, bien mieux que la réalité. Ne cherchez pas à savoir à quoi il ressemble, c’est mon monde, le mien. Je ne le partage avec personne.

Illustration par Fanny Fage (Fanny Fage/8e étage)
Illustration par Fanny Fage (Fanny Fage/8e étage)

Un jour, mon professeur de sport a dit devant tous mes camarades que j’étais autiste. Ça m’a mis en colère. D’accord, j’ai souvent du mal à coordonner mes mouvements, car je suis dyspraxique. C’est vrai, je présente aussi des « troubles autistiques ». On les devine à mes gestes et mon comportement quand je m’ennuie ou face au stress. Il est de toute manière rare qu’une personne HPI ne souffre pas de « dys-quelque chose » : dyspraxie, dyslexie, dysphasie… Et puis il y a les phobies : légère, comme celle des araignées, ou plus lourde, comme la claustrophobie et l’agoraphobie dont souffre ma mère – elle aussi HPI, comme mes deux petites sœurs.

Ma mère, mes sœurs et moi

À la loterie génétique, nous avons tous hérité de cette spécificité maternelle. Pourtant nous ne sommes pas pareils : je suis doué en maths, mes sœurs sont des littéraires. Léa, 9 ans, sait se faire plein d’amis et déborde d’empathie : elle pleure à la place de ceux qui se font engueuler ou se blessent. Moi, je dis souvent des choses méchantes, mais sans en avoir l’intention : les sentiments des autres me sont étrangers.

Avec ma mère, nous partageons une relation particulière : nous comprenons nos réactions, nos pensées, de manière limpide. Une relation dont sont de fait exclus mon père et les gens « normaux ». Pourtant, même pour ma mère ce n’est pas évident et si notre phrase fétiche est « je suis nul », la sienne – comme celle de tous les parents zèbres parait-il – est « je n’en peux plus ». Nous réclamons une attention constante : d’inlassables questions pour ma part (est-ce que je peux faire ça, ci ? Pourquoi telle chose est ainsi ? Comment fait-on cela ?), des demandes de câlins en permanence pour ma sœur, dite « pot de colle ». Être ou côtoyer un zèbre est épuisant.

Illustration par Fanny Fage ( Fanny Fage/8e étage)
Illustration par Fanny Fage (Fanny Fage/8e étage)

Mais cela peut aussi être extrêmement stimulant. C’est s’intéresser à un milliard de sujets pour peu qu’ils éveillent ma curiosité : sauter de joie à l’idée de nouvelles expériences en cours de physique-chimie, interroger ma mère pendant des heures sur un évènement historique… Quand m’a mère m’a forcé à lire Les Fourmis, de Bernard Werber, j’ai d’abord rechigné. Puis j’ai dévoré la trilogie en une semaine. Pour les 400 pages de Voyage au centre de la Terre il ne m’a fallu qu’une soirée. Si j’en avais la possibilité, je lirais jour et nuit, mais ma mère ne le voit pas du même œil.

Enfin, être zèbre, c’est avoir une créativité foisonnante, une intuition si fiable qu’elle en serait presque paranormale. De l’ouïe au toucher, mes cinq sens sont plus développés : parfois pour le pire (vous n’imaginez pas ce que me coûte de faire la bise), mais parfois pour le meilleur. J’apprends encore à maitriser tous ces aspects turbulents de ma personnalité. Mais j’ai déjà une chance : avoir été diagnostiqué haut potentiel tôt. Ce que beaucoup ignorent toute leur vie.

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79 commentaires

  1. Sany-Meî 2 années ago

    C’est magnifiquement décrit mais juste un petit point me dérange, autiste..ça ne devrai pas être « mal perçu », ou un mot qui fait mal. On peut toutà fait être à la fois surdoué, et autiste, dys, etc…et pourquoi ce rejet du mot autiste? c’est à cela qu’on doit travailler aujourd’hui, respecter la neurodiversité, toutes les formes de neurodiversités, surdouance, mais aussi autismes, tda, dys, hyper..
    Je suis moi même autiste asperger et surdouée, et légerement tda…mes enfants sont atypiques, l’un est tqhi et certainement TSA..mais pourquoi est ce si dur d’en parler? c’est encore tabou, dérangeant, dans les établissements scolaies (nous on a eu bcp de chance mais je lis des parcours affreux) etc. Je ne parle même pas du ressenti des gens en terme d’autisme.je préfère m’arrêter là.
    Mais c’est symptomatique de cette société dite « moderne » et soi disant ouvrete à la différence, mais telment conformiste et peu ouvete à l’information! on écoute même aps les gens concernés (oui les auitistes ou les surdoués parlent, écrivent, vivent..au coin de la rue, près de chez vous..)et on écrit des bouquins pour en parler sans vraiment comprendre de l’intérieur…

    merci, bonne journée.

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    1. Marie 2 années ago

      Je suis complétement d’accord avec vous, le terme « autiste » ne devrait pas être mal perçu, tout comme le terme « surdoué » ne devrait pas être apparanté à « prétentieux »… mais malheureusement ça l’est ! Il faut espérer que des articles comme celui ci deviennent un peu plus nombreux, que les surdoués ne soient plus sytématiquement présentés comme des bêtes de foire, capables de calculer la racine carré de 3585924624 de tête en deux secondes et demi et que les autistes ne soient plus perçu comme des gens bizaroïdes incapables de faire autre chose que de se balancer d’avant en arrière tout en calculant la racine carré de 3585924624 de tête en deux secondes et demi… bref, il faut espérer que la société évolue et soit capable d’intégrer la richesse de ces différences et des articles comme celui ci vont dans le bon sens !

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      1. Karine 2 années ago

        Ce n’est pas forcément parce que c’est perçu de manière négative (même si ça peut être le cas en certaines occasions). Peut-être qu’il est juste agaçant, si déjà on doit absolument être étiqueté, de l’être avec une étiquette qui ne vous correspond pas. Que les gens se contentent pour vous aborder d’un à-peu-près qui vous maintient à distance.

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  2. Sany-Meî 2 années ago

    (Je mexcuse pour les fautes de frappe…)

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  3. Alexandra Z. 2 années ago

    Merci pour ce très joli texte, & ces superbes illustrations ! 😉

    Signé une zèbre, éleveuse de zèbre qui tribule ^^
    Alexandra
    http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com

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    1. grunbergen 7 mois ago

      lol

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    2. grunbergen 7 mois ago

      lol pas très originale pour une zèbre, tu écris les mêmes choses partout …

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  4. Nadine Kirchgessner 2 années ago

    Très beau texte mais il aurait fallu titrer « dans la tête d’un enfant à haut potentiel en échec et en mauvaise estime de soi ». Car il a 12 ans et est en 5 eme alors qu’il devrait être dans une ou deux classes au-dessus. Et malheureusement, c’est ce qui explique une telle dépréciation de soi ainsi que la dyspraxie. Il n’est pas juste de dire que rares sont ceux qui n’ont pas de « dys » associés. Ne généralisons pas ! Des surdoués heureux il y en a !
    Vous pouvez lire pour vous en convaincre « Des femmes surdoués » et Planetesurdoues.fr

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    1. Marie 2 années ago

      La dyspraxie est un trouble « physique » et non psychologique qui n’a strictement aucun rapport avec le saut de classe ou non. De plus, le saut de classe n’est pas quelque chose qui doit être systématiquement appliqué aux « surdoués », cela doit être reflechi au cas par cas et être avant tout le reflet de la volonté de l’enfant, il me parait donc difficile de conclure qu’il soit la cause de tous ses maux… et j’ajouterai que si vous connaissez bien le sujet vous conviendrez sans aucun doute que les malheurs et la « dépréciation » sont parfaitement fluctuants chez les zèbres qui peuvent passer du rire aux larmes, du bonheur absolu au désespoir le plus noir en l’espace de quelques heures si ce n’est minutes !
      Et pour terminer sur une note joyeuse, je suis parfaitement d’accord avec vous pour dire qu’il existe des surdoués heureux… mais ça dépend des jours 😉

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      1. Nadine Kirchgessner 2 années ago

        La dyspraxie ( trouble défini par une perturbation marquée du développement de la programmation et exécution motrice) interférant avec la réussite scolaire ou les activités de la vie quotidienne) comme la dyslexie (troubles dys) ont pour conséquence une baisse d’estime de soi. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ce que je voulais dire. Malheureusement, en France, le saut de classe, CP anticipé, est encore la meilleure solution, je ne dis pas du tout qu’elle est idéale. Et je ne vous rejoins pas dans le fait que tous la dépréciation des surdoués soit si fluctuante. Je crois que nous ne connaissons pas les mêmes enfants ou les mêmes personnes à haut potentiel. Je connais un peu le sujet, et pour ceux que je connais le mieux, ils ont une maîtrise d’eux-mêmes. Il faudrait cesser les caricatures. Terman, aux USA, en a eu conscience …en 1940…
        Je voulais corriger la faute d’orthographe à « surdouées » dans le précédent commentaire. Merci !

