La Birmanie victime d’une addiction au bétel

Un sourire au bétel. (photo flickr/kahunapulej)
 Un sourire au bétel. (photo flickr/kahunapulej)

En Asie, chiquer du bétel fait presque partie de la tradition. En mâchant une préparation composée de feuilles de bétel et de noix d’arec – riches en molécules dont les effets sont comparables à la nicotine–, les asiatiques se prémunissent contre l’acné, les indigestions et la mauvaise haleine. Mais sa fonction de lubrifiant social a fait du bétel une drogue surconsommée par les asiatiques, plus particulièrement en Birmanie, dont la consommation de bétel représente la moitié de celle d’Asie du Sud-Est. Dans les rues de Yangon, capitale économique du pays, les vendeurs de bétel se bousculent sur des trottoirs tâchés du rouge caractéristique du jus de bétel craché par les consommateurs.

Selon des chiffres récents, un Birman sur quatre chique régulièrement cette plante qui, en plus de rougir la salive, couper la faim et donner un léger coup de fouet, comme un tasse de café, grise aussi légèrement le cerveau. Mais les consommateurs de bétel pourraient être victimes de conséquences plus graves qu’un simple sourire teinté. Des études menées par des chercheurs de l’Université médicale chinoise de Taiwan montrent que le bétel est étroitement lié à différentes formes de cancer de la bouche. La plante, très addictive, favoriserait aussi l’obésité, le syndrome métabolique et les maladies cardiaques.

Les trottoirs rouges de Port Moresby. (photo flickr/Drew Douglas)
Les trottoirs rouges de Port Moresby. (photo flickr/Drew Douglas)

Avec 600 millions de consommateurs, le bétel est la quatrième substance psychoactive du monde, après l’alcool, le tabac et les boissons caféinées. Malgré l’interdiction – très peu respectée – de chiquer dans les lieux publics mise en place par le gouvernement birman en 2006, la consommation ne baisse pas dans le pays. Principale raison, le prix dérisoire du bétel dont la prise est vendue moins de 70 centimes d’euro. Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée est le seul à avoir vraiment agi en interdisant la mastication dans sa capitale, Port Moresby. Mais selon les journalistes, le principal objectif ne relevait pas de la santé publique mais visait davantage à éradiquer les taches rouges sur les trottoirs.

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1 commentaires

  1. Olivier 5 années ago

    Faut aussi pas oublier que le bettel en Birmanie est mélangé à de la chaux…

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