[Jeu de cartes] O√Ļ faire voler son drone ? ūüĒí

Cette semaine dans “Jeu de cartes” nous nous int√©ressons √† la l√©gislation en mati√®re de drones civils dans les diff√©rents pays du monde. Fatigu√© de devoir syst√©matiquement se renseigner aupr√®s des autorit√©s locales, un jeune blogueur turc a en effet d√©cid√© de cr√©er une carte interactive regroupant l’essentiel des informations n√©cessaires aux pilotes de drones en vadrouille.

(photo flickr/arbitragery)
(photo flickr/arbitragery)

Il suffit de passer quelques dizaines de minutes sur YouTube pour s’en rendre compte : depuis quelques ann√©es, les drones sont √† la mode. Blogueurs, photographes ou encore vid√©astes, les cr√©ateurs de contenus de tout poil se montrent particuli√®rement friands de ces a√©ronefs d√©nu√©s de pilote humain. √Ä d√©faut donc de cr√©er autant d’emploi que l’on ne l’esp√©rait, les drones civils auront au moins r√©ussi √† s’imposer dans le paysage audiovisuel moderne.

Pourtant, comme le savent bien les propri√©taires de drones, poss√©der le dernier quadrirotor √† la mode ne garantit pas de pouvoir s’en servir n’importe o√Ļ et n’importe quand ‚ÄĒ et ce pour des raisons √©videntes de s√©curit√©. Depuis quelques ann√©es, aussi bien dans l’hexagone qu’ailleurs, il convient de se r√©f√©rer √† des l√©gislations parfois tr√®s pointues.

Prenons l’exemple fran√ßais. La l√©gislation y distingue deux types de drones non militaires (qui ne sont absolument pas le sujet de cette chronique) : les drones civils et les drones professionnels, encadr√©s par des lois diff√©rentes. Les premiers, √©galement connus sous l‚Äôappellation de drones de loisirs, divis√©s en deux sous-cat√©gories (A pour ceux qui p√®sent moins de 25 kilos et B pour les autres), sont destin√©s √† un usage personnel ou de comp√©tition. Les seconds sont, eux, r√©serv√©s aux professionnels de secteurs comme le journalisme, la surveillance, la photographie ou encore l’agriculture. C’est √† la premi√®re cat√©gorie que nous allons tout particuli√®rement nous int√©resser ici.

(Capture d'√©cran  aip-drones.fr)
Les espaces réglementés pour les drones en France.
(Capture d’√©cran  aip-drones.fr)

La carte web a√©ronautique ci-dessus est mise √† la disposition des pilotes de drones par le site Internet AIP-Drones. Elle montre les espaces r√©glement√©s pour les drones en France, avec la possibilit√© de faire appara√ģtre sur demande plusieurs couches d’information. Un rapide coup d‚ÄôŇďil suffit √† s’en convaincre, dans l’hexagone la loi se r√©v√®le particuli√®rement stricte en mati√®re de zones de survol. L’objectif √©tant, bien s√Ľr, d’√©viter de potentiels accidents.

Ainsi, il est interdit en agglom√©ration de survoler les rues, les parcs, les stades ou encore les plages. Interdiction aussi de voler √† proximit√© d’un a√©roport ou d’un a√©rodrome. M√™me chose au-dessus de zones dites sensibles ou de secteurs interdits de survol par le gouvernement, comme les bases militaires, les maisons d’arr√™t ou les centrales nucl√©aires.

Il convient aussi de respecter des distances par rapport √† une longue liste d’objets et/ou de personnes. Le pilote de drone se doit de toujours garder son appareil en vue. Il ne peut pas non plus d√©passer 150 m√®tres d’altitude au maximum. Il est interdit aussi de s’approcher √† moins de 150 m√®tres d‚Äôun groupement de personnes ou √† moins de 50 m d’une habitation en agglom√©ration. Enfin, pas question de voler de nuit ou √† partir d’un v√©hicule.

Vous l’avez compris, pour ne pas avoir de probl√®mes, il convient de se renseigner avant de sortir son drone. L√† o√Ļ les choses se compliquent encore un peu plus, c’est que chaque pays poss√®de sa propre l√©gislation en la mati√®re et que l’information s’av√®re parfois difficile √† trouver (surtout si l‚Äôon ne parle pas la langue). Fatigu√© de devoir syst√©matiquement se renseigner aupr√®s des autorit√©s locales, un jeune blogueur de voyage turc du nom d’Anil Polat a eu l‚Äôexcellente id√©e de r√©pertorier sur une carte interactive (ci-dessous) les diff√©rentes l√©gislations en vigueur en mati√®re de drones de loisir pays par pays.

R√©guli√®rement mise √† jour, sa carte renvoie vers les derniers articles de loi en la mati√®re. Anil explique ainsi sur son blog qu’il a, aussi souvent que possible, inclue des liens vers les formulaires √† remplir et les autorit√©s desquelles il convient parfois d’obtenir une autorisation avant de pouvoir voler. Les lois pouvant √™tre amen√©es √† varier d’un √Čtat √† l’autre dans des pays comme les √Čtats-Unis, il a √©galement rajout√© les l√©gislations au niveau r√©gional.

Le code couleur est relativement simple. En vert, les zones o√Ļ l’usage des drones est g√©n√©ralement permis (comme dans les Cara√Įbes ou en Scandinavie). En jaune, les zones o√Ļ il est limit√©, ou bien o√Ļ la l√©gislation est particuli√®rement compliqu√©e (on peut y retrouver une grande partie des pays d’Europe de l‚ÄôOuest et centrale, comme l’Allemagne, la Belgique, la France ou les Pays-Bas, mais aussi plusieurs √Čtats am√©ricains ou encore la Russie). En rouge enfin, les zones o√Ļ l’usage des drones est tout bonnement interdit, ou du moins tr√®s restreint (par exemple √† Monaco, au Vatican, mais aussi en Inde, ainsi que dans la plupart des pays du Moyen-Orient). Enfin, en gris, les zones pour lesquelles il n‚Äôy a pas de donn√©es disponibles ou qui n’ont tout simplement pas encore de l√©gislation.

La carte complète est hébergée sur Google My Maps et peut être téléchargée pour un usage hors ligne. Il existe également une application pour smartphone (disponible sur iOS et Android) qui regroupe les mêmes données. Nul doute que les amateurs de drone apprécieront.

Le sujet vous int√©resse‚ÄČ? Pour ceux qui pr√©voient de partir en voyage avec leur drone, nous vous invitons √† consulter le blog d’Anil Polat. Quant √† ceux qui souhaiteraient simplement voler en France, ils peuvent se r√©f√©rer aux cartes tr√®s compl√®tes d’AIP-Drones. Bonne lecture.

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