Le Turkménistan, pays où personne ne fume

 Selon les derniers chiffres de l’OMS, l’ancienne république socialiste soviétique n’accueillerait que 416 000 fumeurs.

(Photo Flickr/ Dave Proffer)
(Photo Flickr/ Dave Proffer)

Le Turkménistan serait-il obsédé par la santé de ses habitants ? Mieux connu pour l’autoritarisme de son président, Gurbanguly Berdimuhamedow, instaurateur d’un véritable culte de sa personnalité — tous les chefs d’État du monde ne peuvent pas se targuer d’avoir fait bâtir une statue en or de 21 mètres de haut à leur effigie —, le Turkménistan obtient également de surprenants résultats en matière de lutte contre le tabagisme.

Pour preuve, Margaret Chan, la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé mardi après avoir visité le pays, que le Turkménistan pouvait se vanter d’avoir la plus faible proportion de fumeurs au monde, comme le rapporte le Guardian. « Une récente mission d’observation de l’OMS a montré que seulement 8% de la population du Turkménistan fume », a-t-elle ainsi déclaré, avant de féliciter le président Berdymukhamedov lors du récent forum de la santé qui se déroulait à Achgabat, principale ville et capitale du pays.

Le Turkménistan, 51e pays au monde en terme de superficie (488 100 Km2), n’abrite qu’une population d’un peu moins de 5,2 millions d’habitants. La densité de population moyenne y est de 10 habitants par Km2, soit près de dix fois moins qu’en France (98,8 habitants par Km2).

Le pays d’Asie centrale, gros producteur de gaz naturel, a ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac en 2011. Pourtant, le gouvernement n’avait pas attendu le moment de la signature pour interdire aux Turkmènes de fumer dans les lieux publics et dans les bâtiments d’État. Il y est même interdit de fumer lorsque l’on sert dans l’armée. De plus, toute forme de publicité pour le tabac y est également formellement proscrite.

Et les efforts ne tarissent pas. Pour preuve, en avril dernier, le pays organisait un mois complet d’exercices de groupe et d’évènements sportifs regroupés sous le slogan «santé et bonheur». On en oublierait presque que ce pays se classait cette année 178e sur 180 en matière de liberté de la presse, ou encore que les opposants au régime y sont régulièrement la cible d’une dure répression de la part du gouvernement.

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