La « porte des pauvres », la nouvelle ségrégation sociale qui émeut New York

 A New York et à Londres, des promoteurs immobiliers construisent des immeubles de haut standing dont certains appartements sont des logements sociaux. Mais pour ne pas « mélanger » les populations, les riches propriétaires empruntent l’entrée principale tandis que les locataires aux revenus modestes doivent passer par une porte à l’arrière de l’immeuble, la « poor door ».

L'Upper West-Side, quartier le plus chic de New York, en bordure de Central Park. (photo flickr/boscdanjou)
 L’Upper West-Side, quartier le plus chic de New York, en bordure de Central Park. (photo flickr/boscdanjou)

Comme toute politique sociale, l’idée de base était louable. Jusqu’à ce qu’elle soit détournée pour coller à la réalité du marché. En promettant des subventions et des exonérations aux promoteurs qui prévoient un pourcentage de logements sociaux dans leurs projets de luxueux immeubles en centre ville de New York, l’objectif de la ville était d’encourager la mixité sociale. Eviter que, comme dans la majorité des métropoles, le centre ville devienne un ghetto à riches où les loyers explosent, obligeant les revenus modestes à migrer vers la banlieue.

Mais un riche homme d’affaire prêt à payer plus d’un million de dollars pour un penthouse en plein Upper West-Side – le quartier le plus chic de New York – ne veut pas partager son ascenseur avec une famille au revenu modeste. C’est en tout cas ce que le groupe de promotion immobilière new yorkais Extell a pensé quand il a imaginé les plans du 40 Riverside Boulevard, un immeuble de 33 étages composé de 219 appartements de luxe et 55 logements sociaux, dont la fin des travaux est prévue pour 2015. Alors pour éviter de mélanger les torchons et les serviettes, le promoteur a prévu deux entrées au gratte-ciel.

Une porte qui donne sur ruelle

La première donnera sur le boulevard qui sépare l’immeuble du parc Riverside et du fleuve Hudson. L’imposante porte tambour, surmontée d’un auvent en verre sur lequel sera inscrit en lettres brossées « One Riverside Park », correspondra aux standards d’entrée d’immeuble résidentiel luxueux situé sur les rives. A l’intérieur, un vaste hall, des canapés et surement un accueil avec concierge(s) permettra aux propriétaires de se renseigner sur les horaires de la prochaine séance de fitness organisée par le coach de la salle de sport de l’immeuble. Ou sur la température de l’eau de la piscine intérieure située au sous-sol.

Le 60 boulevard Riverside, futur voisin du nouvel immeuble d'Extell. (capture Google Street View)
Le 60 boulevard Riverside, futur voisin du nouvel immeuble d’Extell. (capture Google Street View)

La seconde entrée se trouvera derrière l’immeuble. Beaucoup plus simple que la première, elle permettra aux allocataires de rejoindre leur appartement dans la plus grande discrétion. Sans doute pour ne pas donner une mauvaise image à la résidence. Et pour être certain que les deux populations ne se croisent sous aucun prétexte, le promoteur a tout prévu. En plus de rentrer chez eux par la « poor door » ou « porte des pauvres », les locataires aux revenus modestes devront aussi mettre leurs poubelles dans des locaux à ordures différents de ceux des riches propriétaires. Les boites aux lettres aussi seront distinctes pour les deux types d’habitants. Et évidemment, peu de chances que les allocataires aient accès à la salle de sport et à la piscine, comme c’est déjà le cas dans beaucoup d’immeubles chics de la grosse pomme.

Une politique d’apartheid

A New York, le phénomène de la « poor door » défraie la chronique et déchaîne les éditorialistes des grands quotidiens. Pour eux, la validation de ce type d’entrées par la mairie de la ville signe l’instauration d’une nouvelle ségrégation sociale. Les mots sont forts et font directement référence à l’époque où les Noirs étaient obligés de boire à des fontaines différentes ou d’entrer dans des lieux publics par des portes réservées « aux gens de couleur ». La comparaison avec la série télévisée Downton Abbey, où Lord Grantham et sa famille vivent à l’étage dans un somptueux appartement tandis que ses domestiques vivent au rez-de-chaussée, a aussi fait son apparition dans les articles de journaux.

