Nouvelle répression contre la liberté de la presse en Azerbaïdjan

Rassemblement Amnesty International  pour protester contre la répression envers les médias, ambassade d'Azerbaïdjan à Londres, 2011.
 Rassemblement Amnesty International pour protester contre la répression envers les médias, ambassade d’Azerbaïdjan à Londres, 2011.

Après avoir placé en détention en décembre dernier une célèbre journaliste d’investigation de Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL) et saisi du matériel informatique dans sa rédaction, les autorités azerbaïdjanaises viennent une nouvelle fois d’agir contre la liberté de la presse dans le pays. Si RFE-RL s’est sentie lésée par chacune des actions du gouvernement à l’encontre des médias, cette fois-ci, il est difficile d’imaginer que la nouvelle loi signée par le président Ilham Aliyev en début de semaine ne vise pas directement la radio indépendante.

Le texte a pour objectif de faciliter la fermeture par le gouvernement de médias, en particulier ceux financés par des capitaux étrangers, comme RFE-RL, financée par le congrès des États-Unis. Ainsi, rapporte le site internet de la radio, tout média qui reçoit un financement étranger ou qui est reconnu coupable de diffamation à deux reprises en un an peut être fermé par décision de justice.

Ilham Aliyev, président de l'Azerbaïdjan, au Forum mondial de l'économie en janvier dernier. (photo worldeconomicforum)
Ilham Aliyev, président de l’Azerbaïdjan, au Forum mondial de l’économie en janvier dernier. (photo worldeconomicforum)

C’est en appliquant cette loi, adoptée par le parlement le 16 décembre dernier et signée par le président de l’Azerbaïdjan il y a quelques jours, que des policiers armés avaient effectué une descente dans la rédaction de RFE-RL fin décembre. Après avoir maintenu des membres du personnel dans une pièce pendant plusieurs heures, les autorités étaient reparties avec des ordinateurs, des clés USB, des caméras et des documents.

Cette intervention policière avait suivi de près l’arrestation de Khadija Ismayilova, journaliste d’investigation pour RFE-RL, connue pour ses enquêtes sur la corruption du pouvoir azerbaïdjanais ainsi que sur la violation des droits de l’Homme au sein du régime caucasien.

La salle de rédaction de RFE-LR. (photo flickr/Jonathan Marks)
La salle de rédaction de RFE-LR. (photo flickr/Jonathan Marks)

Amnesty International avait déjà attiré l’attention, fin décembre, sur la détermination du pouvoir azerbaïdjanais à museler les médias indépendants. Human Rights Watch a lui aussi insisté sur le fait que le ciblage des médias indépendants faisait partie d’une « terrible répression » contre la société civile et la critique orchestrée par le gouvernement depuis des années. Pour information, l’Azerbaïdjan est classé 160e sur 180 au classement de la liberté de la presse 2014 édité par Reporters sans frontières.

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