Étude : Les jouets genrés dissuaderaient les petites filles de devenir ingénieures

 Selon une étude de l’Institution of Engineering and Technology (IET), une organisation basée à Londres, les jouets en rapport avec la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques auraient en moyenne trois fois plus de chances d’être commercialisés comme étant destinés aux garçons.

(photo LEGO)
(photo LEGO)

Cela fait maintenant quelques années que les stéréotypes sexistes commencent à être remis en question dans l’industrie du jouet. L’une des raisons ? Les jouets genrés participeraient notamment à accentuer la différenciation sexuelle sur le long terme.

Cette segmentation du marché en jouets pour garçon et jouets pour fille — souvent dans l’espoir de vendre davantage — pourrait avoir des conséquences très concrètes sur les aspirations des jeunes filles. Ainsi, elle pourrait parfois les décourager dès le plus jeune âge de poursuivre une carrière dans les domaines de l’ingénierie ou de la technologie. C’est du moins ce que révèlent les résultats d’une récente étude de l’Institution of Engineering and Technology (IET), une organisation britannique basée à Londres, remarquée par le Guardian.

Ainsi, on y apprend que les jouets en rapport avec la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques auraient en moyenne trois fois plus de chances d’être catégorisés comme des jouets pour garçons (31%) plutôt que pour filles (11%). De plus, les jouets pour fille demeureraient toujours à 89% dans les tons roses. L’IET explique que ces résultats proviennent de recherches effectuées à la fois sur les moteurs de recherche en ligne les plus populaires du pays, mais aussi sur les sites de magasins de jouets britanniques.

Le Guardian précise qu’il n’y a actuellement que 9% de femmes ingénieures au Royaume-Uni — un manque de diversité flagrant qui se retrouve malheureusement aussi en France, où on ne dénombrait que 28,2% de femmes parmi les élèves des écoles d’ingénieurs en 2015. Un chiffre en contraste flagrant avec les 39% de petites filles qui, à l’école primaire, se montreraient intéressées dans les Technologies de l’information et de la communication (TIC), selon l’étude de l’IET. Toujours à ce jeune âge, elles seraient également 38% à montrer un intérêt pour les mathématiques et 36% pour les sciences.

Pour cette raison, l’IET a décidé de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme. « Les stéréotypes sociétaux qui conduisent à l’élaboration de ces listes genrées pourraient avoir des retombées sur la prochaine génération d’ingénieurs, particulièrement sur les filles, impactant leurs futurs choix de carrière », peut-on ainsi lire sur le site de l’organisation britannique. Cette dernière insiste sur le fait que la responsabilité est partagée par les parents, les vendeurs de jouets, mais aussi les moteurs de recherche en ligne — qui pourraient « introduire des manières de détecter les biais sexistes ».

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1 commentaires

  1. Squal 1 mois ago

    Père d’un enfant de 5 ans, je pense que les premiers coupables sont … les parents.
    Je lutte pour lui expliquer que non, le ‘rose’ c’est pas pour les filles, qu’y a pas de ‘couleurs pour garçons, couleurs pour filles’,
    pareil pour les jouets. Il n’y a aucune raison de catégoriser les sports, jouets, couleurs, histoires ‘pour filles /pour garçon’

    Et je ne lutte pas contre les fabricants (qui s’en foutent si ils vendent), ni les enseignants qui sont des perles.

    Non, les autres parents sont beaucoup plus rétrogrades que ce qu’on veut bien s’avouer.

    ‘responsabilité partagée’ je ne pense pas tant que ça. Ou alors à 90% par les parents, 10% pour le reste.

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