Le principal reproche est fait à la direction de l’habitat et du logement de New York qui a validé le projet déposé par le groupe Extell. Surtout, Bill de Blasio, maire démocrate de la ville qui se revendique progressiste, récolte l’opprobre de cette décision. A l’époque conseiller municipal, il a fait partie de la majorité qui a voté « Oui » à une modification de la loi permettant ce genre de projets. Wiley Norvell, porte-parole de New York, a déclaré la semaine dernière, suite au tollé médiatique : « Nous sommes en profond désaccord avec cette approche et nous ferons les changements nécessaires pour qu’elle reflète nos valeurs et nos priorités ». Une belle reculade.

Bill de Blasio, maire de New York. (photo flickr/kevdia)
Bill de Blasio, maire de New York. (photo flickr/kevdia)

Mais New York n’est pas la seule ville où les promoteurs estiment qu’il est important que les familles modestes, bénéficiaires de logements sociaux, n’aient pas le droit à la même vie que les gens riches. A Londres aussi le phénomène prend de l’ampleur, explique la journaliste Hilary Osborne dans un article publié sur le Guardian. Cependant, à la différence de New York, les promoteurs londoniens n’incluent pas des logements abordables dans leurs immeubles luxueux pour décrocher des subventions ou prétendre à des exonérations. A Londres, il est obligatoire pour un constructeur de prévoir un pourcentage minimum de logements sociaux dans un immeuble. Dans le cas contraire, le permis de construire est refusé.

Après Londres et New York, Paris ?

La politique londonienne est proche de celle menée par la Ville de Paris qui cherche à atteindre 30% de logements sociaux d’ici 2030. Par conséquent, il est imposé aux promoteurs de prévoir des appartements abordables dans beaucoup de zones de l’agglomération, surtout dans les zones en déficit de logements sociaux. Parmi elles, par exemple, les quartiers de la Tour Eiffel, des Champs-Elysées ou du Musée du Louvre où les logements HLM se font rares. Là-bas, toute opération de construction ou de rénovation supérieure à 800m2 de surface nette induit l’obligation de 25% de logements sociaux.

Emerge alors une question. Qu’est-ce qui empêche les promoteurs français d’importer la « poor door » dans les quartiers chics de Paris ? Interrogé par 8e étage, Hervé Leroy, directeur adjoint de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement (DRIHL) d’Ile-de-France a expliqué que, même si aucune loi n’existe pour empêcher le développement de ce phénomène, « ce n’est pas dans la tradition française de fonctionner comme ça » et que « un promoteur qui agirait de la sorte serait très mal vu ». Des arguments qui misent principalement sur la bonté et l’humanité des magnats du bâtiment.

Immeuble parisien. (photo d'illustration flickr/liquidskyarts)
Immeuble parisien. (photo d’illustration flickr/liquidskyarts)

La mairie de Paris, de son côté, maintient que la capitale « n’a aucunement l’intention de laisser ce type de ségrégations spatiales traverser l’Atlantique ». « La Ville de Paris souhaite promouvoir la mixité sociale partout. Certains programmes privilégient d’ores et déjà une dissémination des logements locatifs sociaux dans les immeubles, et non plus leur concentration dans une même aile ou cage d’escalier », nous ont précisé les services d’Anne Hidalgo, maire de Paris.

La « poor door », symptôme d’une crise profonde

Mais pour les éditorialistes anglosaxons, s’attaquer à la « poor door » c’est s’attaquer au mauvais ennemi, à la conséquence plutôt qu’à la cause qui n’est autre que la crise immobilière qui frappe les grandes métropoles. Ceux qui se font les avocats du diable avancent que, derrière la symbolique écœurante, la porte des pauvres permet malgré tout à des familles d’habiter en plein centre ville, dans un immeuble de haut standing, sans avoir besoin d’être millionnaire. Dave Hill, éditorialiste au Guardian a même écrit, non sans une pointe de cynisme : « Rentrer dans leur tour résidentielle flamboyante par la même porte que leurs riches voisins ne rendra pas les gens fauchés plus fortunés, ou leur appartement plus luxueux ».