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        1. Caroline 2 années ago

          Terman, Terman… Oui, OK, c’est l’étude princeps incontournable, mais ne pas oublier les petits problèmes méthodologiques… comme le fait que les enfants de l’échantillon ont d’abord été désigné-e-s par leurs enseignant-e-s comme étant les plus intelligent-e-s (on peut imaginer un petit minuscule biais de sélection, l’instit’ n’ayant pas forcément repéré comme « gifted » le-la gamin-e qui dépérit au fond de la classe).

          Je ne sais ce que vous désignez par « maîtrise d’eux-mêmes » mais il y a évidemment des personnes HPI heureuses, d’autres drôlement moins, des adaptées à la société (ou plutôt vice-versa, on est d’accord, hein), d’autres carrément pas, des lumineuses, des sacrément atteintes, des franchement antipathiques…

          Petite NB sur ce très joli texte : le HPI c’est quand même, aussi, une question d’intelligence (intensité intellectuelle, qui bien sûr ne se traduit pas toujours par bonne performance/adaptation au système scolaire, loin de là). Là où il y a erreur, c’est quand on croit qu’on préjuge ainsi de la valeur de la personne…

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      2. bbenvaldo 2 années ago

        Tout à fait d’accord 😉

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    2. Ether 2 années ago

      12 ans -> 5eme : juste la « norme » – mot qui m’énerve au plus haut point depuis que mes enfants sont scolarisés. Ce n’est pas ni un élève en retard ni en avance par contre c’est un élève pour lequel la société et le système scolaire sont la majorité du temps inadapté.
      HPI n’est pas synonyme de saut de classe !!!

      Merci pour ce magnifique témoignage 😀 – une maman de zèbre

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      1. grisargenté 9 mois ago

        Tout à fait ! Maman de deux enfants HP, le premier n’a pas sauté de classe (l’enseignement étant, de toute façon inadapté, j’ai pensé qu’il serait préférable pour lui de rester avec les enfants de son âge). Le second a sauté deux classes et ne s’est pas senti « mieux » pour la cause. Il y a toujours eu un « décalage » avec ses condisciples. Il ne disait jamais sa date de naissance, ne parlait pas de sa douance … Deux années qu’il a « perdues » plus tard car il était en échec scolaire !!!

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  5. Pingback: Vous me pensez surdoué, je me considère incapable : dans la tête d’un enfant zèbre | Le zèbre masqué

  6. Gol 2 années ago

    Juste merci.

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  7. Marie 2 années ago

    Merci pour ce très bel article et ces très jolies illustrations… bon j’ai un peu l’impression de copier Alexandra mais en même temps…

    Signé une zèbre éleveuse de zèbres (aussi ! LOL)

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  8. Agnes 2 années ago

    superbe et SI realiste, formidable!
    Merci.
    Une maman zebre de 4 zebres

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  9. monpalin 2 années ago

    très bel article dans lequel je me retrouve et retrouve mes enfants…

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  10. Vefa 2 années ago

    Merci pour ce texte si révélateur… Mes enfants ne sont pas dépistés mais je les suppose zèbres eux aussi. Ma plus jeune avec une quasi-certitude tellement elle nous sollicite et va vite dans ses raisonnements… Quand je lis ce témoignage, je ne peux m’empêcher de penser à mon fils aîné et je me pose une question : un dépistage positif l’aiderait-il à mieux être ? je le sais différent mais lui ne le reconnaît pas, c difficile à expliquer : comme un décalage entre ce que son entourage voit et sa perception de lui-même… Je le soupçonne aussi de refuser cette différence et de vouloir faire comme si elle n’existait pas… Bref, je suis un peu perdue… Les deux autres expriment plus facilement leur décalage…

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  11. Alfe 2 années ago

    Maman d’un zèbre dyspraxique qui n’a pas sauté de classe…..j’apprécie particulièrement ce texte qui montre bien la complexité de ces enfants « intelligents autrement »

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  12. saint lot elodie 2 années ago

    Merci pour ce très beau texte et tellement vrai…pour beaucoup c’est ainsi, pour d’autres c’est moins intense mais la plupart du temps vrai tout de même. J’ai évidement la larme à l ‘oeil, les zebres doivent aussi retenir les leurs. Je rêve d’une école ou les cases disparraisent, ou les enfants pouraient apprendre avec plaisir et motivation selon leurs gouts et leur rythme…cette école arrive, le grand chambardemant se prépare, attention soyons pret à nous mobiliser ! En attendant combien d’enfants, d’ado et d’adultes continueront à souffrir, broyés par la moulinette de lécole républicaine, standardisée, hierarchisée… Heureusement qu’il existe de « bons profs » mais ils sont si rares. Je me permets de me saisir de cet écrit pour échanger avec mes petits zèbres patients, merci, Elodie psychologue

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  13. Ludovic 2 années ago

    Je me reconnais largement dans ce texte, dans la description des souffrances intellectuelles liées à l’incompréhension des autres, et en tout particulier de l’école. Mais pourquoi « zèbre » ?

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    1. Marie 2 années ago

      Zèbre est le nom donné par Jeanne Siaud Facchin à tous les surdoués, haut potentiel, intellectuellement précoce… pour l’explication complète et détaillée http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/07/11/pourquoi-le-nom-de-zebre/

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  14. effie 2 années ago

    Bonsoir,
    Encore un texte, très beau, mais très tristre… mes 2 zebres sont parfaitement heureux, l’un à plus de 130 et l’autre à plus de 140, ils sont suffisamment intelligents pour comprendre que si « ils doivent justifier une réponse », c’est parce que c’est la regle du jeu, et puis c’est tout… tout le monde respecte des regles, et c’est à eux de « faire avec » leur différence. Ils ont la chance d’être dans une école où chaque enfant va à son rythme, où les maitresses répètent toute la journée qu’ils sont là pour se tromper, sinon, elles ne serviraient à rien… juste pour dire que l’échec et la souffrance ne sont pas une fatalité, il y a de l’espoir :-)

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  15. Ermeline 2 années ago

    Très beau texte qui me parle…

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  16. debaene 2 années ago

    je m appelle loris j ai 13 ans et quand je lis ca j ai l impression de l avoir ecrit. Il y a quelle que diferences, normale mais plus de le moitier dans ce recit me decrivent. Merci aux personnes qui on publier ce texte, qui reponds a certaines de mes questions

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    1. Laurant Delphée 1 année ago

      Je m’appelle Delphée j’ai 12 ans je suis en 6 ème (je suis née en févrillé) et en fin CM1 j’ai été dit « surdouée » (avec un QI de 10 de + que la moyenne) je ne veux pas être ça j’ai honte de moi (je suis la plus nulle de ma classe pour tout les sport sauf natation et danse contemporaine, je réagis émotionellement comme un enfant de 4 ans et j’ai souvent étais bouc-émissaire).A quoi sert d’être zébre si on doit cacher ça pour soit, qu’on nous dit débile ou âge mental=1 ans et qu’on ce sans « nulle ».Au départ j’étais contente mais j’en ai marre d’être toujours + ou -.La seule chose que j’aime dans le « haut potentiel » c’est d’avoir un talent artistique être intuitive et d’avoir une meilleure magnière de penser les chose.Et en plus il a fallut que je sois à part dans les zébre car je suis une fille et je correspond + à un garçon précose. Je me répete en boucle « pourquoi moi? »!

