États-Unis : 36 millions d’arbres disparaissent des villes chaque année

Particulièrement inquiétants, les résultats d’une étude menée par le service des forêts aux États-Unis (USDA Forest Service) établissent que les villes américaines perdraient 36 millions d’arbres par an. Poumon des aires urbaines, le couvert végétal se verrait petit à petit remplacé par des routes et des bâtiments.

(Photo Flickr/ Andreas Komodromos)
(Photo Flickr/ Andreas Komodromos)

Entre verdure et béton, les villes américaines semblent choisir de plus en plus la seconde option. C’est du moins ce que laissent penser les résultats d’une récente étude du service des forêts aux États-Unis (USDA Forest Service), une agence du département de l’Agriculture des États-Unis qui gère les forêts nationales du pays, publiée début mai dans la revue scientifique Urban Forestry and Urban Greening. Les chercheurs y avancent un chiffre : 36 millions d’arbres qui disparaîtraient des villes du pays chaque année, comme nous l’apprend un récent article du Guardian. Selon eux, cette tendance menace l’environnement et « continuera probablement à moins que les politiques [publiques] ne soient repensées ».

L’étude nous apprend également que dans les aires urbaines du pays, le couvert végétal (NDLR, ensemble de végétaux recouvrant le sol de manière permanente ou temporaire) régresse de 175 000 acres (environ 70 000 hectares) par an. Il serait lentement remplacé par une couverture imperméable, composée par exemple de routes et de bâtiments, qui progresserait, elle, dans le même temps de 69 000 hectares par an. Ces dernières années 40% de ces nouvelles surfaces imperméables auraient été construites dans des zones précédemment couvertes d’arbres, précise Phys.org, un agrégateur de nouvelles couvrant les domaines des sciences, de la recherche et des technologies.

Ainsi, au cours de la période 2009-2014, le couvert végétal des villes et zones environnantes serait passé de 42,9% à 42,2%. Si cette baisse peut sembler peu significative à première vue, les chercheurs soulignent que dans la mesure où 4/5e des Américains vivent dans des zones urbaines ou périurbaines, une telle perte se révèle avoir de sérieuses conséquences environnementales, sociales et économiques.

Pour rappel, les effets positifs des forêts urbaines et périurbaines sur le climat sont bien documentés. Elles permettent notamment de tempérer le climat, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air et de l’eau. De plus, s’ils sont plantés intelligemment autour d’immeubles, les arbres peuvent diminuer les besoins de ces derniers en climatisation de près de 30% et en chauffage de près de 50%. Enfin, en cas d’inondation, ils peuvent aussi constituer des digues de protection naturelles. Résultat : les scientifiques évaluent la perte financière en matière de stockage du carbone, réduction de la pollution et consommation énergétique de la disparition de ces arbres à approximativement 96 millions de dollars américains (environ 81 millions d’euros) par an.

« Les forêts urbaines sont une ressource importante […]. Les forestiers urbains, les urbanistes et les décideurs doivent comprendre les tendances en matière de forêts urbaines afin de pouvoir développer et préserver un couvert végétal suffisant — et les avantages qui accompagnent ces forêts — pour les générations actuelles et futures », a déclaré David Nowak, l’un des coauteurs de l’étude. « Avec un peu de chance, comprendre où ces disparitions ont lieu et la magnitude du changement facilitera la tenue de discussions informées sur le couvert végétal que les communautés veulent avoir dans les années à venir, et sur le rôle des arbres en zone urbaine pour préserver un environnement sain, la santé, mais aussi le bien-être des habitants. »

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