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23 commentaires

  1. Claire 2 années ago

    La « ségrégation spatiale » existe déjà à Paris dans pas mal d’immeubles où il y a un escalier de service séparé qui mène aux chambres de bonnes du dernier étage…

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    1. Maxime Lelong 2 années ago

      Bonjour Claire,

      Je suis d’accord avec vous même s’il faut garder à l’esprit que ce type de séparations n’existe pour l’instant à Paris que dans les immeubles haussmanniens construits au XIXe siècle. Là il est question de remettre cette séparation au goût du jour, en 2014.

      M.L.

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      1. Lulu 2 années ago

        Bonjour,

        Cela dit, si la « tradition » du XIXème siècle avait été abandonnée, ces mêmes logements hausmanniens séparant pauvres et riches auraient été modifiés… en prévoyant par exemple l’installation de toilettes à sanibroyeur, l’extension de l’accès à l’ascenseur. Ces travaux sont possibles mais ne sont pas effectués, parce qu’il ne paraît pas choquant aux riches propriétaires qui consentent à louer leurs chambres de service de 9m2 450€ par mois, que leurs occupants se paient 7 étages à pied et n’aient pour sanitaires que des toilettes à la turque en commun.
        Se faire de l’argent sur le dos des minables, oui. Leur offrir la même dignité en effectuant des travaux, avec les sous du loyer, non. Si ce n’est pas de la ségrégation, je vous remercierai de changer de situation locative ne serait-ce qu’un jour, pour tester un peu.

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        1. hardebolle 1 année ago

          … 9m2, si ce n’est 700€

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      2. Jacques 2 années ago

        Excusez moi mais vous devez mal connaître la réalité dans les quartiers huppés de la capitale, et pas seulement dans les immeubles haussmaniens. Dans le 16e, le 8e, le 7e, etc il y a quantité d’immeubles datant du 20e siècle qui ont une entrée de service que sont obligés de prendre ceux qui habitent au dernier étage, qu’ils soient domestiques ou non des propriétaires. Et cela existe depuis des décennies (des siècles!). La seule différence semble t il c’est que dans le cas de New York il s’agirait de logements sociaux mêlés à des hauts de gamme. Mais la ségrégation par l’entrée est bien vivace à Paris.

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    2. Lucille 2 années ago

      Vous dites bien vrai !

      Une amie chère occupe un appartement dans le 16ème, au 9 étage d’un bel immeuble Haussmanien, et accède audit appartement par une minuscule cage d’escalier pourvue d’un ascenseur minable; doit traverser le local à poubelle pour se faire, et n’emprunte par conséquent jamais le grand escalier doté d’un tapis rouge pour rentrer chez elle.
      C’est une véritable honte à mon sens.

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  2. Antoine 2 années ago

    Il existe en France des cas presque similaires. En effet, certaines constructions récentes mélangent dans un même bâtiment des logements sociaux, gérés par des bailleurs sociaux via des locations, et des logements en accession. Il existe donc deux régimes dans le même immeuble : les locataires et les propriétaires. Jusque là, rien d’extravagant. J’ai pu observer, dans la ZAC Seguin-Rives de Seine à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), une construction récente (moins de deux ans) qui disposait de deux cages d’escalier : une pour les logement sociaux situés dans la partie inférieure de l’immeuble, l’autre pour les logements en accession situés dans les étages supérieurs. Il y a donc deux entrées différentes, mais contrairement à l’exemple développé dans l’article, elles sont situées sur la même voie.
    L’explication est assez simple, donnée par le bailleur social : chacun chez soi. Les bailleurs sociaux ne souhaitent pas partager les charges de gestion des parties communes avec le syndic des propriétaires. Cette exigence de gestion crée un impératif nouveau lors de la conception : chaque organisme de gestion disposera de ses propres parties communes. Pragmatisme ou ségrégation ?

