Royaume-Uni : Le bien-être animal bientôt confié à l’industrie agricole

 Le Parti conservateur de David Cameron souhaite confier la charge d’émettre des directives en matière de bien-être des animaux d’élevage à l’industrie agricole, qui deviendrait ainsi à la fois juge et partie. Une décision particulièrement dangereuse, à en croire le Parti travailliste (parti d’opposition de centre gauche) et la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (RSCPA), qui pourrait bien mettre un terme à « la tradition britannique de défendre les droits des animaux ».

(photo Flickr/Leszek Leszczynski)
(photo Flickr/Leszek Leszczynski)

Il semblerait que le gouvernement britannique ne souhaite plus avoir à se mêler directement du bien-être des animaux d’élevage. Les conservateurs au pouvoir ont en effet annoncé vouloir supprimer les lignes directrices émises actuellement par l’exécutif en la matière. Objectif ? Passer la main à l’industrie agricole elle-même, et ce sans faire grand cas des dérives que cela pourrait engendrer, comme l’explique un récent article de The Independent.

Première étape : le transfert de la régulation de l’élevage de poulets à l’industrie avicole le 27 avril prochain, explique le Guardian. À partir de cette date, ce sera donc le British Poultry Council (une association professionnelle qui représente plusieurs géants de l’agroalimentaire), qui sera seul habilité à émettre des directives, non contraignantes, en matière de bien-être des volailles.

D’autres secteurs d’élevage (notamment bovin, ovin et porcin) devraient suivre dans les prochains mois. Aucune date précise n’a cependant été avancée pour le moment.

Kerry McCarthy, la secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales du cabinet fantôme (NDLR, un cabinet alternatif à celui en place composé de députés du Parti travailliste), dénonce une décision qui pourrait engendrer une perte de confiance du consommateur quant à la qualité de la viande qui lui sera proposée. Selon elle, c’est la « tradition britannique de défendre les droits des animaux » qui se trouve ici en danger.

Du côté du département de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (Defra), on assure qu’il ne s’agit pas de déréguler à tout va. On cherche également à rassurer en expliquant que la maltraitance des animaux demeurera passible de sanctions pénales (comme c’est actuellement le cas en France) : « aucune modification ne sera apportée à la législation en la matière, à son application et aux sanctions applicables ».

Pourtant, ce sont bien sur les directives du British Poultry Council que les juges britanniques devront s’appuyer afin de déterminer la possible responsabilité criminelle d’un fermier dans le cadre d’une affaire de maltraitance animale ou de négligence. Et c’est bien là ce qui pose problème à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (RSCPA), première organisation mondiale pour le bien-être animal.

L’association se déclare « inquiète que ce changement puisse avoir un impact sur le poids légal des documents qui doivent prodiguer à un magistrat l’assistance juridique nécessaire » dans ce type d’affaires. Le risque étant que les nouvelles directives ne servent en réalité « qu’à s’assurer que les détenteurs d’animaux respectent les exigences minimales imposées par la loi ». Comme le résume Kerry McCarthy, du cabinet fantôme : « abandonner les codes en usage en matière de bien-être animal n’est pas dans l’intérêt des animaux et ne permettra pas non plus de produire de la nourriture de meilleure qualité ».

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2 commentaires

  1. aec 3 années ago

    LUTTE NATIONALE CONTRE L’HIPPOPHAGIE
    NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !
    Autocollants gratuits à : AEC 98 rue de Canteleu 59000 LILLE
    ²

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  2. jacques 3 années ago

    Ben ouais , confier la réflexion sur la faune sauvage aux chasseurs , la réflexion sur le bien être animal aux éleveurs , la paix aux militaires , le partage aux banquiers , le bien être humain aux multinationales , l’honnêteté et le dévouement aux hommes politiques etc etc ; quant aux brebis on les encourage à continuer de bêler . . . sans se poser de questions .

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