Glasgow a la plus faible espérance de vie du Royaume-Uni

Buchanan Street (photo flickr/spodzone)
 Buchanan Street (photo flickr/spodzone)

Les personnes nées dans la ville écossaise de Glasgow sont vouées à vivre moins longtemps que celles nées n’importe où ailleurs au Royaume-Uni, a montré un rapport de l’Office national britannique des statistiques (ONS) publié le 16 avril. Cinq ans de moins précisément. Alors que l’espérance de vie en Grande Bretagne est de 78,9 ans pour les hommes et 82,7 ans pour les femmes, à Glasgow, elle n’est que de, respectivement, 72,6 et 78,5 ans. Des chiffres qui ne surprennent plus aucun Ecossais.

Les raisons de tels résultats, l’ONS ne les avance pas. Pour comprendre cette statistique, il faut se pencher sur les problèmes sociaux et sanitaires que connaît la plus grande ville d’Ecosse depuis plusieurs décennies. Dans l’opinion publique britannique, Glasgow est une ville pauvre, rongée par l’alcool et le tabagisme, et donc par la cirrhose et le cancer du poumon. Si elle fait effectivement partie des villes qui ont pâti du déclin industriel dans les années 1970, la consommation de tabac et d’alcool de ses habitants se situe dans la moyenne nationale. En réalité, son taux de mortalité parmi les plus élevés d’Europe s’explique davantage par ses statistiques en terme de toxicomanie (en particulier l’héroïne), de crimes à l’arme blanche et de suicides. Là encore, la pauvreté n’est pas seule responsable. Les villes de Liverpool et de Manchester, par exemple, connaissent un contexte économique semblable et bénéficient pourtant d’une bien meilleure espérance de vie.

Glasgow depuis l'autoroute M8 (photo flickr/alexliivet)
Glasgow depuis l’autoroute M8 (photo flickr/alexliivet)

Le problème est bien plus complexe. « Même les citoyens aisés de Glasgow, les 10% les plus riches, meurent prématurément par rapport à leurs homologues dans d’autres villes britanniques », écrivait le journaliste Ali Muriel dans le Guardian en 2012 à l’occasion d’un article titré « Mystère des problèmes de santé à Glasgow ». Des dizaines de théories émergent et se contredisent parfois parmi les épidémiologistes et les sociologues. La faible espérance de vie serait due à des hivers trop rudes, des carences en vitamine D ou encore une mauvaise gestion politique. Ce phénomène inexpliqué, austère, les spécialistes les plus avisés pensent qu’il résulte de multiples causes. Ne sachant lui trouver d’explication irréfutable, ils l’appellent le « Glasgow Effect ».

Recommandé pour vous

3 commentaires

  1. Haricophile 2 années ago

    C’est pas tout Glasgow : Entre la partie riche et la partie pauvre il y a la plus grande différence d’espérance de vie d’Europe.

    « S’ils vivent moins longtemps c’est qu’il mangent n’importe quoi et n’importe comment, sans prendre le temps de se mettre à table » comme dirait le type richissime du Lyons Club, ce type tellement généreux avec les pauvres mais contrarié de les voir se comporter aussi mal malgré tous leurs efforts de générosité.

    Répondre Like Dislike
  2. Pingback: [Reportage] Les dessous du “Glasgow Effect” – 8e-etage

  3. Pingback: [Reportage] Les dessous du “Glasgow Effect” | 8e étage