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    1. Maxime Lelong 2 années ago

      Bonjour Antoine,

      Oui effectivement on peut aussi complètement voir les choses de cette manière. Se dire que les allocataires ne veulent pas payer les charges d’un grand hall d’entrée avec des concierges ainsi que d’une piscine et d’une salle de sport (je parle du fameux 40 Riverside Bvd). Mais là ou ce système peut-être dérangeant c’est premièrement parce qu’on ne laisse pas le choix aux allocataires de participer à ces charges (mais peut-être excèdent-elles le prix même de leur loyer ?) et, surtout, parce que ce système fait un peu « vous voyez ce grand hall en marbre, cette piscine et cette salle de sport devant lesquels vous passez tous les jours ? Bah vous, vous n’y avez pas droit. Vous, c’est l’entrée dans la ruelle ». Après, effectivement, il est difficile d’arriver à concilier logements sociaux et luxueux immeubles. La solution est peut-être alors de ne pas obliger les immeubles très luxueux à contenir des logements sociaux. Histoire d’éviter un gouffre trop important entre très riches propriétaires et allocataires. Mais on en revient au problème « les riches dans leur tour d’ivoire et les pauvres ailleurs »…

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    2. Etienne 2 années ago

      Drôle d’idée de la part du bailleur social de vouloir être dans le même immeuble qu’un promoteur!…..Je suis adjointe à l’urbanisme dans ma ville, je ne connaissais pas ce genre d’habitation à deux cages d’escaliers distincts….

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  3. Monique 2 années ago

    Dommage pour les riches d’être ainsi coupés de la réalité pour continuer à planer sur un nuage d’orgueil. Certains d’entre eux auraient peut-être pu, dans un rapprochement avec une population plus modeste, retrouver le goût de l’humilité… Certaines amitiés, un certain respect mutuel auraient pu naître pendant un trajet en ascenseur… Une certaine méditation sur la futilité de la vanité… Une certaine méditation qui remettrait de l’ordre dans les idées, replaçant l’importance du vivant avant l’attachement au matériel… Je rêve d’un monde meilleur, mais sans doute ne sera-ce pas possible ici?… Alors, ailleurs, sans doute…

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    1. Julien 2 années ago

      Il est dommage de constater cette vision complètement clivée avec d’un côté « les riches ont tous comme priorité d’éviter les pauvres » et « les pauvres rêvent tous de passer dans des halls en marbre ». Je suis persuadé que beaucoup de « riches » ne sont pas allergiques aux « pauvres » et que de fait, les immeubles de haut standing ne prévoyant pas ce genre de séparation trouveraient quand même acheteurs, comme à Londres. Ne pas confondre la réalité des « riches » et des « pauvres » (une telle réalité généralisante n’existe même pas) avec les fantasmes des promoteurs, politiques et citoyens sur eux.

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  4. Alex 2 années ago

    Je vais enfoncer une porte (d’entrée) en disant que les inégalités sont devenus telles qu’il n’y a plus rien de commun entre des appartements sociaux et des appartements de grand standing (salle de muscu, piscine, garage avec valets,…). Plutôt que de pousser des cris d’orfraie lorsqu’une telle ségrégation (qui a l’air simplement technique) arrive, les américains devraient plutôt s’alarmer des inégalités de revenus sidérantes au sein de leur pays.

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  5. Pierre 2 années ago

    Je pense qu’avec la richesse doit venir le prestige et l’exception. Quel intérêt à être riche sinon ? Pourquoi imposer aux riches à se mélanger avec les pauvres ? Le luxe, et le prix qui va avec doit se mériter.

    Personnellement ce dispositif est plutôt ingénieux car il permet d’offrir des appartements luxueux à ceux qui en ont les moyens et de permettre aux travailleurs modestes de rester en centre-ville où on a encore besoin de main-d’œuvre.

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  6. Marie 2 années ago

    Les riches ne souhaitent peut-être pas côtoyer les pauvres, cependant il est utile de constater que les riches sont trop fréquemment aisés en exploitant leurs semblables. Si bien que les populations modeste sont par 2 fois considérées comme étant peu intéressantes par l’exploitation et la ségrégation.
    Les riches ont-ils le même dédain lorsqu’il s’agit d’accepter un don d’organe ? En cherchent-ils la provenance ? Sont-ils à ce moment-là réfractaire à la pauvreté (qu’ils peuvent avoir créé de toute pièce)…..
    Il est tout-à-fait inacceptable de tolérer au 21ème siècle ce type de comportement hautain et stupide. Tout le monde souhaiterait vivre si ce n’est dans l’aisance au moins dans le respect et l’acceptation de « l’Autre » et de sa/ses différence(s).