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  17. Melissa Neves 2 années ago

    Superbe texte dans lequel je me suis un peu reconnue…J’étais et je suis toujours une personne différente. Je suis dyspraxique, dyscalculique et de surcroît avec un joli TDA/H qui couronne le tout. On me pense aussi HP, mais pas encore la certitude absolue. Toute ma vie j’ai été cette gosse pas comprise des autres, différente car complètement décalée à tous les niveaux. Ce n’est qu’en février 2013 que j’ai appris qui j’étais vraiment, après presque vingt ans de souffrance dans un système scolaire qui nous est inadapté. Presque vingt ans à tenter de comprendre pourquoi dans certaines matières je pouvais faire exploser les scores ou alors dans les autres pourquoi une tendance systématique à l’échec profond. Presque vingt ans à pleurer en silence dans les tréfonds de son coeur, presque vingt ans à souffrir de ne pas avoir pu obtenir la réponse plus tôt du pourquoi je me sentais différente. Presque vingt ans à se faire rejeter de ses « camarades » de classe car trop bizarre et extraterrestre à leurs yeux, je n’en valais pas la peine, « trop intello pour nous, ça nous fait ch… ». Alors j’ai dit tant pis. Je me suis renfermée sur moi-même comme une huître. Silence complet. Tout garder pour soi. Ne rien dire et attendre que tout ça passe. Jusqu’au jour du burn out. Paf ! J’avais un énorme paquet qui devenait trop lourd sur mes épaules. Le jour où il a cédé ça a fait un bruit monstrueux dans ma tête. Incapable d’être heureuse ou de sourire, plus manger, insomnie chronique…A 20 ans, quel avenir allais-je avoir si je persistais ? J’étais perdue.Je n’avais plus envie de vivre, à quoi bon si toute ma vie n’avait été faite que d’échecs retentissants ?

    Et puis j’ai fini par retourner à l’école, j’ai eu mon diplôme par la petite porte…Ce qui m’a grandement réconciliée. Mais le plus fort était à venir…Quelle surprise en faisant un jour cette recherche anodine sur Google pour mes stages en classe…Je me destinais à être prof ! Drôle d’ironie du sort !

    J’ai cliqué sur un lien parlant des troubles dys.Jusque là, je ne connaissais vaguement que la dyslexie, et encore…J’ouvre l’onglet « dyspraxie »…Boum ! C’était moi, j’en suis sûre, dont on parlait dans ce texte, c’était pas possible autrement ! Au plus je faisais mes recherches, au plus je comprenais que je mettais le doigt sur « tout ça »…Plus tard vint le TDA/H, puis la dyscalculie.

    J’ai enfin pu apprendre à me réconcilier avec moi-même. Je vais bien mieux aujourd’hui. J’étudie les langues modernes, je suis une pure littéraire assumée.

    Même si la vie m’a faite comme ça et que ma condition fait de moi parfois une paria, j’aime les talents qu’elle m’apporte. Je sais qu’un jour j’aurai ce master dont je rêve.

    C’est une lutte acharnée. Mais je gagnerai la partie, je le veux !

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    1. Emilie 2 années ago

      =) Parce que ça fait tellement de bien… Merci à vous.
      Une petite zèbre.

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  19. Éloïse Gros 2 années ago

    Être zèbre, c’est un handicap. Un handicap que personne ne veut prendre en compte. On souffre d’être en décalage, pour peu qu’on ait besoin d’être entouré.
    Les autres ne comprennent pas ce que l’on dit, et visiblement on ne comprend pas ce que disent les autres.
    On passe pour des fous ou des connards. Je ne sais toujours pas ce qui est préférable…

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    1. Olivia 1 mois ago

      Je ne suis pas tout a fait d’accord avec vous… Je suis zèbre, je le sais depuis 3 ans. Il y a bien une différence avec les autres qui est considérable, mais je ne pense pas que ce soit un handicap. Pour moi, c’est simplement une manière différente de penser.

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  21. pauline 2 années ago

    bonjour
    je suis la maman de 2 petits zébres
    j’ai lu cette article avec empressement et j’ai voulu le partager… malheureusement il faut maintenant payer !!!!
    dommage qu’un article si intéressant devienne un simple objet mercantile !!!!!!

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    1. Daisy (auteur) 2 années ago

      Bonjour Pauline,
      Je suis contente que l’article ait pu vous plaire. Il faut savoir que 8e étage est un très, très, jeune pure player qui se lance dans cet univers de fauves sans les moyens des grands mastodontes en face. Certains articles passent donc en payant après quelques jours : pour le lecteur, la somme demandée n’est pas si grande, et surtout c’est une manière de tenter de financer cette belle aventure 😉 Je peux comprendre que vous n’adhériez pas à cette politique, mais si vous avez apprécié notre travail, surtout ne vous retenez pas de le partager ! Ce sont les partages précédents qui ont permis à d’autres lecteurs de découvrir le site et ses articles.
      J’arrête mon lyrisme (!) et j’en profite pour remercier (avec du retard), vous et toutes les personnes qui ont pris le temps de commenter, de lire et de partager cet article :)

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  22. Pingback: Il paraît qu’on dit zèbre… | laplumerousse

    1. Maxime Lelong 2 années ago

      C’est parfait 😉

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  23. Pingback: Entretien avec Maxime Lelong, rédacteur en chef de 8e étage

  24. Weblicious 2 années ago

    Très joli texte qui m’a fait sourire parce qu’on y reconnait je pense tous un peu nos enfants, mais qui en même temps m’attriste. Pourquoi effectivement la société veut-elle absolument nous mettre dans des moules, et dès qu’un enfant est différent, le caser quelque part ? Mon fil de (pas encore) 8 ans est en 3ème primaire, fait du solfège, du sport… parce qu’on nous a conseillé de l’occuper un max (c’est un enfant qui s’ennuie vite nous a-t-on dit à l’école). Au solfège il travaille super bien, mais selon son prof, n’écoute pas et ne participe pas (il joue constamment avec sa trousse ou ses stylos). Mais dès qu’un exercice doit être fait, c’est fait nickel et sans faute ! Sans effort, et sans travail à la maison …. Le prof nous a convoqué et nous a dit « Il est quoi votre fil ? hyperkinétique ? HP ? » comme ça, comme si, d’office il fallait le cataloguer… J’ai demandé au prof, pose-t-il problème en classe? est-il turbulent ? est-ce qu’il dérange les autres ? non … alors où est le souci ? pourquoi absolument vouloir lui mettre une étiquette ? Ne peut-on juste pas composer avec son caractère, ses différences ? Je trouve ça dommage de devoir identifié, nommé et cataloguer leurs différences qui au final en font leurs richesses. Ce que j’en dis en tant que maman, c’est que mon fils est un petit garçon génial, il est drôle, il a de l’esprit, du répondant et est curieux de tout. Alors vraiment la société doit s’adapter pour ne pas détruire la différence et la curiosité des enfants afin de ne pas finir avec une génération de dépressifs. Si les enfants différents sont peu sûrs d’eux, c’est avant tout à cause de la société qui veut à tout pris les « marquer » comme différents. Si simplement nous, les adultes, les acceptions comme ils sont, et bien ils n’auraient pas tous ces doutes et ces incertitudes. En tant que parents, profs, encadrants de tous genres, je pense que c’est de notre responsabilité de faire accepter les différences. Bon sur ce je m’emballe un peu donc je vais arrêter là :-) Merci pour ce bel article !

