En Hongrie, Turbine tourne à plein régime pour vaincre le cancer

Alors que le système magyar de santé publique tire la langue sous le Premier ministre Viktor Orbán, une équipe de scientifiques ferraille contre tumeurs et lymphomes. Leur arme ? Turbine, une intelligence artificielle améliorant l’efficacité des traitements anti-cancer. Un procédé auquel Cambridge, le MIT et le mastodonte allemand Bayer s’intéressent de très près.

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L'équipe de Turbine dans son siège de la rue Pannonia, à Budapest. (photo Joel Le Pavous/8e étage)

Derrière leurs ordinateurs portables, une vingtaine de cerveaux pianotent sous les lumières fluorescentes d'un open-space comme il en existe des dizaines dans le 13e arrondissement de Budapest, qui se mue progressivement en Silicon Valley hongroise. L’endroit ressemble à n’importe quel repaire de start-ups en vue sur les terres de Prezi et autres YouStream. À la différence que les employés de cette start-up n'aspirent pas à révolutionner le streaming vidéo ou la diapositive d'entreprise, mais affrontent quotidiennement le cancer. Sans blouse blanche ni éprouvette, ils se battent avec une arme de leur invention : une intelligence artificielle qui débusque les failles des tumeurs malignes. Comment ? En testant virtuellement des milliers de combinaisons médicamenteuses sur des schémas cellulaires de patients malades afin de réduire le nombre d’expériences coûteuses et infructueuses. 

Kristóf Zsolt Szalay a imaginé cette solution en 2010, alors qu’il achevait son doctorat à l’université Semmelweis. C’est là qu’il a rencontré son camarade Dániel Veres, l’actuel directeur scientifique du projet. Dans un premier temps, Kristóf a d’abord concentré ses recherches sur ce vieillissement humain qu’il scrutait en s’intéressant au fonctionnement interne des cellules. Puis il a basculé vers l’oncologie et conçu Turbine comme une plate-forme anti-cancer proposant des thérapies personnalisées basées sur des données moléculaires. Dániel, lui, a apporté son savoir clinique. C’est ensemble que les deux hommes ont porté leur bébé sur le marché en juin 2015. 

Leur argument de vente béton ? La promesse d’un gain de temps et d’argent conséquent pour les firmes pharmaceutiques. « Les examens en laboratoire classiques coûtent des dizaines voire des centaines de milliers d’euros et durent parfois plusieurs semaines alors que nos simulations prennent seulement quelques minutes. Nous pouvons tester jusqu’à huit millions de traitements aux dosages variables en une seule journée sur tout type de cancer jusqu’aux souches les plus rares », précise avec fierté le créateur de l’IA. Une invention qui n’a de cesse d’être améliorée au fil des résultats d’études et des articles spécialisés. 

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