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  7. jerome 2 années ago

    trés bien cela ne fera que renforcer les frustrations, et de ce fait approcher un peut plus du moment de rupture ou, les clivages sociaux ne pourrons plus être supporter par les plus démunis ce qui entrainera irrémédiablement une révolution . puisque ces élites ne comprennent pas la compassion qu’ils n’en attendent pas en retour le moment venu.

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    1. Florian 2 années ago

      ce genre de commentaire me fait bien rigoler…
      achetez un appart à 1 million d’euros, et partagez votre palier avec des gens qui n’en ont rien a carrer des règles car ne sont « que locataires sociaux », on verra après si vos belles paroles ont toujours la même saveur dans votre bouche…

      je suis depuis un an propriétaire d’un appartement dans une résidence de 4 immeubles ayant un demi immeuble en logement social…
      Résultat : le soir ça gueule de partout EXCLUSIVEMENT dans cette partie d’immeuble, il y a des voitures à 2h du mat dans le parking qui klaxonnent avec des gens qui appellent leur pote EXCLUSIVEMENT dans cet immeuble, on a des graffitis sur les murs, et j’en passe des belles encore…
      Donc le bien pensant, gardez vos conneries pour votre utopie, et venez vivre la réalité qu’on en reparle, mais évidemment, je suis certains que vous faites partie des gens à qui ce genre de chose n’arrivera jamais, car vous vous en garderez bien d’habiter a coté du bas peuple, vous ne faites que vomir sur les réseaux sociaux vos belles paroles d’égalité bla bla bla 🙂

      Donc oui, je trouve que pour un immeuble ultra luxueux ce n’est qu’un procédé normal de bien séparer les deux types de populations…………

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  8. Nola 2 années ago

    Je ne connais pas grand chose des méandres de l’attribution des logements sociaux, mais je sais que le plus souvent les salaires moyens n’y ont pas droit ce qui semble normal. Du coup, je me suis souvent demandée (au sujet de Paris, mais cette question semble pouvoir se poser partout) comment ces quartiers peuplés de personnes vivant aux deux extrêmes des catégories de revenus fonctionnaient. Mais si c’est sur le modèle du chacun dans sa bulle, c’est quand même triste.
    Pour ce qui est des zones mélangeant « accession à la propriété » et HLM, j’ai des amis qui ont acheté dans un quartier comme ça. Chez eux c’est plutôt organisé par bâtiments d’après ce que j’ai compris. Mais pour quelqu’un de non informé, il n’y a guère de différence visible et choquante au premier abord. Et ce qui est sûr c’est que les « accédants » ne sont pas riches Alors que dans le cas évoqué, on est dans l’hypothèse de foyers vraiment très très riches. Parce qu’un hall en marbre, un vrai service de conciergerie de luxe et une piscine commune en plein New-York, c’est pas l’immeuble lambda non plus quand même. Du coup je me dis que ça ne doit pas être si facile à vivre que ça pour les personnes à revenus modestes.