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    1. ambio 2 années ago

      Bonjour

      Permettez-moi de vous proposer un élément de réponse basé sur mon expérience…
      S’il faut cataloguer, c’est parce que sans ça, votre fils qui pour l’instant réussit tout, risque un jour, de tout rater : ses études, son mariage, sa vie…

      Je m’explique :
      J’ai été cet enfant qui réussissait tout : sur les bancs de l’école primaire, je m’ennuyais à mourir… Parfois j’interrogeais l’instituteur sur le pourquoi, le comment, sur une autre manière d’arriver à la solution, il répondait systématiquement à côté de la question, un jour, il m’a grondé, me disant que si je n’aimais pas sa manière d’expliquer je n’avais qu’à monter sur l’estrade donner cours à sa place!
      Alors je me suis tu…

      Puis j’ai eu quelques punitions pour manque d’écoute à faire signer par mes parents. Lorsque j’ai essayé de leur expliquer le POURQUOI, ils m’ont grondé, m’ont dit que je devais écouter le professeur et ont systématiquement doublé les punitions.
      Alors j’ai écouté, en me taisant,…

      Pendant 12 ans, TOUT ALLAIT BIEN !
      Pour mes profs car je me taisais.
      Pour ma mère car je n’avais pas de punition.
      Pour mon père car j’avais des beaux « bulletins »
      Cela allait tellement bien que personne n’a remarqué que je n’ai jamais fait un devoir à la maison ni étudié une leçon…

      Je n’ai donc jamais appris à apprendre. ( lire : méthode d’apprentissage)
      Je n’ai donc jamais appris à échanger. ( lire : gérer une conversation,…)
      Je n’ai donc jamais appris à comprendre ( lire : comprendre la différence)

      Ces 3 lacunes m’ont détruit et me nuisent encore quotidiennement.

      Une fois l’âge de 18 ans, j’ai décidé que je n’étais plus le petit qui devait se taire. Avec un manque d’expérience de 15 ans dans l’art de la discussion, j’ai alors commencé à donner mon avis, à parler de mes idées. J’ai aussi arrêté de faire gentiment ce que je trouvais bête, j’ai commencé à contredire, à exiger des réponses à mes questions…

      Mes parents ont appelé ça : ma crise d’adolescence.
      Mes profs : de l’ insolence
      Mes copains : de la prétention
      Mon amoureuse : de la violence morale
      Aucun n’a compris que ce n’était que juste enfin « moi »…

      J’ai détruit la relation que j’entretenais avec la femme que j’aimais depuis des années car j’ai été incapable de comprendre qu’elle pouvait ne pas comprendre…

      J’ai mis un terme à mes copinages de complaisance

      Côté scolaire ce n’était pas mieux :
      Le niveau universitaire, c’est pas plus difficile que les primaires et les humanités, il y a juste plus de matière qu’il n’est plus possible d’ingurgiter le matin de l’examen dans le bus…
      Première candi ingénieur réussie comme les douze précédentes, sans travail à la maison. Juste que j’ai troqué ma place de premier de classe contre celle de dernier…
      Ensuite 2 échecs coup sur coup… le début d’un calvaire

      Il m’a fallu des années pour me reconstruire, pour me réadapter à notre monde, à ses normes et surtout à ses habitants… Encore aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir été catalogué, de ne pas avoir reçu des explications sur les « différences. » Si cela avait été le cas, mes 20 années de frustrations quotidiennes auraient peut-être été mes 20 plus belles années…

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    2. celine 9 mois ago

      Pourquoi?
      parce que mon mari Grand zébre tout juste découvert par le biais de nos « petits zèbres » a senti toute sa vie sa différence, a fait d’innombrables efforts pour rentrer dans le moule en se croyant stupide. 40 années de sa vie à se croire fondamentalement intellectuellement déficient et handicapé. Et aujourd’hui tout un travail à faire pour « oser » penser que non.
      un beau gâchis si vous voulez mon avis.

      merci pour cet article , magnifique.

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  25. berny37 2 années ago

    Bonjour, je retrouve dans ce texte mon fils et ce sentiment d’etre nul. Mon fils a aussi la chance d’etre détectée très tot, en CM1 il raisonnait comme un enfant de 3ème. des parents pourraint sauter de joie moi etant instit cela m’a fait peur, je ne l’ai dit à personne à l’école, je ne voulais pas qu’il soit catalogué. j’ai aussi refusé le saut de classe, mon fils etait bien dans sa classe d’age, c’etait toujours un enfant qui avait besoin de jouer au légo et aux petites voitures. ce qui est bizarre c’est que moi aussi enfant j’ai beaucoup souffert de tout cela, on a voulu me faire sauter une classe, je me trouvais toujours nul et encore maintenant mais je n’ai jamais été diagnostiquée. J’ai 40 ans peut être qu’à cette époque ce n’etait pas aussi « à la mode » les tests. mon fils est dyspraxique, son écriture est souvent illisible, les enseignants du collège le grondent tout le temps ou lui retirent des points pourtant il a un PPS. je trouve cela nul mais que faire, je suis déjà aller les voir, tous les ans je le refais et rien ne change: on ne veut pas faire de différence entre les élèves. Mais bien sur c’est justement le contraire que vous faites
    Merci pour ce témoignage que je vais m’empresse de faire lire à mon fils.

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  26. dumenil 2 années ago

    Bonsoir
    Simplement bravo pour ce texte extrêmement bien écrit qui décrit parfaitement les Zèbres.
    un papa ( zébré mais au courant très tard) de 2 Zèbres de 5 et 8 ans.

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  27. Pierre Montmory 2 années ago

    Garde confiance, Zèbre, si les autres riches ou pauvres sont des ânes et des moutons, exploites-les sans vergogne, ta vie sera faite de vacances permanentes. Ce n’est pas un défaut d’être fort. Tu n’as pas besoin de reconnaître personne et donc tu n’es jamais gouverné. Tu inventes dieu pour qu’il fasse tout à ta place. Ne souffre pas de fausse humilité. L’humilité c’est de laisser les autres agir sans leur laisser paraître que tu vois tout et que tu les devines. Tu es un aventurier né quand les autres ne sont là que pour souffrir aux galères. Ce n’est pas un défaut d’être meilleur, c’ est un don des muses. Et la grâce des muses c’est ton intelligence quand elle se fait ruse. Ton intuition vient de ton cœur instruit d’humanités. Dans certains êtres tu défriches un pays, chez d’autres tu lis le livre; tu as de l’empathie pour les troupeaux et même les quatre éléments et toutes les choses te parlent ! Laisse l’école et ses maîtres aux laborieux. Tu es ton propre parent et ton propre guide, tu en as les moyens, tu es l’outil d’un poète.
    Pierre Montmory – trouveur

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  28. Marry 2 années ago

    Une méthode existe et permet de mieux se sentir dans cette société : La Méthode Davis. Renseignez-vous, ça sauve des parcours de vie !

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  29. DAVESNE 2 années ago

    Je trouve globalement que l’ensemble de la description des Zèbres est à la fois vulgarisée et inexacte. Pour avoir lu récemment les études de Jeanne SIAUD FACCHIN je suis fondé à jsutifié mon propos de la manière suivante :

    1/ si certain « traits de caractère de la personnalité de certains ZEBRES est bien décrite, il ne faut pas faire d’amalgames car tous les ZEBRES ne correspondent pas à l’ensemble de ces descriptifs
    2/ certains aspects spécifiques à l’identité de chaque ZEBRE sont étroitement liés à une personnalité qui leur est propre (ce qui n’apparaît pas assez dans cet article )

    il y a des points communs entre les ZEBRES alors oui, ils fonctionnent différemment, mais certains points sont très développés chez des zèbres alors qu’il ne le sont pas ou moins chez d’autres.

