Australie : Le gouvernement autorise la construction d’une mine de charbon géante

 Jeudi dernier, le gouvernement fédéral australien a donné son aval à un projet de mine de charbon géante déposé par la compagnie minière indienne Adani. Située dans l’État du Queensland, dans le nord-est du pays, la mine de charbon Carmichael fera cinq fois la taille du port de Sydney selon les plans actuels, ce qui en fera la plus grande du pays et l’une des plus grandes du monde. Coût de construction estimé : 16 milliards de dollars australiens (soit environ 11,8 milliards d’euros). Les organisations écologistes se disent outrées.

La mine de Tarrawonga en Nouvelle-Galles du Sud, Australie. (Photo Flickr/ Leard State Forest)
 La mine de Tarrawonga en Nouvelle-Galles du Sud, Australie.
(Photo Flickr/ Leard State Forest)

Soixante millions de tonnes de charbon thermique sorties de terre chaque année pour être expédiées hors d’Australie. C’est la promesse portée par la compagnie indienne Adani qui souhaite construire Carmichael, une mine de charbon géante dans l’État du Queensland, dans le nord-est de l’Australie. Un projet qui vient tout juste de recevoir l’approbation du gouvernement fédéral, comme l’explique un récent article du Sydney Morning Herald.

Partiellement à ciel ouvert, la mine s’étendra majoritairement sous terre. Selon les plans actuels, elle devrait couvrir une superficie cinq fois plus grande que celle du port de Sydney, ce qui en ferait la plus grande mine de charbon du pays et l’une des plus grandes du monde. Le projet est estimé à 16 milliards de dollars australiens (soit environ 11,8 milliards d’euros), rapporte la BBC.

Les organisations écologistes du pays se disent outrées. Elles considèrent en effet que la mine pourrait devenir « plus polluante que l’intégralité des activités de la Nouvelle-Zélande » et parlent d’un véritable « désastre » en matière d’environnement. Des considérations que le gouvernement australien semble avoir décidé de faire passer au second plan. Après tout, ce sont 350 milliards de dollars australiens (soit environ 230 milliards d’euros) que les exportations de charbon devraient rapporter au pays rien que cette année…

Approuvé une première fois par le gouvernement australien l’année dernière, le projet de mine avait été temporairement suspendu par la Cour fédérale d’Australie en août dernier après qu’il a été démontré que le ministre de l’Environnement, Greg Hunt, avait négligé de prendre en compte l’impact potentiel de la mine sur la survie de deux espèces protégées de lézards. C’est pourtant ce même ministre qui a confirmé jeudi que la mine géante du Queensland verrait bel et bien le jour. Se voulant rassurant, il a lourdement insisté sur le fait que sa construction serait sujette à « 36 des conditions les plus strictes imposées par l’Australie au cours de son histoire », rapporte le Wall Street Journal.

Les écologistes demeurent cependant loin d’être convaincus par cet argumentaire. « Autoriser la construction d’une gigantesque mine de charbon qui causera l’extinction d’espèces, épuisera 297 milliards de litres d’eau en provenance de nappes phréatiques et produira 128,4 millions de tonnes de CO2 par an est gravement irresponsable », a ainsi déclaré dans un communiqué Geoff Cousins, le président de la Australian Conservation Foundation.

Un peu plus tôt cette année, le gouvernement australien avait déjà donné son aval à la construction d’une autre mine, dont l’exploitation sera cette fois confiée à une entreprise chinoise, dans l’une des régions les plus fertiles du pays : les Liverpool Plains. Une décision que même le ministre de l’Agriculture du pays avait été jusqu’à qualifier de « complète folie », comme le rappelle le Guardian.

L’Australie est d’ores et déjà un mauvais élève en matière d’émission de gaz à effet de serre. Nul doute que la décision de son gouvernement d’apporter un support indéfectible à l’exploitation des ressources carbonifères du pays ne devrait pas améliorer sa réputation à l’approche de la COP21 (la 21e conférence des Nations unies sur le climat) qui se tiendra à Paris d’ici deux mois. Rappelons qu’en août dernier, l’ex Premier ministre Tony Abbott avait annoncé que le pays ambitionnait de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % d’ici 2030. Des mots qui sonnent aujourd’hui particulièrement faux.

Comme le souligne le Global Post, la controverse a même fini par atteindre le monde de la finance. Cet été, la compagnie indienne Adani a dû faire faire face au désistement de deux de ses conseillers financiers : la banque australienne CAB et la banque britannique Standard Chartered. À la suite de l’annonce de jeudi, la Banque Nationale d’Australie a indiqué qu’elle refuserait de prêter à l’entreprise indienne les fonds dont elle a besoin pour réaliser ce projet, rejoignant ainsi la douzaine d’établissements bancaires ayant déjà refusé de prêter de l’argent à Adani.

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