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  9. Eta 2 années ago

    Il faut clarifier quelque chose. Les gens qui payent pour un appartement de luxe a New York ne payent pas simplement un loyer, ils payent un prix mensuel pour la maintenance et les aménités, qu’ils achètent ou qu’ils louent, pour avoir trois portiers a n’importe quelle heure de la journée, une salle de gym, une piscine. Ceux qui ont par chance la possibilité d’obtenir une unité dans ces immeubles a un prix moins cher, n’ont pas accès a ces choses parce qu’ils ne payent pas la maintenance mensuelle. Devrait-on bénéficier d’un service de luxe gratuitement pendant que d’autres payent des milliers de dollars par mois pour le privilège? Est-ce que les constructeurs devraient construire un immeuble séparé pour que vous vous sentiez plus a l’aise?
    J’habite a New York. Laissez-moi vous informer d’autre chose. Ce genre d’immeuble n’est pas exactement dirigé vers les pauvres. Il est dirigé vers les riches, et les moins riches. Ne vous faites pas d’illusion. Mais ils sont souvent une bonne chose pour les familles de classe moyenne qui, sinon, se retrouveraient dans des quartiers lointains avec de moins bonnes écoles et moins de sécurité. Tout le monde n’a pas besoin de services de luxe. Avoir l’opportunité d’une bonne location a New York, c’est sans prix, meme si on doit prendre la porte de derrière.
    C’est facile de juger. Mais la plupart des gens seraient ravis de cette chance. Au diable le hall en marbre et la piscine, les portiers et le gym, on prendra notre petite porte et notre bel appartement dans ce bon quartier.
    Ma nièce habite a Paris dans une petite chambre de bonne charmante. Elle monte ses septs étages tous les jours sans se plaindre. Sa propriétaire la laisse passer par son salon a chaque fois qu’elle a quelque chose de lourd ou d’encombrant a monter. C’est une dame charmante.
    Nous sommes tous d’accord dans la famille. Quelle chance cette enfant a d’avoir trouver sa chambre de bonne pour faire ses études!

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  10. Alex Andra 2 années ago

    Bonjour,

    Tout en étant d’accord avec vous sur l’aspect ségrégationniste de ce système, on peut aussi le voir comme une étape intermédiaire vers une réelle égalité et une franche mixité.
    On ne passe passe pas en un seul mouvement d’une situation complètement négative (ici, les riches dans un quartier, en centre-ville et les pauvres dans un autre quartier, en périphérie) à une situation idéale (riches et pauvres jouissant du même cadre de vie, hall et piscine compris).
    Cette situation apporte incontestablement une amélioration par rapport à la ségrégation en quartiers d’habitation : elle permet enfin, qu’au moins les personnes se croisent dans la rue, fréquentent les mêmes artères, au quotidien.
    Nous pouvons avoir l’espoir qu’à force de croiser les allocataires dans le quartier (chose qui ne se produisait pas avant ce système), les plus riches finiront par se familiariser avec leur présence, et puis, rêvons un peu, par être eux-mêmes choqués de ce système à double entrée…
    « Ah bon ? Vous habitez ici ? Oui, je vous croise tous les jours… Mais, comment se fait-il que je ne vous voit jamais dans l’immeuble ? Ah ? Vous entrez par la petite porte de la ruelle ? Mais comment ça ?! Ce n’est pas normal ! J’en parlerai en réunion de copropriétaires… »

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  13. lelo 2 années ago

    Oui je pense effectivement que cette disposition permet aux personnes de différents milieux sociaux de vivre dans les mêmes quartiers! Lorsque l’apartheid existait en Afrique du Sud par exemple, les gens n’habitaient pas du tout les mêmes quartiers! Les riches en ville et les pauvres dans les bidonvilles. Du coup, dans cette configuration, certaines personnes peuvent habiter en ville sans avoir à payer de charges exorbitantes. Je trouve cela mieux que le système banlieue/centre ville avec chacun son quartier. C’est vrai que le contraste est effectivement choquant entre les 2 entrées, mais en y réfléchissant, c’est une bonne opportunité pour des personnes sans gros moyens financiers d’habiter des zones qui ne leur étaient pas accessibles auparavant. Il y aura de toutes façons toujours des personnes riches et des personnes pauvres qui ne pourront de toutes façons pas payer les mêmes loyers, alors tant mieux si ces personnes peuvent habiter les mêmes immeubles. Après, c’est plutôt aux mentalités d’évoluer et aux gens d’avoir envie de se cottoyer , parce que dans tous les cas tous les centres villes des capitales du monde sont trop chers ! Et le plus important n’est pas d’avoir une piscine, mais bien un logement abordable et bien situé.

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  14. Terpsichora 10 mois ago

    Ceux qui défendent les promoteurs immobiliers n’ont pas totalement tord dans le sens où c’est déjà mieux que rien mais ca ne leur aurait pas couté beaucoup plus cher (si ce n’est moins) de mettre en place un fonctionnement commun et non pas séparé de cette manière.

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