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  30. Myriam Avondet 2 années ago

    Merci pour ce texte qui décrit tellement ma vie, celle de mon mari et surtout celle de notre fils de 4.5 ans… je l’ai partagé à sa maîtresse qui l’a trouvé génial… et ça lui donne des pistes pour mieux aider notre fils dans son apprentissage scolaire. Merci

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  31. Amande 2 années ago

    Je suis d’accord avec tout ce que dit cet article… sauf une chose. Le fait qu’il est rare qu’un personne à haut potentiel ne présente pas de dys-. Il y a tellement de façons d’être HP !!! On peut très bien vivre ça, avoir des bonnes notes à l’école et beaucoup d’amis. Ou au contraire se renfermer sur soi-même, être provoquant avec les adultes ou tout le temps de mauvaise humeur. Mais nous ne sommes pas tous obligés d’avoir un dys- en plus !

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    1. Aleph 5 mois ago

      C’est pas une question d’obligation, mais de statistiques.
      La plupart des roux sont clairs de peau (pas nécessairement blancs), mais c’est pas interdit d’être roux et noir… juste plus rare.

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  32. Michel Auguste 2 années ago

    Un témoignage absolument bidon ! J’ai eu un fils dans cette situation (décédé à 27 ans) et ce pseudo-témoignage ne reflète pas du tout sa souffrance. Pipeau, pipeau, pipeau ! Tout est construit dans cet article pour attirer les nombreux parents qui pensent avoir une progéniture d’exception (une explosion statistique !). Point barre ! La réalité est bien différente !

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    1. Camille 2 années ago

      Ohhh, Michel, il y a beaucoup de tristesse et d’amertume dans votre témoignage.

      Moi, zèbre de 48 ans, je n’ai été diagnostiquée qu’il y a trois ans. Que d’années gâchées, de souffrances que j’aurai pu économiser si j’avais su…

      La question n’est pas tant l’exception que la compréhension de cette exception.

      Être zèbre, c’est avoir un schéma mental différent. Ce qu’on fait de cette particularité dépend de chacun. Certains vont se glisser dans la société comme si de rien n’était, d’autres vont se distinguer, en bien, en mal, en inapproprié. Certains vont vivre leur différence comme un don, un atout, d’autre comme un fardeau. Il n’y a pas de règles pour vivre en zébritude.

      La seule chose qui fait du bien, c’est de savoir. Savoir que l’on est différent. Ce savoir est un bouclier. Il permet de se défendre, de comprendre, d’analyser. Et de vivre. Pas comme Einstein ou Bach. Juste en étant soi, conscient de ses particularités.

      Votre fils savait-il ?

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    2. alice 9 mois ago

      Je vous adresse toutes mes plus sincères condoléances. Mon cousin, que j’aimais profondément, diagnostiqué HP s’est suicidé à l’âge de votre fils, après des années passées à essayer de vivre dans cette société qui ne lui correspondait pas (alcool, drogue). La souffrance de certains HP est incommensurable. Je pense à lui en voyant grandir notre fils qui lui ressemble tant… « Pourvu qu’il soit heureux » cette phrase exprimée par tous les parents prend une couleur bien profonde lorsque l’on a un enfant précoce.

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  33. natalie 2 années ago

    La confession d´une surdouée
    pour mes amis francais.
    Pourquoi est-on surdoué? Quelle est la mission de quelqu´un appelé ou diagnostiqué surdoué? Qu´est-ce qu´il devrait faire dans sa vie et avec sa vie?
    C´est, comme vous le savez, une personne dont le QI dépasse 130 pour la plupart des cas et dont l´intélligence est qualitativement différente de la population majoritaire. On estime qu´il y a entre 2 et 4% des surdoués dans la population.
    Non seulement qu´ils ont une intélligence qualitativement et quantitativement différentes, ce qui les caractérisent avant tout c´est la présence des émotions intensives et foisonnantes, voire exhubérantes avec lesquelle ils réagissent et percoivent ce monde. Autrement dit, beaucoup d´énergie. Beaucoup, beaucoup d´énergie! Et le sentiment de singularité. Le sentiment que les autres sont différents, qu´ils fonctionnent différement, que l´entente et le sentiment de partage avec les autres est si impossible a atteindre.
    Quand j´étais petite, je m´en souviens, j´avais l´impression que les autres n´avaient pas d´émotions, qu´ils ressentaient tout simplement pas, qu´ils étaient les machines a penser seulement. C´est une drole de sensation que j´avais, vraiment bizarre. J´étais ouverte, compatisssante, empathique en tant que filette de 4 ou 5 ans, je me rappelle, mais les réponses de mon entourage, le comportement que je pouvais voir autour de moi, c´etait du glacon. En plus, je vivais a cette epoque-la sous le régime totalitaire communiste. Le résultat? Je commencais, petit a petit, penser que c´était de ma faute. Oui, si les autres sont réservés, s´ils, en réponse a mon ouverture d´esprit et de coeur, retorquaient froidement, c´a du etre de ma faute! Dans ce monde vraiment étrange, c´est moi qui ai fini par se sentir étrange. Et maladroite, tres maladroite! Parce que la psychologue qui m´a diagnostiqué – plus tard, a l´age de 10 ans environ, a recommendé a ma mere de taire mon QI élevé et de se concentrer sur ma dyspraxie pour éviter , dans l´avenir, les problemes de la vie réelle! Le résultat? On me répétait a chaque instant que j´étais maladroite en me dissimulant que j´étais aussi tres adroite dans d´autres domaines! Donc peu a peu je devenais encore plus maladroite au cours de n´importe quelle activité et cela est devenu l´un des stéréotypes de ma famille, regarde, Monika va renverser le lait en le versant dans son café etc. L´anticipation cruelle!
    Quelle était ma réaction? Je ne réagissait pas comme quelqu´un de solide et sure de soi. J´ai cédé, je me suis résigné. C´était les autres les valables, pas moi, et moi en quete permanente de leur reconnaissance. S´ils, eux, sont si valables, s´ils, eux, ont raison dans ce qu´ils pensent de ce monde, dans la facon dont ils se comportent, je vais faire comme ils veulent pour qu´ils m´aiment, cela sent logique, non? A cet instant exactement, j´ai perdu moi-meme. Je n´existais plus en tant que moi, mais en tant qu´une masque. Masque rigide, sans émotions, juste la cognition, pour ne plus devoir ressentir quoi que ce soit, la déception, le rejet et l´incompréhension surtout. Pour plaire, pour etre aimée – au moins un peu. Pour le mériter. Pour mériter d´exister!
    Ma période ado, vous pouvez l´imaginer! Comment quelqu´un aurait pu m´aimer si je ne m´aimais moi meme? Impossible. En vérité, je n´ai pas résigné completement, avec le reste d´espoir que j´avais dans l´avenir un peu moins morose que ma présence, je me suis jeté dans les études. Oui, je bossait beaucoup au lycée et a l´université. J´étais la premiere. Je comprenais tout, surtout les langues, pas mal de langues en fait. Le résultat? L´envie, voire l´hostilité. Les autres, ils vont jamais me laisser faire ce que je veux sans juger toujours? Et en surcroit, la masque que je me suis battue pour me protéger – ils l´aimaient encore moins. Et pour moi, elle représentait une grande frustration et un grand gaspillage d´énergie.
    C´était pas si simple que cela de toujours refouler tant d´énergie que j´avais comme tous les autres surdoués. Et encore une fois la meme question: le résultat? L´inhibition totale, l´incapacité d´agir, de croire en moi-meme, de décider, de me dire ce qui me plaisait, quelle musique j´aimais et laquelle je détestait, l´estime de soi tres basse, l´anxiété de faire des fautes, la déprime, le bleus, la dépression, la confusion permanente. Bref, l´inhibition latente. Le vilain petit canard, diriez-vous! Et comme tous les vilains petits canards j´était malheureuse, et, je me réfugiais dans mes reves, dans mon univers imaginaire. Le seul issu.
    Beaucoup plus tard je me suis posée la question, pourquoi tout cela, a quoi bon cette vie gachée vécue a coté de moi, quelle était l´enseignement caché dans ce destin? Que je me suis forgé moi-meme, je n´accuse personne, aujourd´hui!
    Malgré tout, j´ai eu trois chances fondamentales dans ma vie. Premierement, a l´age de 20 ans j´ai rencontré mon mari. C´était de l´amour pur et le guérison de mon enfance. Deuxiemement, au travail, j´ai toujours été plutot parmi les performants. Je ne parlerais pas de réussite professionnelle mais c´était pas un échec non plus. Et la derniere chance que j´ai recu, c´était un vrai ami grace a qui j´ai commencé a comprendre qui je suis vraiment. En revanche, on peut pas constater que j´étais heureuse bien que j´aie eu quelques amis, ma famille, mon partenaire, mon boulot…
    Or, le bonheur, le bien-etre, cela ne dépend pas autant des circonstances, de l´extérieur! Le bonheur se cache en nous, il nait en harmonie personnelle, quand nous sommes qui nous sommes vraiment, quand nous nous acceptons, quand nous vivons aussi a l´intérieur de nous et ne guettons sans cesse le bonheur en dehors de nous-meme.
    Ce que j´ai compris pendant presque quarante ans de vie de surdouée, c´est qu´on peut pas pour toujours fuir dans son univers imaginaire. C´est pas la réalité. Et la réalité est la vérité. Et comme disaient les artistes et les philosophes de toutes les époques, en verité se trouve la beauté. Il faut se battre pour la vérité! Pour la vie telle qu´elle est, telle quelle jaillit en nous, spontanément, sans vouloir la modifier, ajuster, faconner selon notre volonté, et non se précipiter a s´enfermer contre elle dans les reves, dans les conceptes quels qu´ils soient.
    Et aussi, j´ai compris qu´il est primordial pour un surdoué d´inviter la méditation de pleine conscience dans sa vie. Son amygdale étant si réactive, son mental si agité, ses pensées en arborescence, c´est la seule chose qui peut l´apaiser, ou il peut se ressentir, se recentrer, etre avec soi-meme. Parce que, cette énergie dont sont dotés les surdoués, il faut la renverser a l´intérieur. C´est la condition pour le bonheur de surdoué. Cela ne veut pas dire qu´on doit s´isoler du monde, c´est un peu plus subtile. On se relie au monde et aux autres via soi-meme. On se donne aux autres tout en restant en soi. Tout en gardant toute son énergie, en ne rien attendre des autres. On est a l´extérieur et en meme temps on reste noyé dans son énergie vitale ce qui est nous-meme. Ou réside notre vrai moi, mais aussi la compassion, l´empathie et les émotions altruistes. Pour moi, c´est l´ultime découverte comment mener ma vie de surdouée et etre heureuse, finalement heureuse! Tout ce que nous observons a l´extérieur pousse de notre fore intérieur. Rien ne nous force de quitter notre couer, d´abandonner nous-meme, mais essentiel est de se rapporter au monde tout en restant soi. Ce dont on a besoin, c´est l´attention – et nous, les surdoués, on a une forte capacité d´attention, une concentration acuitée, une lucidité presque. Soyons reconnaissant de ce que nous avons, essayons voir le coté positif des choses et des évenements, exprimons une grande gratitude envers ce potentiel et cette énergie qui est en nous! Soyons enfin heureux, en nous, indépendamment aux circonstances de la vie.

