Au minimum 55% de la surface totale de nos océans est ratissée pour la pêche

Cette semaine dans « Jeu de cartes », notre chronique hebdomadaire toute en cartes, nous avons décidé de revenir sur les conclusions d'une récente étude sur l'ampleur de la pêche industrielle. Ses conclusions, publiées dans la revue scientifique Science en milieu de semaine dernière, illustrent à quel point il devient urgent d'améliorer la gestion de la pêche industrielle et de protéger les zones marines.

(Photo Flickr/ Fred Friggens)
(Photo Flickr/ Fred Friggens)

De nos jours, les grands chalutiers industriels ratisseraient près de 55% de la surface océanique de notre planète, soit environ 200 millions de km2. C'est ce que nous apprenait jeudi dernier une fascinante étude réalisée par une équipe de chercheurs d’universités nord-américaines (celles de Californie et Stanford aux États-Unis, mais aussi celle de Dalhousie au Canada) en partenariat avec Global Fishing Watch, National Geographic Society, SkyTruth et Google. Leur objectif : traquer la pêche industrielle. Leurs conclusions ont été publiées jeudi dernier dans la revue scientifique Science et ne sont pas passées inaperçues.

Cette étude unique en son genre se base sur 22 milliards de données satellites recueillies entre 2012 et 2016 en provenance de grands navires équipés du système d'identification automatique (SIA). Cet équipement – dont nous vous parlions déjà dans une précédente chronique – signale non seulement toutes les deux secondes la position des bateaux qui en sont équipés, mais permet également de connaître facilement leur type, leur cap et leur vitesse.

Ces chiffres vous donnent le tournis ? Ce n'est que le début... En effet, on y apprend également que la surface de la planète utilisée pour la pêche serait de nos jours quatre fois plus grande que celle utilisée pour l'agriculture. De plus, rien qu'en 2016, les différentes flottilles de pêche auraient parcouru plus de 460 millions de kilomètres — soit une distance équivalente à 600 allers-retours entre la Terre et la Lune, comme le souligne Radio Canada. Enfin, au cours de la seule année dernière, les navires de pêche observés par les scientifiques ont consommé 19 milliards de kWh d’énergie au cours de 40 millions d’heures de pêche.

Vous l'aurez compris, la masse de données est simplement gigantesque. Pour l'exploiter, les chercheurs ont eu recours à une technologie d’apprentissage automatique, constituée de deux réseaux neuronaux convolutifs, qu’ils ont eux-mêmes développée. Très performant, leur algorithme a réussi à identifier non seulement l'emplacement, la taille et la puissance d'environ 70 000 navires commerciaux, mais aussi leur comportement en mer, le tout à l'heure et au kilomètre près. Ils estiment que l'échantillon contient plus des 3/4 des navires de plus de 36 mètres de long du monde.

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