Internet produirait autant de CO2 que le transport aérien

 Les serveurs informatiques, comme ceux utilisés par Google ou Facebook, seraient directement responsables de 2% des émissions CO2 dans le monde, soit autant que l’intégralité du secteur du transport aérien. C’est ce que révèle un rapport de la Global e-Sustainability Initiative (GeSI) sur lequel s’est penché le Guardian.

L'un des centres de données de Facebook. (Photo Flickr/ Intel Free Press)
 L’un des centres de données de Facebook.
(Photo Flickr/ Intel Free Press)

Ce matin, vous aviez la conscience tranquille en regardant cette vidéo toute mignonne d’un ânon dans un hamac. Pourtant, son visionnage, au même titre que celui d’un film par le biais d’un service de VOD, du téléchargement d’une application, de la visioconférence d’hier au travail, ou bien même de la lecture de cet article sur 8e étage, aura contribué à polluer encore un peu plus l’atmosphère de notre belle planète. Rassurez-vous tout de même, ce n’est pas uniquement de votre faute.

Début septembre, Google révélait pour la première fois son empreinte carbone. À en croire le géant américain chaque recherche sur son site Internet ne génèrerait que l’équivalent de 0,2 g de CO2 — et non pas sept grammes comme cela avait précédemment été avancé. De même, regarder 10 minutes de vidéo sur YouTube émettrait un gramme de CO2. Quant à l’utilisation du service de messagerie en ligne Gmail, elle produirait 1,2 kg de CO2 par utilisateur et par an.

Si ces chiffres demeurent raisonnables, notre appétit toujours grandissant pour les services numériques aurait fini par devenir un pollueur à grande échelle, comme l’explique un article du Guardian. En effet, à en croire le dernier rapport de la Global e-Sustainability Initiative (GeSI), nos serveurs informatiques seraient directement responsable de 2% des émissions de CO2 dans le monde.

Ces derniers, hébergés dans des centres de données de taille (très) variable, ont tendance à consommer beaucoup d’énergie, car au-delà de l’électricité nécessaire pour les alimenter, ils dégagent également beaucoup de chaleur et nécessitent par conséquent beaucoup d’énergie pour s’assurer qu’ils restent à une température acceptable, comme le rappelle le Guardian. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles des entreprises comme Facebook installent leurs centres de données dans des endroits reculés comme à Lulea, en Suède.

Le réseau social se montre d’ailleurs être un bon élève de ce côté-là. A l’en croire, chaque utilisateur produirait en moyenne chaque année 269 grammes de CO2. C’est à dire autant que ne nécessite la production d’un café au lait ou de trois bananes.

Pourtant, il convient encore une fois de garder en tête que des entreprises comme Google et Facebook ont su fédérer des milliards d’utilisateurs dans le monde et que, malgré tous leurs efforts, leurs centres de données demeurent dans l’absolu très polluants. Pour s’en faire une petite idée, en 2013, l’empreinte carbone de Google était de 1 766 014 tonnes de CO2 – les centres de données étant responsables de la majorité de ces émissions.

Le secteur a récemment promis qu’il pourrait, notamment grâce aux récents progrès technologiques accomplis en matière d’efficacité énergétique, continuer de croître jusqu’en 2030 tout en maintenant ces émissions des gaz à effet de serre à un niveau inférieur ou égal à celui d’aujourd’hui. Une promesse qui laisse dubitatives des ONG comme Greenpeace qui alertent sur la part négligeable que représente l’efficacité énergétique dans l’empreinte carbone de ces sociétés.

« C’est crucial. C’est aussi totalement insuffisant. Si vous regardez la demande croissante en centres de données de notre monde digital, l’efficacité énergétique va réduire la courbe des [émissions] qui finira tout de même un jour par toucher la lune », a ainsi expliqué Gary Cook, analyste en technologie de l’information chez Greenpeace, au Guardian.

Sur ce même thème, le 9 octobre prochain aura lieu à la Manufacture des Tabacs de Lyon une conférence intitulée « Internet & Réseaux : ça pèse dans le réchauffement climatique ? ». Initiée par le groupe EcoInfo, elle est organisée en partenariat avec l’Université Jean Moulin Lyon 3 et sera retransmise en direct sur YouTube.

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