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    1. Magali44 1 mois ago

      Merci Natalie. En lisant votre texte j’attendais patiemment d’arriver à la fin pour savoir si vous en étiez arrivée à la même conclusion que moi : notre bonheur est en nous. Que nous soyons HP ou pas d’ailleurs… Mais ce côté « décalé » que nous avons par rapport à la majorité des gens n’est pas obligatoirement, comme vous le dites vous-même, un frein au bonheur.
      Je me suis résolue à faire ce que ma « coach » m’a conseillée : aller vers les gens qui me correspondent et prendre de la distance avec ceux qui ne me correspondent pas, qui me mettent mal à l’aise..
      Du coup, ma vie sociale et amicale est plus réduite mais elle est devenue authentique, sincère et bienveillante. Je ne mendie plus l’amour et la sympathie. J’ai choisi mes proches, ils m’ont choisi pour ce que je suis. Et je remarque que nous nous ressemblons…

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  34. Pingback: L’enfant zèbre « EduPortfolio EduPortfolio

  35. fangaliel 1 année ago

    Tout pile ça à quelques détails importants près !

    j’ai subit les « t’es qu’une petite conne » « tu ne feras rien de bon dans la vie » de la part de ma famille après le décès de ma mère (13ans)… pas besoin de me le dire à moi-même, toute la famille s’est chargée du complexe d’infériorité.

    Pourtant les indices étaient tous là : « tête en l’air », grave douée quand ça m’intéressait, nulle et dyslexique légère en écriture, surnommée « Miss mêle-tout » et « Miss Pourquoi » par pratiquement tous les animateurs de plaines de jeux, de camps de vacance, profs d’école de primaire et secondaire, gardienne après l’école, … Imagination hyper débordante, dévoreuse de mondes fantastiques dès 6ans, assoiffée de connaissances diverses et variées sur les grands « pourquoi » de l’existence : Égypte ancienne, mythologie, univers & astronomie, … jamais à ma place, surtout à l’école, alors que la maison n’était pas un havre non plus. Pas moyen de construire des relations de moyen ou long terme avec les autres, je finissais toujours par les gonfler quand je commençais enfin à exprimer mes opinions réelles et/ou sentiments profonds.

    C’est ultra méga giga hyper extra Important de Tester vos enfants le plus tôt possible s’ils présentent ces traits particuliers !!
    C’est un vrai calvaire de grandir sans comprendre Pourquoi on est différent et pourquoi les autres nous pointe tout le temps du doigt. On souffre encore plus dans l’ignorance. surtout quand on aime pas « ignorer » et qu’on veut savoir, comprendre et apprendre.

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  36. Nini2 1 année ago

    Bonjour, et merci pour ce texte.
    Mon fils a été diagnostiqué « zèbre » à 11 ans (résultat: 147). Il avait déjà vu une psychologue scolaire en CP qui avait diagnostiqué une logique et une réflexion hors norme. Nous ne pouvions lui offrir une école adaptée car soit hors de notre région, soit privée et nos moyens étaient très limités. Nous avons donc suivi les conseils que nous donnait l’équipe enseignante… Malheureusement, le passage en classe supérieure n’était pas envisageable du point de vue du directeur et les professeur(e)s ont fait des promesses à Romain qui n’ont pas été tenues. On ne ment pas à ces petits zèbres sinon, ils perdent confiance. Ils ont soif de vérités même si, ensuite, ils les réfutent. Romain a, donc, été diagnostiqué « zèbre »et sa réaction à ce résultat a été de le nier. Il ne voulait pas être différent, être normal… Ma question serait plus pourquoi l’enseignement ne s’adresse qu’aux enfants ne sortant pas des sentiers battus. Pourquoi les écoles, les collèges, les lycées n’ont pas, sauf exception, des classes prévues pour ces zèbres qui décrochent à l’enseignement dit « normal ». Romain s’en sort aujourd’hui grâce à deux enseignantes qui l’ont aidé en adaptant leur enseignement à ses facilités et en l’écoutant. Son métier: carrossier car tous les zèbres ne font pas des avocats, des journalistes ou autres… Les zèbres se trouvent dans toutes les couches de notre société…

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  37. catherine 1 année ago

    Merci pour ce beau texte
    Être maman de zèbres n’est pas tous les jours facile, les comprendre, les aider c’est un défi qu’on relève chaque jour
    je partage sur Facebook pour que les autres puissent mieux les comprendre

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  38. Pingback: Le saut de classe | Planète surdoués

  39. Chirimoya 1 année ago

    ça vous dit d’avoir un vieux zèbre à la rédac’ ? :-) Je suis diplômé d’école de journalisme – 2009 – et lire cet article est un soulagement incroyable, un peu comme passer le test de Aron sur les « hyper sensibles ». J’aurais pu avoir ma chance dans ce milieu, j’imagine, si je n’avais pas senti que je ne serais pas heureux si je ne pouvais créer – en l’occurrence écrire des chansons. Et si des médias avec une démarche comme la votre existaient déjà ! Vous êtes le premier média qui me fait relire des articles, et qui me semble avoir la démarche adéquate, en tout cas à laquelle je peux adhérer sans craindre d’être déçu.

    Pour revenir au « zèbre », le fait d’avoir beaucoup de capacités m’a poussé à une grande dispersion dans mes projets artistiques, pour la simple raison que je suis capable de tous les mener à bien… à la nuance près de ne pas être seul.

    Du coup, j’en suis à mon troisième burnout en cinq ans. Alors déjà qu’on se sent incapable, mais alors là avec la fatigue, la fatigue liée au traitement… c’est très difficile à vivre.

    Je me suis mis à la littérature cet été, par nécessité : un travail très solitaire pour quelqu’un de très sociable. Comment trouver un équilibre ? C’est très difficile. Parce qu’être sociable avec les caractéristiques du zèbre… c’est compliqué.

    En tout cas merci pour être allé déterrer cette « condition », et pour le dynamisme de votre média.

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  40. Lelie 10 mois ago

    C’est marrant, ce garçon a 12 ans et moi 31. Pourtant je me rends compte que nous vivons et ressentons les mêmes choses. Sauf que moi je suis un HPE. Je préfère le terme HS (Hypersensible) . Car en français je peux le traduire par ce que je sens que je suis vraiment : Hors Service. Lol.
    Quoiqu’il en soit, c’est un texte magnifique.
    Merci.

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  41. MarinaP 9 mois ago

    Si je commence en disant je n’en peux plus de mes 2 zèbres à la maison, peut-être comprendrez-vous que je suis maman zèbre. Ma grande, 11ans, est très populaire à son collège avec des résultats justes moyens sans forcer et d’une discrétion à toute épreuve et elle ne comprend pas pourquoi forcer (en même temps elle n’a jamais forcé lol)
    Mon petit zèbre, presque 6 ans est dans la « gigotisme et la parlotte permanence » et a su lire après une semaine au CP. S’il mettait un peu plus d’application dans l’écriture il serait déjà en CE1 ….
    Et moi maman zèbre, dépassée et épuisée par tout çà avec un mari qui ne comprend toujours pas pourquoi alors que nos loulous ont tous les 2 un QI supérieur à 130 ils n’ont pas 20/20 partout …. et oui le pire pour les EIP est l’image des autres par rapport aux surdoués ….
    Merci pour cet article qui fait du bien à lire

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  42. Emmanuelle 9 mois ago

    Au départ, ce texte m’a fait pleurer…j’y ai lu mon histoire quand j’étais enfant et ce manque énorme de confiance en moi qui me poursuit encore à 44 ans…Et puis, j’y ai vu un de mes fils (dyspraxique, dyscalculique) et puis les deux autres dont un HP…les trois sont hypersensibles, les trois sont épuisants…Mais, je suis aussi épuisante pour mon entourage…Encore aujourd’hui, je pose tout le temps des questions, j’ai besoin de comprendre le pourquoi du comment même pour des choses anodines..Et je dis tout le temps « je suis nulle »….je tente de me corriger car mes enfants commencent eux aussi à le dire….
    Merci pour cet article..Quel bel article…

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  43. Morphée 9 mois ago

    Je suis contente de voir que certains élèvent la voix pour rappeler qu’être différent c’est être « autre » et pas « plus ». Le diagnostique reçut tôt peut être une chance pour certain, de mon coté je ne sais toujours pas si je l’ai effectivement vécut comme une chance ou un malheur, mais j’ai finalement appris à gérer mon fonctionnement au milieu des autres. Je suis touchée et d’une certaine manière heureuse quand je lis ce texte, j’y vois que je ne suis pas seule, ce que tout les « zèbres » ont tendance à oublier, je crois. Je voulais aussi réagir à cette histoire de moule et faire part d’une découverte ; j’ai récemment été mise en pédagogie active, et je connais pleins de petits zèbres en décrochage scolaire qui gagneraient a y aller. Mon ancienne école m’a détruit à petit feu, alors que l’établissement ou je suis maintenant m’intéresse et m’accepte du fait de son coté actif. Alors je laisse ceci comme un avis à tout les pères, mères, dont l’enfant se désintéresse de l’enseignement dit « normal », pas pour vous dire que c’est LA SOLUTION MIRACLE, mais pour dire que ça pourrait peut-être être UNE solution, et je sais que pour beaucoup c’est déjà bien. Sur ce … :)

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  44. Pingback: [Récit] Vous me pensez surdoué, je me considère incapable : dans la tête d’un enfant zèbre | Le Journal de Mustapha Menier

  45. zineuse 9 mois ago

    Ce texte me touche profondément et les multiples témoignages me confortent dans l’idée que mon fils est un zèbre. Tant d’anecdotes et de sentiments racontés me font penser à la notre. Depuis la maternelle, je me bats pour faire comprendre aux enseignants que mon fils n’agit pas forcément pour les provoquer. En moyenne section, ils m’ont dit qu’il était hyperactif (je l’ai fait diagnostiquer = non), plus tard, qu’il ne voulait pas écrire, qu’il était associable, qu’il  » n’était pas comme les autres » alors qu’il « était capable, s’il le voulait, d’être brillant ». Pourtant, pour trouver une solution à sa souffrance (un jour il m’a dit que sa maitresse de CM1 ne l’aimait pas parce qu’il écrivait mal), j’ai vu une psychologue à plusieurs reprises, demandé aussi l’avis de la psychologue scolaire. Réponse de la première = ses enseignantes sont des femmes? Il faut le laisser tranquille et çà passera ; réponse de la 2° = il a un peu moins de 130 de QI, il est donc très brillant mais pas surdoué (alors qu’elle devait le suivre au collège, il ne l’a jamais revu). ». Les années collège = une catastrophe. Pour ne pas être rejeté dans sa nouvelle école, mon fils a pris le costume de l’amuseur de la classe. Un orthophoniste (1an 1/2 d’attente pour avoir un rendez-vous) l’a aidé au niveau de sa dyssynchronie. Il a lu ses cours 3 jours avant le brevet pour l’obtenir haut la main. Aujourd’hui, il a 17 ans, il est entré en apprentissage l’année dernière. Son employeur est content de lui mais le directeur du centre de formation qui est nouvellement arrivé a décidé de tout faire pour le renvoyer à cause de son comportement atypique. Autant vous dire que nous sommes tous en mode déprime en ce moment. Même si mon fils a les caractéristiques d’un zèbre, qu’il souffre comme un zèbre, moi, je ne peux le justifier et ce n’est certainement les psys que j’ai rencontré qui vous m’aider. Vous avez une idée pour nous remonter le moral?

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  46. Cébé 9 mois ago

    Moi ce qui m’étonne toujours c’est ces 2%… Ne devrait-on pas revoir ce chiffre? 2%?! Mais la moité des enfants que je connais (les miens compris) sont diagnostiqués HP… Dans une classe, ils sont loin d’être des cas isolés, ils sont au moins 3 diagnostiqués dans chaque classe et il y en a certainement qui ne le sont pas car ils ne présentent pas de difficultés particulières ou parce que les parents n’ont pas jugé utile de faire le test…

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  47. JoZephine 9 mois ago

    Merci pour ce joli texte. J’ai 2 enfants zèbre de 14 et 9 ans, un mari zèbre, zèbre moi-même et une fille qui ne l’est pas – et qui est certainement la plus armée pour la vie, donc interdit de parler de surdouance…

    Nous avons pris la décision il y a 4 ans de sortir nos enfants de l’école, où l’ainé était en grande souffrance. Depuis, ils revivent, oui, même la non-zèbre qui était superadaptée à la collectivité. Ils ont maintenant des amis, peuvent être eux-mêmes, apprennent à prendre confiance en eux (et ce n’est pas gagné). Bref, une renaissance, y compris pour les parents 😉

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  48. Dimitri 8 mois ago

    Bonsoir,

    Je passe par là, j’ai été très ému de lire tes lignes et si tu le me le permets je vais commencer par la fin de ton témoignage. Oui, c’est une chance pour toi d’avoir pu bénéficier d’une reconnaissance pendant ton enfance car cela te permettra de t’adapter au monde qui t’entoure d’autant que celui-ci est hélas de plus en plus dangereux dans la mesure où l’individualisme gagne en force du fait du libéralisme ambiant d’obédience anglo-saxonne qui ne vise pas à permettre la prise en compte des individualités notamment de ceux qui sont simplement « hors-cadre ».

    Tu as raison, combien sont ceux demeurent dans l’ignorance toute leurs vies. Pour ma part, je l’ai découvert en juillet dernier, donc dans mon malheur, je vais donc regarder le verre à moitié plein mais je ne m’attendais pas à apprendre mon HPI vu que j’ai consulté un psychiatre (oui, la pédiatrie ne pouvait plus fonctionner pour moi… ) et un neurologue car, à la suite d’un bilan neuro-psy j’ai appris que j’étais TDAH (le cousin des DYS…) mais, pour le psychiatre que j’ai rencontré dans l’optique de commencer un suivi pour m’aider à gérer cette hyperactivité, en discutant avec moi, pour lui, j’étais un enfant précoce qui est passé entre les mailles du filet et qui, à l’âge adulte, se trouve dans la panade et c’est là un euphémisme.

    Pour résumé, j’ai vécu : le faux-self (pendant 12 ans) et le retrait total de la vie sociale (3 ans) où je me suis évadé dans mon monde virtuel, d’une part, mais intérieur, ensuite.

    C’est seulement en juillet dernier que j’ai enfin compris et mis fin à cette descente aux enfers… Mais le problème demeure désormais sur la mise en place des stratégies à adopter, j’ai repris mes études de droit à l’université et pendant 3.5 mois tout a été correct sur le plan de la participation et du suivi des cours mais il y a trois jours pendant les révisions, je me suis aperçu que je n’ai jamais pas appris à apprendre à l’école et pour cause, comme tu le dis très justement, te concernant, je n’ai jamais eu à travailler.

    Je me souviens, par exemple, que le soir je faisais mes leçons devant le club Dorothée (tu es trop jeune pour connaitre cette émission enfantine), je n’ai jamais appris mes tables de multiplication, tout comme toi je n’ai jamais justifié mes réponses en maths et tout comme toi je « travaillais » (si cela peut avoir du sens pour nous) qu’à l’affectif…

    Si je n’aimais pas un enseignant, je ne faisais rien, je pouvais donc, en français, être à 17/20 de moyenne en 5ème et l’année suivante à 6/20. Le pire, c’est que je pensais y faire obstacle dans le cadre de ma reprise d’études à l’université d’autant que je ne suis plus un enfant et que j’étais censé faire la part des choses… mais lorsqu’on est confronté à un manque de respect de l’enseignant, c’est fini : la rupture est prononcée !

    Au fond, c’est vrai qu’on est dans la performance mais pas pour les raisons « mercantiles » dans l’air du temps de ceux qui sont « normaux » : avoir une bonne note, pour avoir un diplôme, pour avoir un bon métier, pour avoir de l’argent, pour manger …. et pour vivre….

    Pour ma part, le schéma est différent, la note c’est pour ne pas décevoir l’enseignant que j’idolâtre, le diplôme et le travail ne sont pas mes priorités mais là, mon cas est à part, je suis dans la recherche permanente de la vérité absolue à préciser toutefois que celle-ci n’est pas atteignable par l’homme mais par la vérité relative de tout à chacun, et par la connaissance, je peux m’y rapprocher pour comprendre et surtout expliquer pourquoi le monde marche sur la tête. J’ai déjà la réponse et le mot « liberté » est la base du développement dans la mesure où deux acceptions de ce mot se trouve en confrontation et cela entraîne des maux… arf… je suis désolé ma purée de pensée divergente ou en arborescence me conduit parfois trop loin…

    Et c’est tout le problème car ma reconnaissance tardive ne m’a pas permis de développer des stratégies d’apprentissage afin d’être plus efficace, il faut dire que l’hyperactivité et l’impatience n’aide pas et pourtant je suis sous methylphénidate :(

    AUX PARENTS d’EIP :

    Quoi qu’il en soit, pour les parents d’enfants précoces qui passeront par là, soyez contents d’avoir pu mettre des mots sur les maux de vos enfants car, plus tôt la prise en charge et reconnaissent peuvent se faire, mieux sera la vie à venir de votre enfant ! Pour ma part, j’appartiens probablement à votre génération, et c’est loin d’être la joie… mais cela aurait pu être pire, car maintenant je sais pourquoi, il me reste à trouver la solution pour m’adapter :)

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  49. Juniper 7 mois ago

    être un zèbre n’est pas un handicap, arrêtez de pleurer , remuez vous et prenez vous en main … et oui on vit dans un monde où il faut chercher l’intelligence …
    ça serait sympa de pas nous prendre pour des cons parce qu’un gamin de 12 ans qui écrit comme ça, zèbre ou pas, c’est pas crédible … surtout quand il nous dit qu’il est 5e (j’ai pas tout lu, voir pas grand chose, mais ça me fait penser qu’il n’est pas diagnostiqué, qu’on lui fait pas sauter de classes alors qu’il devrait être dans un établissement spécialisé…)

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    1. Pèrefouettard 7 mois ago

      Juniper, toi tu vas être rétrogradé(e), car tu n’as même pas lu le titre du « récit » !… 😉

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  50. erohpselet 6 mois ago

    Pourquoi la lecture de ce témoignage si touchant m’émeut-il aux larmes ? je découvre tout cela, et je pense spontanément à moi-même ainsi qu’à mon enfant.
    Merci infiniment Thomas, tes mots font résonner en moi toutes ces choses, ces situations, ces malaises, que je vis depuis toujours mais que je n’ai jamais su exprimer…je crois.

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    1. Bejo 2 mois ago

      Tres belle histoire. Je suis heureuse pour ces personnes qui ont des capacités extraordinaires. Mais jai l’impression que de plus en plus de gens se disent zèbres au travers de tests de QI élevés. Pourtant je pense qu’ il ne faut pas confondre: on peut avoir un haut QI sans être un zèbre. C’est mon avis personnel après j’ai peut-être tord?

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  51. Ulrike 1 mois ago

    J’ai juste pleuré…
    Notre histoire raconté par qq’un d’autre… mon 12 ans, un peu de mon 10 ans aussi.
    Tous pareils, tous différents
    Merci

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  52. soudani 1 mois ago

    Bravo et merci pour cet article que j’ai trouvé magnifique. Maman d’un garçon de 12 ans atteint de TAD, avec des troubles autistique

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  53. Julie 4 semaines ago

    Bonjour. Ma fille de bientôt 9ans entrant en cm 2 à la rentrée ressemble à 100% à ce jeune garçon. Je lui fais faire beaucoup de sport en plus. De toute façon elle s’ennuie à l’école et n’a que très peu de devoirs. Elle n’a pas d’amis et elle me réclame l’école à la maison. Malheureusement j’ai déjà vécu tout cela avec mon aîné qui avait 2 ans d’avance et à eu son bac avec mention mais qui depuis le bac n’arrive pas à terminer 1 Anne de fac. En 1ère je l’avais mis au cned en catastrophe car grosse dépression mais comme ma scolarité et mon enfance ont été identiques à celles de l’histoire je ne voulais pas que mes enfants souffrent autour de moi. Aujourd’hui même avec mon qi à 145 je suis incapable de tenir en entreprise. C’est dur très dur car personne ne comprend. Et on ne comprend pas bien non plus soi même. On se sent super nulle.

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    1. Julie 4 semaines ago

      Grrr désolée pour les fautes de frappe

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